Amnesty International soupçonne l'armée irakienne et la coalition de «crimes de guerre» à Mossoul

Amnesty International soupçonne  l'armée irakienne et la coalition de «crimes de guerre» à Mossoul Source: AFP
Ruines dans Mossoul après la libération de la ville

Quelques jours après la libération de Mossoul, l'ONG Amnesty International accuse les forces armées irakiennes et la coalition internationale menée par les Etats-Unis d'avoir employé des armes non-conventionnelles.

L'ONG Amnesty International vient de publier un rapport ce 11 juillet dont les conclusions accablent l'armée irakienne et la coalition internationale conduite par les Etats-Unis. Le texte affirme qu'elles ont eu recours à des armes non-conventionnelles, qu'elles ont violé le droit humanitaire, ce qui pourrait être constitutif de crimes de guerre.

Précisant que les djihadistes de l'Etat islamique se sont également rendus coupables de tels crimes, Amnesty International pointe du doigt les forces irakiennes et la coalition internationale qui, selon l'ONG, auraient confectionné des munitions artisanales à partir de bonbonnes de gaz lors de la bataille pour libérer la ville de Mossoul des mains des djihadistes. Le rapport évoque aussi l'utilisation de «roquettes non guidées, improvisées, et [d']armes à grand champ d'action».

Sont étalement mises en cause certaines décisions stratégiques de l'armée irakienne et de la coalition internationale. «Même dans le cas d’attaques qui semblaient avoir atteint les cibles militaires visées, l’usage d’armes inappropriées ou l’incapacité à prendre les mesures nécessaires de précaution se sont traduites par des pertes inutiles de vies civiles et dans certains cas ont constitué des attaques disproportionnées», peut-on par exemple lire dans le rapport d'Amnesty International.

«C'est inacceptable : cela pourrait constituer des crimes de guerre», dénonce Nina Walsh, chargée de campagne pour Amnesty International, au micro de France Info. L'ONG réclame en conséquence l'ouverture d'une commission d'enquête indépendante afin d'établir les faits. «Une enquête rigoureuse doit être menée et les résultats doivent être rendus publics», ajoute-t-elle.

Ces accusations sont prononcées alors que le Premier ministre irakien Haider al-Abadi a proclamé le 9 juillet la libération de Mossoul après une bataille de près de neuf mois contre les djihadistes de Daesh. La bataille a provoqué le déplacement d'environ 700 000 civils et la mort de plusieurs milliers d'entre eux, selon des estimations provisoires de l'ONU.

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