Le Qatar en discussions avec l'Iran et la Turquie pour s'approvisionner en eau et nourriture

- Avec AFP

Le Qatar en discussions avec l'Iran et la Turquie pour s'approvisionner en eau et nourriture© Fadi Al-Assaad Source: Reuters
Vue aérienne de Doha

Les appels à l'apaisement, en provenance de dirigeants du monde entier, se succèdent après que l'Arabie saoudite et ses alliés ont annoncé avoir rompu leurs liens diplomatiques avec le Qatar, accusé de «soutenir le terrorisme».

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  • En pleine crise entre Doha et ses voisins, le Parlement d'Ankara a voté ce 7 juin la mise en oeuvre d'un accord existant permettant le déploiement de troupes sur une base turque au Qatar, rapporte l'AFP.

  • Le Qatar est en pourparlers avec la Turquie et l'Iran pour s'approvisionner en eau et en nourriture, selon une source officielle citée par Reuters.

    Le petit émirat du Moyen-Orient pourrait être à court de vivres en l'espace de deux jours, après l'arrêt des livraisons de ses deux principaux fournisseurs : les Emirats arabes unis et l'Arabie saoudite.

  • Le dirigeant turc Recep Tayyip Erdogan a estimé que le fait d’isoler le Qatar par des sanctions ne résoudrait pas les problèmes. Il a ajouté qu’Ankara ferait tout ce qui était en son pouvoir pour résoudre la crise, sans donner davantage de détails.

    «Nous allons poursuivre et développer nos relations avec le Qatar, comme avec tous nos amis qui nous ont soutenus dans les moments les plus difficiles, notamment le putsch du 15 juillet», a-t-il conclu.

  • Le président russe Vladimir Poutine a déclaré à l'émir du Qatar, cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani, que Moscou invitait à résoudre cette situation de crise par la diplomatie et la politique, et surtout par le dialogue.

    La coopération, principalement économique, entre la Russie et le Qatar, a également été évoquée par les deux dirigeants lors d’un appel téléphonique, a rapporté le gouvernement russe.

  • Emmanuel Macron a appelé «à l'unité et à la solidarité» entre les pays du Golfe, lors d'un entretien téléphonique avec l'émir du Qatar, cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani, a indiqué l’Élysée dans un communiqué.

    Rappelant «l'importance de préserver la stabilité dans la région», il a affirmé «la disponibilité de la France à rester en contact avec toutes les parties prenantes» afin de favoriser l’apaisement.

    Le ministère français des Affaires étrangères a pour sa part souhaité que «les tensions actuelles dans la région du Golfe soient résolues par le dialogue», alors que Paris entretient de bonnes relations commerciales avec les pays concernés par cette crise diplomatique avec le Qatar.

  • Le chef de la diplomatie saoudienne Adel Al-Jubeir a déclaré le 6 juin à Paris : «Ils [le Qatar] doivent changer de politique […] arrêter de soutenir les groupes extrémistes, de s'ingérer dans les affaires d'autres pays, arrêter d'encourager des politiques hostiles ou des médias hostiles.»

    Il a ensuite reproché à Doha de soutenir le Hamas «dont les dirigeants se trouvent au Qatar», mais aussi les Frères musulmans «que plusieurs pays considèrent comme une organisation terroriste».

    Interrogé sur une éventuelle médiation française, le ministre saoudien qui a rencontré son homologue français Jean-Yves Le Drian, a répondu que la crise avec le Qatar était «une affaire interne aux pays du Conseil de coopération du Golfe».

  • L'émir de Koweït, cheikh Sabah al-Ahmad Al-Sabah, se rend en Arabie saoudite pour une médiation entre Doha et Ryad qui a rompu cette semaine, ainsi que plusieurs de ses alliés, avec le Qatar, ont annoncé des députés koweïtiens.

    «L'émir se rend aujourd'hui (mardi) en Arabie saoudite, nous prions Dieu pour l'aider à sauvegarder l'unité du Golfe», a déclaré devant le Parlement, le député Ali al-Deqbasi.

  • La France a appelé à la reprise du dialogue entre le Qatar et ses voisins arabes. «La France souhaite que les tensions actuelles soient résolues par le dialogue», a a ainsi fait valoir le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian ce 6 juin 2017. Ce dernier doit rencontrer ses homologues saoudien et qatari ce même jour, ainsi qu'un représentant du prince héritier d'Abu Dhabi le lendemain 7 juin.

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L'Arabie saoudite et ses alliés ont rompu avec le Qatar qu'ils accusent de soutenir le «terrorisme», provoquant une crise diplomatique majeure au Moyen-Orient, quinze jours après un appel de Donald Trump à l'unité des Arabes face à l'extrémisme. Le Qatar a réagi avec colère à cette décision annoncée à l'aube, accusant ses voisins du Golfe de vouloir le mettre «sous tutelle» et de l'étouffer économiquement.

Cette rupture des relations diplomatiques avec le Qatar intervient deux semaines après une visite à Riyad du président des Etats-Unis qui a exhorté les Arabes et les musulmans à se mobiliser contre l'extrémisme.

La Turquie et l'Iran ont appelé au dialogue. Ankara, très proche du Qatar, a proposé son aide alors que Téhéran, dont le rapprochement avec le Qatar exaspère ses voisins, estimait que seuls «des moyens politiques et pacifiques, ainsi qu'un dialogue franc entre les parties» pouvaient résoudre le différend. Washington, allié à la fois de Riyad et de Doha, a invité les pays du Golfe à rester «unis».

Cette crise est la plus grave depuis la création, en 1981, du Conseil de coopération du Golfe (CCG), qui regroupe l'Arabie saoudite, Bahreïn, les Emirats arabes unis, le Koweït, Oman et le Qatar. Ce dernier y a toujours occupé une place à part, poursuivant sa propre politique régionale et affirmant son influence à travers le sport, grâce notamment à l'organisation de la Coupe du monde de football en 2022.

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