Netanyahou reproche aux Alliés de n'avoir pas bombardé les camps de concentration en 1942

A l'occasion de la commémoration du génocide juif, Benjamin Netanyahou a reproché aux forces alliées de n'avoir pas agi contre le projet génocidaire nazi en usant de la force dès 1942. Il a également mis en garde contre l'antisémitisme aujourd'hui.
Ce 23 avril, le premier ministre israélien Benjamin Netanyahou s'est livré, à l'occasion d'un discours de commémoration des 75 ans du génocide juif, à une attaque particulièrement vive de la politique des Alliés pendant la Seconde Guerre mondiale.
«Si, en 1942, les puissances alliées avaient agi contre les camps de la mort – et tout ce que cela nécessitait aurait été un bombardement répété des camps – elles auraient pu épargner la vie de quatre millions de juifs et de millions d'autres personnes», a-t-il estimé. Pointant du doigt un «échec» face au nazis, Benjamin Netanyahou a tenu à souligner que «les puissances [alliées] savaient» et qu'elle n'avaient «pas agi».
S'appuyant sur des documents de l'Organisation des Nations unies (ONU) récemment publiés à ce sujet et repris par la presse israélienne, le Premier ministre israélien a insisté sur le fait que les Alliés auraient été mis au courant de l'ampleur du génocide perpétré par le régime nazi contre les juifs européens dès 1942 – soit deux ans plus tôt que ce qu'estimaient les chercheurs jusqu'ici. «Cela est lourd de sens», a jugé le chef de l'exécutif israélien.
Dans un discours aux accents particulièrement piquants, le Premier ministre israélien a estimé que le génocide s'expliquait par trois causes principales : la haine généralisée des juifs, l'indifférence aux atrocités et «la terrible faiblesse de ce peuple en exil». Ce discours lui a permis de répéter qu'il tenait l'Iran et l'Etat islamique pour de nouveaux avatars de l'antisémitisme aujourd'hui. «Il serait naïf de croire que l'antisémitisme a disparu», a-t-il prévenu.
Le même jour, le président israélien Reuven Rivlin a accusé la candidate du Front national (FN) à l'élection présidentielle française, Marine Le Pen, de participer à un nouveau genre de négationnisme en rejetant la responsabilité de populations ou de gouvernements dans la Shoah. Il faisait référence au propos de la candidate concernant la responsabilité de la France dans l'organisation de la rafle du Vel d'Hiv.
Ce n'est pas la première fois que Benjamin Netanyahou fait part de sa vision de l'Histoire. En mars dernier, il avait déjà comparé l'Iran à la Perse antique, tentant ainsi de démontrer que les Iraniens entretiendraient une ambition de destruction du peuple juif de manière atavique depuis des millénaires.
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