Damas accuse Ankara de créer de nouveaux groupes terroristes qui remplaceront le Front Al-Nosra

Damas accuse Ankara de créer de nouveaux groupes terroristes qui remplaceront le Front Al-Nosra© Murad Sezer Source: Reuters
Des soldats turcs à la frontière entre la Turquie et la Syrie
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Selon Damas, Ankara, qui vient de mettre un terme à son opération en Syrie, envisage d'en lancer une nouvelle et forme des groupes terroristes à sa frontière, y attirant des combattants en promettant récompenses et citoyenneté turque.

«Bouclier du littoral», «Bouclier d’Al-Sisi» : deux nouveaux groupes de djihadistes qui ont été formés par la Turquie, d’après l’ambassadeur syrien en Russie Riyad Haddad.

«De nouveaux noms ne signifient pas du tout qu’il y a des différences entre eux et des organisations terroristes : ils ont un nouveau nom mais s'y trouvent les mêmes membres que ceux du Front Al-Nosra et de Daesh. On change le nom mais la doctrine reste la même», a fait savoir Riyad Haddad, dans une interview à l'agence russe RIA Novosti. Il a aussi précisé que, selon les données du renseignement syrien, ces nouveaux groupes promettaient une récompense mensuelle de 375 euros et la citoyenneté turque à tous ceux qui y adhéreraient.

Les services de renseignement syriens ont en outre affirmé qu’Ankara avait profité de la disparition de la rivière Afrine pour déplacer le fil barbelé à la frontière entre la Turquie et la Syrie. «Il s’agit là de la prise de territoires syriens. C’est une violation de la souveraineté de notre pays», a mis en avant l’ambassadeur de Syrie en Russie.

Les relations entre la Turquie et la Syrie se sont gravement dégradées en août 2016 après l'envoi par Ankara de militaires en Syrie dans le cadre de l'opération «Bouclier de l'Euphrate», sans en avoir demandé l'autorisation à Damas. L'objectif de cette opération turque était de sécuriser la frontière avec la Syrie en repoussant à la fois Daesh et les forces kurdes – deux mouvements que la Turquie considère comme terroristes. L'armée turque s'est, dans ce cadre, appuyée sur les forces démocratiques syriennes, également soutenues par les Etats-Unis.

L'intervention d'Ankara avait été condamnée par le gouvernement syrien qui l'avait qualifiée de «violation» de son territoire, et le président turc avait déclaré vouloir faire tomber Bachar el-Assad. Ce dernier avait demandé, en vain, aux Nations unies d’œuvrer au retrait de ces «troupes d'invasion».

Le 29 mars, le Premier ministre turc Binali Yildirim a annoncé la fin de la première étape de l'opération. Néanmoins, le président turc Recep Tayyip Erdogan a évoqué la possibilité d'une nouvelle opération militaire de l'armée turque en Syrie. Des projets qualifiés par Damas d'agression contre la souveraineté de la Syrie.

«Peu importe si la première opération est terminée ou non et si le président turc veut lancer une deuxième opération, nous estimons depuis le début que la présence de l'armée turque sur notre territoire constitue une occupation. C'est une agression flagrante dirigée contre la souveraineté de notre pays», a déclaré Riyad Haddad.

«Notre position par rapport à la présence de l'armée turque sur notre territoire ne changera pas, même si une deuxième opération voit le jour», a-t-il conclu.

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