Plus de 400 Britanniques partis faire le djihad seraient revenus au Royaume-Uni

Plus de 400 Britanniques partis faire le djihad seraient revenus au Royaume-Uni © ROB STOTHARD POOL Source: AFP
Londres (photographie d'illustration)

Une semaine après l'attentat de Westminster, les autorités britanniques estiment à plusieurs centaines le nombre de leurs ressortissants revenus du djihad irako-syrien. La justice serait néanmoins dans l'incapacité de poursuivre nombre d'entre eux.

Une véritable épée de Damoclès serait suspendue au-dessus du Royaume-Uni : selon des sources sécuritaires britanniques citées par la chaîne Sky News le 27 mars, en effet, plus de 400 citoyens partis faire le djihad à l'étranger se trouveraient à présent sur le sol britannique.

Une situation qui amplifie la menace terroriste pesant sur le pays, considèrent les autorités, dans la mesure où ces ex-combattants islamistes ont pu acquérir des compétences dangereuses sur les théâtres de guerre irakiens et syriens, telles que l'usage d'armes à feu ou l'aptitude à concevoir des engins explosifs.

Or, rappelle la chaîne britannique, seule une petite proportion des Britanniques revenant des terres du djihad sont poursuivis par la justice, dans la mesure où les autorités manquent souvent de preuve quant à la nature de leurs activités à l'étranger. Les djihadistes de retour au Royaume-Uni, en effet, prennent soin de dissimuler leurs activités passées.

L'évocation de cette menace survient dans un contexte sécuritaire particulièrement tendu dans le pays, après l'attentat du 22 mars, aux abords de Westminster, qui a été revendiqué par l'organisation terroriste islamiste Daesh. Son auteur, Khalid Masood, n'est jamais parti combattre en Syrie ou en Irak. La police londonienne n'a par ailleurs «pas trouvé de preuve d'une association» de celui-ci avec les groupes djihadistes Etat islamique ou Al-Qaïda, mais considère qu'il avait «clairement un intérêt pour le djihad».

Ce Britannique vivait depuis 2013 dans la ville de Luton, réputée être un foyer d'islam radical, où il serait rentré en contact avec un groupe d'islamistes ayant tenté de perpétrer un attentat contre l'armée britannique.

Le «retour au pays» des djihadistes, un problème international

Le Royaume-Uni est loin d'être le seul pays concerné par la problématique du retour de ses citoyens partis faire le djihad. Les services de renseignement français, par exemple, s’inquiétaient en novembre dernier de la présence de quelque 700 djihadistes français en Irak et en Syrie, qui pourraient être tentés de regagner l'Hexagone, comme l'ont fait jusqu'à présent quelque 200 personnes. Or, selon le journaliste David Thomson, auteur de l'ouvrage consacré à cette question, Les Revenants, les djihadistes rentrant de Syrie ou d'Irak sont rares à avoir abandonné leur idéologie islamiste.

De même, en février, Bruxelles avait évoqué le nombre de 117 djihadistes belges ayant regagné le royaume. En janvier, les services de renseignement des Pays-Bas ont quant à eux pointé du doigt le risque que représentent les enfants de combattants néerlandais partis se battre en Syrie et en Irak.

Fin décembre 2016, enfin, des centaines de Tunisiens avaient protesté devant le parlement à Tunis contre un éventuel retour au pays de leurs compatriotes djihadistes expatriés.

Lire aussi : Les «enfants de Daesh» sont un «danger pour demain», mettent en garde des responsables belges

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