En voyage aux Etats-Unis l'historien français Henry Rousso manque d'être refoulé

- Avec AFP

En voyage aux Etats-Unis l'historien français Henry Rousso manque d'être refoulé © Patrick Fallon Source: Reuters
Douanes à l'aéroport de Los Angeles

Le chercheur français, spécialiste de l'Holocauste et de l'Occupation nazie en France, a failli être refoulé récemment des Etats-Unis, victime selon lui d'un policier inexpérimenté qui l'accusait d'être en situation illégale.

Agé de 62 ans, Français juif né en Egypte, professeur d'université et directeur de recherche au Centre national de la recherche scientifique (CNRS), Henry Rousso se rendait le 22 février dans une université au Texas. 

«J'ai été détenu durant 10 heures à l'aéroport international de Houston, près d'être refoulé. L'officier qui m'a arrêté était "inexpérimenté"», a écrit samedi en anglais Henry Rousso sur Twitter.

Dans un récit détaillé publié dimanche sur le site du Huffington Post, Henry Rousso a expliqué que cet agent «ne savait pas que certaines activités, dont celles liées à la recherche et à l'enseignement, bénéficiaient d'un régime d'exception» de visa.

L'agent lui reprochait de n'avoir «qu'un visa touristique et non un visa spécifique de travail», alors qu'il s'apprêtait à faire une intervention rémunérée lors d'un colloque. L'historien raconte être alors accusé d'être «revenu travailler "illégalement" avec un visa expiré».

Les responsables de l'université sont parvenus à empêcher l'expulsion de Henry Rousso avec l'aide d'une professeure de droit spécialisée dans les questions d'immigration, Fatma Marouf, selon un site d'informations de la région où est implantée l'université, The Eagle.

Invité dans de nombreuses universités ou centres de recherches aux Etats-Unis comme Harvard ou le Musée du Mémorial de l'Holocauste à Washington, Henry Rousso a notamment publié Le Syndrome de Vichy (1987).

«J'ai beau expliquer que ma situation n'a rien d'anormal, sinon l'université n'aurait pas pu m'inviter, rien n'y fait», raconte dans le Huffington Post Henry Rousso. «N'étant pas en possession d'un document fédéral m'autorisant à travailler aux États-Unis, je suis en infraction», poursuit-il, une décision confirmée par le supérieur hiérarchique du policier qui le contrôle.

Henry Rousso raconte avoir ensuite subi «un interrogatoire étendu», avec les mêmes questions posées près d'une dizaine de fois, un relevé de toutes ses empreintes digitales, «pourtant déjà enregistrées dans le système comme pour tous les visiteurs», et «une fouille au corps en règle».

Il sera finalement libéré peu après 1H30 dans la nuit. Un policier lui explique alors que le fonctionnaire «était "inexpérimenté" et ne savait pas que certaines activités, dont celles liées à la recherche et à l'enseignement, bénéficiaient d'un régime d'exception».

«A aucun moment, ni lui, ni ses collègues ne se sont excusés», relève l'historien, abasourdi.

«Il faut désormais faire face outre-Atlantique à l'arbitraire et à l'incompétence la plus totale», estime-t-il, convaincu que «les États-Unis ne sont plus tout à fait les États-Unis».

Sur son compte Twitter, Henry Rousso a remercié les personnes qui lui ont manifesté leur soutien, assurant: «ma situation n'était rien comparé à celles de personnes que j'ai vues et qui ne pouvaient être défendues comme je l'ai été».

Un décret, suspendu par la justice, avait été pris fin janvier par le président américain Donald Trump pour interdire momentanément l'entrée aux Etats-Unis des citoyens de sept pays majoritairement musulmans -dont l'Egypte ne faisait pas partie- et aux réfugiés.

L'administration Trump a donné aux autorités une plus grande latitude dans l'expulsion des clandestins. Elle a autorisé les agents de l'immigration à interpeller la plupart des personnes en situation irrégulière qu'ils rencontreraient dans l'exercice de leur fonction, ne faisant une exception explicite que pour les sans-papiers arrivés enfants sur le territoire.

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