Yémen : l'ONU porte à 10 000 son estimation du nombre de civils tués dans le conflit

- Avec AFP

Yémen : l'ONU porte à 10 000 son estimation du nombre de civils tués dans le conflit© MOHAMMED HUWAIS Source: AFP
Des enfants assis parmi les ruines d'une maison, frappée par un raid aérien de la coalition menée par l'Arabie saoudite, en novembre 2016

Alors que l'ONU a revu à la hausse ses estimations sur le nombre de civils tués au Yémen, où la coalition menée par Riyad mène régulièrement des raids aériens meurtriers, un médiateur de l'organisation est allé à la rencontre du président yéménite.

Le médiateur des Nations unies pour le Yémen s'est rendu lundi 16 janvier à Aden pour s'entretenir avec le président Abd Rabbo Mansour Hadi, au moment où l'organisation internationale a estimé que 10 000 civils avaient été tués depuis mars 2015, a indiqué un porte-parole onusien. La mission d'Ismail Ould Cheikh Ahmed était «d'essayer de présenter [au président yéménite] les dernières propositions en date pour la paix» , a expliqué Farhan Haq, porte-parole de l'ONU. Sa rencontre avait vocation en particulier à obtenir une trêve dans les combats.

Les Nations unies ont revu à la hausse lundi leur estimation du nombre de victimes civiles – 10 000, contre 7 000 auparavant – depuis le début de l'intervention d'une coalition menée par l'Arabie saoudite en mars 2015.

Cet accroissement «souligne le besoin de trouver une solution à la situation au Yémen sans plus attendre», a ajouté Farhan Haq, déplorant «un coût humanitaire énorme». L'envoyé de l'ONU espère raviver le processus de paix dans le pays après le rejet par le président Hadi de la feuille de route qu'il avait proposée. Il doit rendre compte de sa mission devant le Conseil de sécurité plus tard ce mois-ci.

Cette feuille de route prévoit un nouveau gouvernement d'union et un retrait des rebelles de la capitale et d'autres villes. Et aussi une réduction importante des pouvoirs présidentiels au profit d'un vice-président chargé de superviser la formation d'un gouvernement provisoire pour diriger le pays dans l'attente d'élections.

Ould Cheikh Ahmed a mené des discussions dans la région ces dernières semaines, y compris à Ryad où il a notamment rencontré le gouverneur de la banque centrale du Yémen au sujet de la crise de liquidités dans les zones aux mains des rebelles.

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Des raids saoudiens meurtriers

La coalition menée par les Saoudiens soutient le président yéménite. Sa campagne de raids aériens a été lancée après la conquête par les Houthis – rebelles issus de l'importante minorité zaïdite concentrée dans le nord du pays –, alliés aux partisans de l'ancien président Ali Abdallah Saleh, de la capitale Sanaa avançant vers le sud du Yémen.

De nombreuses ONG accusent la coalition arabe menée par Riyad de ne pas faire preuve d'assez de précision dans ses frappes aériennes. En août 2016, notamment, Médecins sans frontières (MSF) avait déclaré que des raids aériens sur une école coranique avaient fait 10 morts et 28 blessés parmi des enfants à Haydan, dans la province de Saada, contrôlée par les Houthis.

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