Attentats de Bruxelles : Mohammed Abrini s'est vu remettre 3 500 euros dans un parc à Birmingham

Attentats de Bruxelles : Mohammed Abrini s'est vu remettre 3 500 euros dans un parc à Birmingham© Wikipédia
Le Small Heat Park de Birmingham, où la transaction aurait eu lieu

Un tribunal londonien examine le cas de deux hommes soupçonnés d'être entrés en contact avec Mohammed Abrini, suspect des attentats de Bruxelles à qui ils auraient remis une importante somme en liquide au Royaume-Uni. L'un d'eux a plaidé coupable.

Un des deux hommes inculpés pour avoir aidé financièrement Mohamed Abrini, le Belgo-Marocain soupçonné d'être impliqué dans les attentats de Paris et de Bruxelles, a plaidé coupable, a-t-on appris le 24 novembre à l'ouverture d'un procès à Londres.

Le Britannique Mohammed Ali Ahmed et le Belge Zakaria Boufassil, tous deux âgés de 26 ans, sont accusés d'avoir, en juillet 2015, donné 3 000 livres (3 500 euros) à Mohammed Abrini, le fameux «homme au chapeau» qui accompagnait les deux kamikazes qui se sont fait exploser à l'aéroport de Bruxelles, lors des attaques du 22 mars 2016 qui ont fait 32 morts.

Mohammed Ali Ahmed et Zakaria Boufassil ont été inculpés le 29 avril dernier au Royaume-Uni pour avoir remis 3 000 livres à Mohammed Abrini. Selon les relevés téléphoniques, les trois hommes se trouvaient au même moment dans un parc à Birmingham, au centre de l'Angleterre, le 11 juillet 2015.

Le procureur Hill a déclaré que Mohammed Abrini s'était rendu au Royaume-Uni entre le 9 et le 16 juillet 2015.

Selon les médias britanniques, Mohammed Ali Ahmed a plaidé coupable le 8 novembre dernier, une information qu'il était interdit de rapporter jusqu'à l'ouverture du procès.

Aujoud'hui, le procès examine le cas du second homme, Zakaria Boufassil. Ce dernier nie les charges, tandis que le tribunal est persuadé de sa culpabilité et de son implication.

«Il apparaît clairement que Boufassil collaborait avec Ahmed lorsque l'argent a été remis à Abrini. Nous estimons qu'il est donc tout aussi coupable», a déclaré le 24 novembre le procureur Max Hill aux jurés. «Il n'y a aucun doute que cet argent a été remis avec l'intention de financer des actes terroristes», a-t-il ajouté.

Selon le procureur, Mohammed Abrini, lorsqu'il a été interrogé par les enquêteurs belges, a expressément désigné Mohammed Ali Ahmed comme celui qui l'a guidé vers le point de rendez-vous et Zakaria Boufassil comme celui qui lui a remis l'argent.

Il a dit qu'il n'y avait «aucun doute» que l'argent lui avait été remis alors qu'il se trouvait au Royaume-Uni «avec l'intention d'aider les actes de terrorisme».

Le tribunal a appris que Mohammed Abrini, citoyen belge d'origine marocaine, était arrivé à Heathrow le 9 juillet et s'était rendu à Birmingham en voiture le lendemain. Sur place, il est allé par deux fois dans le parc, sans y trouver personne. La troisième fois, Mohammed Ali Ahmed et Zakaria Boufassil, qui voulaient d'abord s'assurer qu'il n'était pas un «imposteur», l'attendaient pour le conduire dans une forêt et lui remettre l'argent, a détaillé le procureur.

Les hommes ont été en contact téléphonique. Selon la justice, il existe également des preuves techniques que leurs téléphones se sont trouvés à proximité.

En effet, d'après l'analyse des téléphones portables, le 10 juillet, le téléphone de Mohammed Abrini et ceux de Zakaria Boufassil et de Mohammed Ali Ahmed avaient été enregistrés comme se trouvant dans le parc de Petite Heath.

Le lendemain, les trois téléphones se sont une nouvelle fois retrouvés au même endroit.

«Vous pouvez être sûr qu'Ahmed, Abrini et Boufassil se sont rencontrés ce jour-là. C'est là que s'est effectuée la transaction d'argent à Abrini», a affirmé le procureur.

Mohammed Abrini a également dit aux enquêteurs belges que, lors d'un séjour en Syrie, un homme nommé «Abaaoud» (la justice britannique interdit de donner davantage de détails sur l'identité de celui-ci) lui avait demandé de collecter de l'argent au Royaume-Uni et lui avait donné plusieurs numéros de téléphone. 

Arrêté le 8 avril et inculpé, Mohammed Abrini est également soupçonné d'être le logisticien des attaques de Paris et de Saint-Denis qui ont fait 130 morts le 13 novembre 2015.

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