Adhésion de la Turquie à l'UE : le parlement européen doit se prononcer sur le gel des négociations

Adhésion de la Turquie à l'UE : le parlement européen doit se prononcer sur le gel des négociations© Vincent Kessler Source: Reuters

Un large panel d'eurodéputés s'est dit en faveur d'un gel des négociations avec la Turquie, jugeant la dérive autoritaire d'Erdogan incompatible avec les valeurs européennes depuis le coup d'Etat manqué. Un vote doit avoir lieu au parlement.

«Notre message pour la Turquie est très clair : les négociations d'adhésion devraient être gelées immédiatement», a affirmé mardi 22 novembre à Strasbourg Manfred Weber, président du Parti populaire européen (centre-droit), groupe parlementaire comptant le plus d'eurodéputés. 

Le chef de file du groupe socialiste, Gianni Pitella, lui a fait écho précise France 24 : «Nous voulons geler les discussions d'adhésion», a-t-il lui aussi affirmé. 

Quelques voix tranchent néanmoins avec cette idée, notamment la chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, opposée à l'arrêt du processus d'adhésion, estimant «que tout le monde serait perdant», rapporte Euronews

Les principaux groupes politiques au Parlement européen - conservateurs, socialistes, libéraux et verts - sont favorables au gel des négociations d'adhésion de la Turquie en raison de la répression en cours depuis le coup d'Etat avorté de juillet, mais le président turc semble n'en n'avoir cure.

«Je voudrais dire [...] au monde entier qui nous regarde à la télévision, ce vote n'a aucune valeur, quel qu'en soit le résultat», a-t-il déclaré mercredi 23 novembre dans une allocution au cours d'une réunion de l'Organisation de la Coopération islamique (OCI) à Istanbul.

Pour entériner le gel des négociations, les eurodéputés sont en effet appelés à se prononcer jeudi 24 novembre en séance plénière à Strasbourg sur un projet de résolution - soutenu par les quatre groupes- qui demande à la Commission européenne et aux Etats membres un gel provisoire des négociations d'adhésion entamées en 2005 avec la Turquie.

La répression en cause 

Plus de 15 000 fonctionnaires supplémentaires ont été limogés par le gouvernement turc dans le cadre des purges lancées après la tentative de coup d'Etat en juillet, selon deux décrets parus le mardi 22 novembre au Journal officiel.

Selon ces décrets, 15 726 personnes ont été limogées, dont près de 7 600 membres des forces de la sécurité intérieure, 2 700 au sein du ministère de l'Intérieur et quelque 1 200 dans l'enseignement. Par ailleurs, 375 associations, neuf médias et 19 structures médicales privées ont été fermés par ces décrets.

Ces mesures ont été prises dans le cadre de l'état d'urgence instauré après la tentative de putsch de juillet. Les autorités turques accusent Fethullah Gülen, prédicateur exilé aux Etats-Unis, d'en être à l'origine, ce que l'intéressé dément.

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