Un pasteur américain propose «d’abattre» ceux qui ne chantent pas l’hymne national

Ironie ou propos sérieux de la part de ce pasteur ? Source: Reuters
Ironie ou propos sérieux de la part de ce pasteur ?

En marge d’un match de football dans un lycée de l’Alabama, un pasteur s’est adressé à la foule en appelant à tirer sur ceux qui ne chanteraient pas l’hymne américain. Un discours qui intervient en pleine polémique sur les violences policières.

«Si vous ne voulez pas vous lever pour l’hymne national, vous pouvez vous aligner devant la clôture et laisser nos militaires tirer quelques cartouches sur vous puisqu’ils en prennent pour vous», a déclaré, le 9 septembre en marge d'un match de football au lycée McKenzie (Alabama), le pasteur Allen Joyner. Denise Crowley-Whitfield, une utilisatrice de Facebook, a filmé cette déclaration qu'elle a ensuite diffusée sur le réseau social. La page est dorénavant inaccessible.

La publication de cette internaute qui a capté la scène en direct n'est désormais plus accessible © Capture d'écran du site : www.al.com
La publication de cette internaute qui a capté la scène en direct n'est désormais plus accessible

Les propos auraient reçu une forte approbation de la part de la foule de cet Etat conservateur du sud des Etats-Unis. Du côté des représentants de l’établissement scolaire, l’heure était plutôt à la réprobation. «Le patriotisme devrait faire partie des événements de l’école mais les menaces de tirer sur les gens qui ne sont pas patriotes, même en plaisantant, n’ont rien à y faire», a déclaré Amy Bryan, une cadre du lycée MacKenzie. «Les menaces de violences sont une violation de la politique de notre école et elles ne sont certainement pas tolérées par la direction», a-t-elle ajouté.

La paroisse du pasteur a fait bloc derrière lui. Dans une publication Facebook depuis supprimée, elle regrettait des propos «sortis de leur contexte et mal cités».

Un contexte tendu

Ces déclarations tombent alors que le climat est difficile. Les Etats-Unis sont, depuis plusieurs mois, le théâtre de fortes tensions raciales liées à des affaires impliquant policiers et Afro-américains qui font des victimes des deux côtés. Dans ce contexte, plusieurs sportifs célèbres ont récemment refusé de chanter l’hymne national.

En savoir plus : Milwaukee : voitures brûlées et affrontements après le décès d’un jeune Afro-américain (IMAGES)

Le 27 août, le quaterback de l’équipe de San Francisco, Colin Kaepernick, déclarait à nfl.com après un match contre les Green Bay Packers: «Je ne vais pas me lever et montrer ma fierté pour le drapeau d’un pays qui oppresse les gens de couleur.» Avant d’ajouter : «Pour moi, cela va au-delà du football et cela serait égoïste de ma part de regarder ailleurs. Il y a des corps dans les rues et des gens obtiennent des congés payés et s’en tirent après des meurtres.» 

En savoir plus : 200 arrestations après des manifestations du mouvement Black Lives Matter aux Etats-Unis (VIDEO)

Le 11 septembre, quatre joueurs des Miami Dolphins se sont mis à genoux pendant que «The Star-Spangled Banner» (l'hymne national américain) était joué avant la rencontre contre les Seahawks de Seattle. A l'instar de Colin Kaepernick, ils souhaitaient montrer symboliquement leur colère contre un système policier qu'ils jugent répressif envers les gens de couleurs.

Auteur: NFL

La démonstration de Michael Thomas, Jelani Jenkins, Kenny Stills et Arian Foester est mal passée pour beaucoup en ce jour de commémoration des 15 ans des attentats du 11 septembre à New York. «Ce n’est pas à cause de la symbolique que les gens sont énervés. C’est le message et les gens qui l’émettent», a déclaré Arian Foster. «Parce si les gens sont agacés par le fait de poser un genou [à terre], tous les dimanche des gens de foi le font pour remercier leur Seigneur et sauveur quelque soit cette foi ou leur religion», a ajouté le joueur.

En savoir plus : Etats-Unis : trois policiers tués dans une fusillade à Baton Rouge, l'assaillant abattu

«Les gens disent que ce n’était pas le bon moment. Mais alors quand ? Ce ne sera jamais le bon moment aux yeux de quelqu’un d’autre parce certains pensent ceci et d’autres l’inverse. Et c’est ce qui fait la beauté de ce pays, quand quelqu’un pense quelque chose, il a le droit de l’exprimer et c’est exactement ce que nous faisons», a-t-il conclu.

Raconter l'actualité

Les opinions, assertions et points de vue exprimés dans les commentaires sont le fait de leur auteur et ne peuvent en aucun cas être imputés à RT.

Social comments Cackle
Enquêtes spéciales