Et si la mort du «porte-parole de Daesh» al-Adnani ne changeait finalement rien ?

© Capture d'écran - 20Minutes

On le surnomme «ministre des attentats» de Daesh, dont il était le numéro deux. Et pourtant, la mort d’Abou Mohammed al-Adnani, annoncée le 30 août, pourrait ne pas affaiblir l’organisation terroriste plus que celle de ses prédécesseurs.

Le haut responsable de l’organisation djihadiste Abou Mohammed al-Adnani, soupçonné d’avoir chapeauté les attentats de novembre à Paris, a été tué en Syrie dans une frappe aérienne le 30 août. Si Moscou affirme être derrière sa mort, Washington, de son côté, n’adhère pas à cette version des faits.

Quoiqu’il en soit, la mort du numéro deux du groupe djihadiste pourrait ne pas aller au-delà du symbole. En effet, de nombreuses autres figures du califat auto-proclamé ont péri avant lui, sans pour autant entraîner l’organisation dans leur chute.

Ainsi, al-Adnani est le troisième haut cadre de Daesh qui trouve la mort en moins de six mois. En juillet, Abou Omar le Tchétchène, l’un des chefs militaires majeurs de l’organisation, périssait sous des tirs de drone américain. Avant lui, Abou Ali al-Anbari, ancien responsable du renseignement qui s’était reconverti dans le développement de la branche libyenne de Daesh, avait été tué en mars.

On peut également citer la mort, en août 2015, de Fadel al-Hiyali, alors décrit lui aussi comme le numéro deux et bras droit du chef de l’Etat islamique Abou Bakr al-Baghdadi. Ce dernier lui-même a plusieurs fois été annoncé mort dans les médias (en juin 2016, avril 2015 et novembre 2014 par exemple) sans que l’information soit confirmée.

Aussi, il n’est pas certain que la disparition d’un nouveau haut fonctionnaire de Daesh affaiblisse l’organisation, tant celle-ci est parvenue par le passé à renaître de ses cendres en remplaçant ses cadres par de nouveaux arrivants.

Robert Pape, professeur à l’université de Chicago estime dans une étude de 2003 citée par le quotidien américain New York Times, que la stratégie consistant à s’en prendre aux cadres des organisations terroristes «peut perturber leurs opérations temporairement [mais] cela rapporte rarement des gains à long terme.»

Quant à Daniel Byman, membre du think tank Brookings Institution, il pense lui que cela peut amener les terroristes à décentraliser leur action, les rendant encore plus dangereux.

Mais, le moins que l’on puisse dire, c’est que les attentats revendiqués par le groupe terroriste n’ont pas diminué ces derniers mois. Ainsi, la France a notamment été frappée à de nombreuses reprises, comme par exemple à Saint-Etienne du Rouvray et à Nice en juillet ou à Paris en novembre et janvier 2015.

Ailleurs dans le monde, le continent africain et les pays du Moyen-Orient n’ont pas non plus été épargnés, continuant à être la cible récurrente de sanglantes attaques terroristes.

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