Israël : les parlementaires «soutenant la lutte armée contre l'Etat» pourront être déchus

© Ronen Zvulun Source: Reuters

Une nouvelle loi votée par la Knesset autorise une majorité de parlementaires à exclure l'un des leurs qui soutiendrait les ennemis de l'Etat israélien. L'opposition du pays a dénoncé un texte raciste ciblant les élus arabes-israéliens.

Soutenue de longue date par la droite israélienne, une loi sur la possibilité d'exclure des parlementaires a été acceptée par la Knesset (le Parlement) à 62 voix contre 47, le 20 juillet, dans une ambiance particulièrement houleuse.

Le texte, source d'une vive polémique dans le pays, autorise les parlementaires à déchoir de son mandat l'un de leurs pairs «se livr[ant] à des incitations au racisme ou qui soutien[t] la lutte armée contre l'Etat d'Israël». Un dispositif qui, selon le Premier ministre Benjamin Netanyahou, mettrait fin à la «situation absurde» selon laquelle un individu «défendant le terrorisme contre l'Etat d'Israël et ses citoyens» peut exercer un mandat d'élu de la nation. 

La droite à laquelle appartient le chef du gouvernement avait notamment justifié la pertinence d'une telle loi, citant l'exemple de trois députés qui étaient allés à la rencontre, récemment, de familles de Palestiniens tués par les forces israéliennes lors d'attaques de rue – un geste jugé indigne par les élus de la majorité.

Une loi révélant «le visage sombre d'Israël»

A gauche, la loi est non seulement décrite comme absurde et inutile, mais également raciste. De nombreuses voix ont en effet accusé la droite de cibler, avec ce nouveau texte, les élus israéliens-arabes. Le chef de l'opposition Isaac Herzog, notamment, a annoncé sur Twitter que ce vote avait dévoilé «le visage sombre d'Israël». «Le gouvernement plein de haine est occupé à aggraver les dissensions qui menacent Israël bien plus que n'importe quel ennemi extérieur», a regretté sur Twitter le député travailliste.

Se sentant personnellement visés par cette loi «patriotique», les parlementaires arabes-israéliens ont quant à eux annoncé qu'ils intenteraient une action en justice contre celle-ci auprès de la Cour suprême du pays.

L'effet de cette loi controversée pourrait toutefois s'avérer plus symbolique qu'autre chose. Pour démettre de ses fonctions un élu de la Knesset, une majorité d'au moins 90 parlementaires sur 120 devra être réunie. Or, dans la configuration actuelle du Parlement, le parti au pouvoir et ses alliés ne sont pas en mesure de fédérer un tel nombre d'élus.

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