HRW : «pas d'espoir» que les gardes-frontières turcs soient jugés pour avoir tiré sur des Syriens

© Umit Bektas Source: Reuters

Human Rights Watch (HRW) a ouvert une enquête sur des allégations accusant des gardes-frontières turcs d’avoir massacré une famille entière de réfugiés syriens. Ankara nie les accusations et HRW craint que les coupables ne soient jamais jugés.

Selon différentes sources médiatiques, jusqu’à onze civils syriens, incluant une famille entière, auraient été tués au cours du week-end dernier alors qu’ils tentaient de traverser la frontière turco-syrienne au carrefour de Khirbet al-Joz pour venir chercher l’asile en Turquie.

«Nous devons encore vérifier les faits, mais il semble que des gardes-frontières turcs ont bien tiré sur un groupe de demandeurs d’asile syriens», a déclaré à RT Gerry Simpson, un représentant de HRW. Il a ajouté que «les premières interviews suggèrent qu’au moins six personnes, principalement des femmes et des enfants, ont été tuées dans la région où Human Rights Watch a déjà enquêté sur les gardes-frontières turcs suspectés d’avoir tiré sur d’autres réfugiés syriens en avril et en mai et les ayant blessé ou tué».

Les images présumées prises à la suite du massacre à la frontière turco-syrienne montrent les corps sans vie de plusieurs femmes et enfants.

ATTENTION, IMAGES CHOQUANTES !

Bien qu’un rapport de HRW ait déjà accusé, le mois dernier, les gardes-frontières turcs de tirer régulièrement sur des civils syriens en quête d’asile en Turquie, Ankara a de nouveau nié ces nouvelles accusations, prétendant qu'elles ne reflètaient pas la réalité.

«Les affirmations selon lesquelles des soldats turcs ont tué neuf personnes qui essayaient de traverser la frontière dans la province de Hatay ne sont pas vraies. Il y a eu une tentative de traverser la frontière illégalement, mais aucun coup de feu n’a été tiré directement sur les gens», affirme une source militaire turque.

Les contrôles frontaliers à la frontière turco-syrienne se sont intensifiés après la signature de l’accord entre l’UE et la Turquie, en mars 2016, ainsi que les tirs en direction de civils syriens, a souligné le représentant de HRW : «Depuis le mois de mars, les gardes-frontaliers turcs ont à plusieurs reprises et de manière agressive patrouillé à la frontière, et c’est à ce moment que nous avons commencé à entendre des rapports de tirs sur des civils syriens tentant de fuir le carnage en Syrie».

Gerry Simpson a ajouté que HRW était par ailleurs «inquiet» que les Nations unies et l’Union européenne «restent silencieux» sur ces accusations, alors qu’Ankara ne montre aucune intention de trouver et de punir les responsables.

«Nous avons reçu une réponse indirecte de l’armée turque déclarant que si ces cas étaient portés à l’attention des procureurs locaux, il y aurait des enquêtes. Cependant, nous savons bien que ces déclarations sont vides et qu’à ce jour aucune enquête n’a eu lieu», a expliqué Gerry Simpson en ajoutant : «A présent il n’y a aucun espoir que ni les commandants qui exécutent les ordres, ni les politiciens qui permettent ces choses se présentent devant la justice et répondent de leurs actes».

Lundi 20 juin, HRW a rappelé que la fermeture de la frontière de la Turquie aux demandeurs d’asile syriens représentait un «refoulement», soit une situation dans laquelle ils sont poussés vers un pays où leur vie serait menacée. L’organisation humanitaire s’interroge également sur l’éthique de l’accord sur les réfugiés entre l’UE et la Turquie et a pressé Bruxelles de reconnaître que les conditions sur le terrain en Turquie ne pouvaient pas être considérées comme «juridiquement sûres».

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