Des nouvelles violences éclatent entre communautés dans le centre du Mali

- Avec AFP

© Adama Diarra Source: Reuters

Au moins une dizaine de civils ont été tués dans le centre du Mali au cours de récentes violences intercommunautaires, a appris lundi l'AFP de sources concordantes.

Ces nouvelles violences se sont produites alors qu'une association représentant la communauté peule avait dénoncé la semaine dernière la mort de plus de 15 de ses membres accusés d'être des djihadistes, dans des actions imputées à l'armée malienne ou à des milices villageoises dans cette région.

«Ce lundi et hier dimanche, il y a eu au moins huit civils tués. La semaine dernière, au moins quatre civils ont été tués au cours d'affrontements entre des communautés au centre du Mali», a déclaré à l'AFP une source au sein du gouvernorat de Mopti.

«Nous sommes très inquiets parce que les civils se battent avec des armes de guerre. A cause de la situation sécuritaire, la cohabitation devient difficile entre les différentes communautés», a confié cette source.

Confirmant «le climat de tension» régnant dans des localités du centre, un dirigeant communautaire peul a déclaré à l'AFP que les affrontements avaient opposé des Peuls à des Bambaras, la principale ethnie du pays.

«Une milice composée essentiellement de Bambaras a attaqué les Peuls dans les localités de Koroguiri et de Maléimana, situées vers la ville de Ténenkou», à 90 km à l'ouest de Mopti.

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«J'appelle les communautés peule et bambara à tourner le dos à la guerre et à faire la paix», a ajouté Oumar Aldiana, porte-parole de l'association «Deental pulaaku».

Interrogée par l'AFP, une source sécuritaire malienne a attribué les tensions entre les deux communautés au fait que «malheureusement, dès qu'on voit un Peul, on pense qu'il est djihadiste», en raison de la présence dans la région du Front de libération du Macina (FLM).

Le FLM, apparu début 2015 et dirigé par le prédicateur radical peul malien Amadou Koufa, est allié à Ansar Dine, le groupe djihadiste malien du nord du pays, de l'ex-rebelle touareg devenu islamiste Iyad Ag Ghaly.

Selon le gouvernorat de Mopti, une délégation officielle se rendra dans les zones où les flambées de violence ont éclaté, pour une campagne de sensibilisation.

Le nord du Mali était tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes djihadistes liés à Al-Qaïda. Les djihadistes ont été en grande partie chassés par une intervention militaire internationale, lancée en janvier 2013 à l'initiative de la France, qui se poursuit actuellement.

Mais des zones entières échappent encore au contrôle des forces maliennes et étrangères. Longtemps concentrées dans le nord, les attaques djihadistes se sont étendues à partir de 2015 vers le centre, puis le sud du pays.

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