L'armée malienne et des milices auraient tué des Peuls pris pour des djihadistes

Source: AFP

L'armée et des milices au Mali tuent et arrêtent «injustement» des civils peuls pris pour des djihadistes, a dénoncé dimanche 24 avril une association malienne regroupant des membres de cette ethnie.

Au Mali, les Peuls seraient victimes de la confusion qui règne dans le pays. «Des milices formées par des jeunes de villages du centre du Mali et l'armée malienne font l'amalgame et arrêtent ou tuent des Peuls pris pour des djihadistes. Ces dernières semaines, plus de quinze civils peuls ont été tués comme ça», a déploré lors d'une conférence de presse Oumar Aldjana, un responsable de l'association «Kawral poulakou» (l'union des Peuls, en langue pulaar), qui revendique plusieurs milliers de membres.

«On prend parfois tous les Peuls pour des djihadistes, mais c'est faux. Il ne faut pas faire d'amalgame. Nous sommes fiers d'être des Maliens mais nous sommes aussi fiers d'être Peuls», a-t-il ajouté. Par ailleurs l'association «Kawral poulakou» a tenu à réaffirmer son soutien à l'accord d'Alger, pour le retour de la paix dans le nord du Mali, signé en mai-juin 2015 entre le camp gouvernemental et l'ex-rébellion à dominante touareg. Elle s'est dite engagée à travailler au retour «au sein de la République» du Mali de certains jeunes peuls qui ont intégré les rangs des islamistes du «Front de libération du Macina» (FLM). Le FLM est un groupe armé basé dans le centre du pays. Apparu début 2015, il est dirigé par le prédicateur radical malien Amadou Koufa, un Peul allié au groupe djihadiste malien Ansar Dine. 

Le nord du Mali était tombé en mars 2012 sous la coupe de groupes djihadistes liés à Al-Qaïda, après la déroute de l'armée face à la rébellion à dominante touareg, d'abord alliée à ces groupes qui l'ont ensuite évincée. Les djihadistes ont été en grande partie chassés par une intervention militaire internationale, lancée en janvier 2013 à l'initiative de la France et qui se poursuit actuellement. Mais des zones entières échappent encore au contrôle des forces maliennes et étrangères.

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