En Syrie, un cessez-le-feu fragile scelle le repli des forces kurdes face à Damas

En Syrie, un cessez-le-feu fragile scelle le repli des forces kurdes face à Damas© Getty Images
Forces syriennes dans la ville de Raqqa. [Photo d’illustration]
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Les forces kurdes, affaiblies et isolées, ont accepté un nouveau cessez-le-feu avec Damas. Le pouvoir syrien veut intégrer leurs structures et reprendre le contrôle des prisons de l’EI. Sur le terrain, la mobilisation kurde et les tensions régionales menacent la fragile trêve.

Le pouvoir syrien a annoncé dans la soirée du 20 janvier un nouveau cessez-le-feu avec les Forces démocratiques syriennes (FDS), actant le repli des forces kurdes, désormais acculées dans leur principal bastion de Hassaké, au nord-est du pays.

Cette trêve intervient après une série de revers militaires pour les FDS, chassées successivement d’Alep, puis des provinces stratégiques de Raqqa et de Deir ez-Zor, sous la pression des troupes loyales au président Ahmed al-Chareh. Un recul facilité par le désengagement progressif de leur allié américain.

L’émissaire américain pour la Syrie, Tom Barrack, a estimé que le rôle initial des forces kurdes, la lutte contre l’État islamique, relevait désormais du passé. Selon lui, le nouveau pouvoir syrien serait en mesure d’assurer seul le contrôle des prisons et camps de détention de jihadistes jusque-là gérés par l’administration kurde.

Vers des affrontements généralisés ?

Dans ce contexte, Damas a donné quatre jours aux responsables kurdes pour présenter un plan d’« intégration pacifique » de la province de Hassaké dans le giron de l’État syrien, délai durant lequel les deux camps se sont engagés à respecter le cessez-le-feu.

Le 18 janvier déjà, les autorités syriennes avaient annoncé un accord de principe visant à intégrer les institutions civiles et militaires kurdes au sein de l’État central, portant un coup sévère aux ambitions d’autonomie forgées par les Kurdes durant la guerre civile. Toutefois, les négociations entre Ahmed al-Chareh et le chef des FDS, Mazloum Abdi, se sont rapidement enlisées, selon des responsables kurdes, illustrant la profondeur des désaccords.

Les combats récents ont ravivé les inquiétudes autour des camps et prisons de l’État islamique, qui abritent des milliers de détenus. Les FDS ont reconnu avoir dû se retirer du camp d’al-Hol, le plus important du pays, appelant la coalition internationale à prendre le relais. Damas affirme être prêt à assumer cette responsabilité, un discours appuyé par Donald Trump, qui s’est publiquement félicité de sa coopération avec le nouveau pouvoir syrien.

Sur le terrain, la tension reste vive. Les forces kurdes ont lancé un appel à la mobilisation générale, tandis que des civils armés ont manifesté à Hassaké et dans plusieurs régions kurdes voisines, en Turquie, en Irak et en Iran. Malgré l’annonce du cessez-le-feu, le risque d’un embrasement régional demeure palpable.

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