Palestine : création d'une banque de semences pour sauver la culture traditionnelle palestinienne

Viven Sansour. Capture d'écran (http://myrightword.blogspot.fr/)
Viven Sansour. Capture d'écran (http://myrightword.blogspot.fr/)

Alors que les cultures traditionnelles sont en voie de disparition en Palestine, une initiative a été lancée afin de préserver la richesse agricole ancestrale à travers la création d'une banque de semences.

La bibliothèque palestinienne de semences Heirloom doit être officiellement lancée en juin prochain pour éduquer les Palestiniens sur les formes traditionnelles d'agriculture en Terre Sainte et sur la culture qui y est associée. Il s'agit également de préserver les différentes variétés de plantes qui ont été cultivées dans la région au fil des siècles malgré les conditions climatiques particulièrement difficiles, faisant preuves d'une capacité d'adaptation extraordinaire.

«La propagation des colonies israéliennes», une menace

Soutenu par la Fondation Qattan de Ramallah, le projet a été initié par Vivien Sansour, qui a étudié et travaillé à l'étranger avant de revenir dans la ville cisjordanienne de Beit Jala. Elle a décidé de lancer cette bibliothèque après avoir été inspirée par ses expériences au Mexique et après avoir travaillé avec les agriculteurs dans la ville de Jénine, en Cisjordanie.

«J'ai été loin de la Palestine pendant une longue période. Pendant mon absence, ce qui me revenait en mémoire étaient les odeurs et les goûts. Quand je suis revenue, je me suis aperçu que ce que j'avais connu était menacé disparition», explique Vivien Sansour au Guardian.

De l'agro-entreprise qui tend à exploiter un nombre réduit de variétés de produits agricoles aux méthodes agricoles en elles-mêmes, sans oublier le changement climatique, les menaces qui pèsent sur les cultures traditionnelles palestiniennes sont nombreuses. «La propagation des colonies israéliennes» est aussi très contraignante pour les agriculteurs palestiniens.

«Il est aussi important de préserver la biodiversité locale que la culture palestinienne»

«Je compris que ce qui était aussi en danger était quelque chose de profond qui se rapportait au sentiment d'une identité culturelle. Les chansons que les femmes chantaient dans les champs. Les phrases, et même les mots que nous utilisons. Il est donc aussi important de préserver la biodiversité locale que la culture palestinienne et les méthodes agricoles traditionnelles», soutient Vivien Sansour.

Pastèques, comcombres, fenouil sauvage, la biodiversité est constitutive de la civilisation palestinienne. Vivien Sansour tente de se battre pour sa préservation également par l'éducation. La Fondation Qattan de Ramallah a ainsi récemment formé des enseignants dans le cadre d'un projet pilote pour réintroduire l'étude des anciennes pratiques agricoles.

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