En Suisse, l’écolier qui ne voulait pas serrer la main de son enseignante a un faible pour Daesh

© Capture d'écran video Youtube

Le père des deux élèves est imam à la mosquée du roi Faysal à Bâle. En 2013, ce lieu de culte a fait l'objet d'une enquête du journal Basler Zeintung qui révélait alors la tenue de propos haineux envers les non-musulmans.

La polémique continue de prendre de l'ampleur en Suisse après le refus de deux élèves de serrer la main de leur enseignante. L'indignation de plusieurs personnalités politiques a occupé l'espace médiatique ces derniers jours, et, désormais, des informations autour de la vie personnelle des deux élèves commencent à émerger. 

La Tribune de Genève rapporte que l'un des frères, scolarisés à l'école secondaire de Therwil, a posté sur Facebook de la propagande émanant de Daesh. «C'est clairement l'étendard de l'Etat islamique», a confirmé Saïda Keller-Messahli, fondatrice du Forum pour un islam progressiste, au tabloïd Blick. En guise de commentaire, l'intéressé avait ajouté que «chaque musulman [devait] "liker"».  

De son côté, la politologue Elham Manea tire la sonnette d'alarme : «Le comportement des deux frères est un signe qu'une interprétation fondamentaliste de l'islam est en jeu.» Pour lutter contre l'extrémisme, elle préconise la formation d'imams en Suisse et l'interdiction du financement des mosquées par des fonds étrangers. La mosquée bâloise, désormais dans le collimateur des autorités, est soutenue par la Ligue islamique mondiale en Arabie saoudite. 

Le père défend le comportement de ses deux fils

Le père a affirmé à la direction de l'école que ses fils étaient, à 14 ans, déjà majeurs en vertu de la loi islamique. Un propos qui vise à légitimer leur refus de ne pas serrer la main de leur enseignante. Nabil Arab, administrateur de la fondation du roi Faysal, a quant à lui tenté de démentir les accusations de radicalisme visant son collaborateur. Selon lui, il ne prêche que «la tolérance et la décence». 

«Leur refus de serrer la main des femmes a été guidé par la vie du Prophète», affirme-t-il, arguant que ce comportement était en réalité un signe de respect. Pour autant, ses détracteurs apportent peu de crédit à ses propos en raison d'une interview où il déclarait que les femmes n'avaient pas envie d'être considérées comme des objets sexuels et que le toucher corporel était donc à prohiber. 

Un expert juridique pour statuer sur la décision controversée de l'école 

Un expert juridique se prononcera sur la validité de la décision prise par l'école permettant aux étudiants musulmans de sexe masculin de ne plus serrer la main des enseignantes pour des motifs religieux.

«Nous avons demandé l'avis d'un expert de notre service juridique», a déclaré Deborah Murith, porte-parole du département de l'éducation dans le canton de Bâle-Campagne. Cette dernière a déclaré à l'AFP que l'affaire n'était «pas simple» et que le canton essayait maintenant «de trouver un équilibre entre la liberté religieuse, le droit à l'éducation et l'égalité […] entre les hommes et les femmes».  

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