Au Kenya, Google refuse la demande du gouvernement de supprimer un clip anti-homophobe

© Capture d'écran vidéo Youtube

Les autorités kenyanes ont demandé à Google de supprimer de la pateforme YouTube une vidéo qui dénonce la discrimination envers les homosexuels. Le géant d'internet n'a pas donné suite à cette demande.

Le Bureau de classification des films du Kenya (KFCB) a ordonné à Google de retirer une vidéo du groupe de musique Art Attack qui a posté sur YouTube un clip s'intitulant Same Love, dénonçant le traitement discriminatoire subi par les homosexuels dans le pays et appellant les gays et lesbiennes à ne plus se cacher. Google a refusé la requête des autorités.

Au fil du clip en question, on peut voir des Unes de journaux kenyans avec des titres tels que L'homosexualité est une maladie pire que l'alcoolisme ou encore Les gays sont répugnants. Ces images contrastent avec celles de jeunes homosexuels, hommes et femmes, s'embrassant à l'abri des regards. «Il est temps d’avoir de nouvelles lois», peut-on entendre dans la vidéo.

Dans une lettre adressée au directeur exécutif du KFCB, l'avocat de Google en Afrique subsaharienne, Ife Osaga Ondondo, écrit que l'antenne kenyane de Google n'intervient pas sur le contenu accesible sur la plate-forme YouTube sur laquelle la vidéo a été postée. 

L'avocat a déclaré que le KFCB avait déjà écrit une autre lettre à YouTube LLC / Google Inc et que ce dernier consulterait le procureur général dans les plus brefs délais.   

«Google a mis un certain temps à répondre, mais la conversation est en cours et nous leur donnons du temps pour des consultations internes», a déclaré le directeur exécutif du KFCB, Ezekiel Mutua.

Selon Business Daily Africa, la demande du KFCB avait été formulée en février dernier après que le gouvernement a déclaré dans un communiqué que le contenu de la vidéo «menace de mener le pays sur les traces de Sodome et Gomorrhe».

Pourtant, à l'époque, la vidéo n'avait pas eu de succès notable. C'est justement cette assignation des autorités qui lui a valu de faire le buzz. Depuis, elle a été visionnée 146 000 fois, selon le média Quartz.

Au Kenya, l'homosexualité est considérée comme une «infraction contre nature». Elle est passible d'une peine d'emprisonnement allant jusqu'à 14 ans de prison. 

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