Après avoir reçu Charles de Gaulle et Agatha Christie, un hôtel d’Alep accueille les réfugiés

© Capture d'écran du compte de Twitter @Volksburo

L’hôtel Baron, icône d’Alep, où «l’histoire s’est écrite» lorsque le Roi Fayçal a annoncé l’indépendance de la Syrie depuis l’un de ses balcons en 1918, est devenu lors des cinq dernières années un asile pour les réfugiés.

Sur un mur jaune de l’hôtel, on voit une publicité des années 1930 qui dit : «L’hôtel Baron, le seul hôtel de cinq étoiles d’Alep. Son chauffage central, son confort total, sa position unique sont à vote service. C’est le seul hôtel conseillé par les agences de voyages».

Presqu’un siècle plus tard, l’hôtel est en état de déliquescence comme tous les autres bâtiments victimes de la guerre. Les souvenirs historiques garnissent ses couloirs et décorent ses murs fissurés par les impacts d’obus de mortier. Les espoirs de voir son ancienne grandeur enfin restaurée s’amenuisent un peu plus tous les jours.

L’ancien propriétaire de l’hôtel Baron, Armen Mazloumian, est décédé il y a deux mois. Maintenant, sa femme Rubina Tashjian est la seule personne qui veille sur les souvenirs des murs de l’hôtel.

L’hôtel baron avait ouvert ses portes en 1909. En 1918, le roi Fayçal avait annoncé l’indépendance de la Syrie depuis l’un de ses balcons. «L’histoire de la Syrie s’est écrite ici», explique Rubina. 

Le Baron se trouve en plein centre d’Alep, près du musée national. Il y a cinq ans, il était l’une des destinations touristiques les plus prisées. Agatha Christie y a écrit Le crime de l'Orient-Express sur la terrasse. Thomas Edward Lawrence, Lawrence d’Arabie, et Charles de Gaulle figurent également parmi ses hôtes illustres.

Depuis le commencement de la guerre en Syrie, il y a cinq ans, l’hôtel n’a eu aucun client. «Jour et nuit, Armen Mazloumian restait sur la terrasse. Qu’il fasse chaud ou froid, été comme hiver, il s’asseyait ici, et disait que ses portes resteraient ouvertes. Il y a deux ans, des gens ont commencé à arriver, ils n’avaient plus d’endroit où aller et Armen leur a dit qu’ils étaient les bienvenus, qu’ils leur donnerait des chambres», a déclaré Rubina Tashjian éclatant en sanglots.

En dépit du cessez-le-feu, Alep reste l’une des villes où les combats continuent de faire rage, menaçant le futur de ce bâtiment historique que Rubina essaie de conserver, ainsi que les éléments qui ont fait son histoire.

En savoir plus : Interview avec la propriétaire de l’hôtel Baron où «le Crime de l'Orient-Express» a été écrit

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