Un «moteur caché» découvert dans un vélo lors du mondial de cyclo-cross

La Belge Femke Van Den Driessche durant l'épreuve des moins de 23 ans lors des Championnats du monde de cyclo-cross, à Heusden-Zolder en Belgique, le 30 janvier 2016 Source: AFP
La Belge Femke Van Den Driessche durant l'épreuve des moins de 23 ans lors des Championnats du monde de cyclo-cross, à Heusden-Zolder en Belgique, le 30 janvier 2016

Le président de l'Union cycliste internationale (UCI), Brian Cookson, a déclaré ce dimanche 31 janvier que le premier cas de «dopage mécanique» avait été détecté à l'occasion du championnat du monde de cyclo-cross, en Belgique.

Le vélo d'une cycliste belge de 19 ans, Femke Van den Driessche, contenant un moteur dissimulé a été saisi samedi 31 janvier. Après de nombreux cas suspects, il s'agit de la première affaire prouvée. «Le dopage mécanique est désormais une réalité. Ce que nous avons découvert est un signal clair. Souvent, on riait en évoquant ce dopage mécanique mais maintenant on sait que des coureurs utilisent de tels procédés, où les ont utilisés», a indiqué Brian Cookson.

La jeune espoir du cyclisme belge mise en cause a affirmé qu'il y avait eu une méprise : «Ce n'était pas mon vélo, mais celui d'un ami, identique au mien. Cet ami est allé reconnaître le parcours samedi avant de déposer son vélo au camion. Un mécanicien, pensant qu'il s'agissait de mon vélo, l'a nettoyé et me l'a préparé pour la course», a-t-elle expliqué, en larmes, à la chaîne Sporza. Elle a juré qu'elle «ignorai(t) totalement» que l'engin dissimulait un moteur.

«Nous allons vous attraper et vous punir»

«Le dossier est dans les mains de la Commission disciplinaire», a ajouté Brian Cookson. Ce premier cas est l'occasion d'envoyer un «message clair» aux tricheurs. «Nous allons vous attraper et vous punir, parce que notre technologie pour détecter ce type de fraude semble fonctionner», a-t-il poursuivi.

Depuis mars 2015, la commission indépendante pour la réforme du cyclisme (CIRC) avait conclu à l'existence de ce type de dopage, sans apporter de preuves concrètes, dans son rapport d'enquête publié en mars 2015. L'UCI a également multiplié les contrôles à la recherche des cas de tricheries technologiques.

Lors de la course Milan-San Remo en mars dernier, 37 vélos avaient été contrôlés au cours d'une opération conjointe de la police et des inspecteurs de l'Union cycliste internationale (UCI). Des contrôles spectaculaires étaient aussi intervenus au moment des deux dernières étapes de Paris-Nice, quelques semaines auparavant.

Les suspicions autour de Fabian Cancellara

Les suspicions de «dopage mécanique» étaient apparues en 2010 au Tour des Flandres au moment d'une accélération du suisse Fabian Cancellara qui avait fait polémique. Certains observateurs l'avaient alors soupçonné d'avoir été aidé d'un moteur caché sur son vélo.

La même année, pendant Paris-Roubaix, une autre accélération du même coureur suscite à nouveau l'étonnement.

Alimentant les suspicions, Davide Cassani, un ancien coureur devenu commentateur pour la télévision italienne, avait dévoilé en 2010 un vélo électrique difficilement identifiable comme tel, présenté comme celui qu'aurait utilisé Fabian Cancellara.

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