Le président afghan promet «d'enterrer» l'Etat islamique

Le président Afghan Ashraf Ghani Source: Reuters
Le président Afghan Ashraf Ghani

Alors que son pays fait face à la menace de l'Etat islamique, le président Ghani estime que le règlement de la crise passe par des discussions avec le Pakistan. Et appelle les Afghans qui quittent leur pays à regarder une interview de Manuel Valls.

Ashraf Ghani ne prend pas de gants. Lors d’une interview à la chaine de télévision britannique BBC, le président afghan a promis «d’enterrer l’Etat islamique», dont la présence se développe en Afghanistan depuis plusieurs mois. Daesh a en effet investi certaines régions d’Afghanistan et tente de s’implanter plus largement dans ce pays à la stabilité plus que précaire. «On ne peut pas nier que nous avons affaire à des risques très importants», admet le président Ghani.

Entre les Talibans, Al Qaïda et Daesh, l’Afghanistan est donc pris entre plusieurs feux, estime le président Ghani. «Une grande partie de ma diplomatie consiste à créer un consensus régional», explique-t-il. «C’est quelque chose qui va demander des efforts et de la concentration». Pour venir à bout de l'EI, l'armée et la police afghanes ont récemment lancé une offensive dans le Nangarhar, une province frontalière du Pakistan où les rebelles talibans sont implantés de longue date. 

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Et l’arrivée de Daesh dans la zone pourrait compliquer la tâche, même si, selon Ashraf Ghani, l’Etat islamique «n’est pas un phénomène afghan» et que la population ne se laissera pas faire. «Les Afghans sont motivés par la vengeance», prévient-il à l’adresse de l’Etat islamique.

Surtout, selon Ashraf Ghani, la solution doit venir rapidement pour éviter l’embrasement. Pour lui, la guerre en Afghanistan n’est qu’une «composante régionale» d’une guerre plus large qui englobe le Pakistan. «Nous avons besoin de voir que nous avons des intérêts communs et nous devons agir ensemble pour préserver le système de l’Etat.»

Dans ce combat contre l'EI, Kaboul peut compter sur le soutien de Washington qui accentue sa lutte contre Daesh dans la région. Le département d'Etat a d'abord annoncé le 14 janvier l'inscription de l'EI pour le Pakistan et l'Afghanistan sur sa liste noire des organisations terroristes. 

Enfin, dans son interview, le président afghan a fait une allusion forte à Manuel Valls. Interrogé sur la crise migratoire et sur le message qu’il souhaitait faire passer aux afghans qui quittent leur pays pour l’Europe, Ashraf Ghani a rétorqué que selon lui les Afghans «n’ont pas d’avenir en Europe, l’Europe ferme ses frontières. Vous (la BBC) avez eu un entretien avec le Premier ministre français. Diffusez le aux migrants, ils verront que le futur, c’est l’Afghanistan».

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