Poutine : la Russie soutient les soldats d’Assad tout comme les rebelles dans la lutte contre Daesh

Vladimir Poutine Source: Sputnik
Vladimir Poutine

Moscou fournit son soutien à l’armée du gouvernement syrien et est prête à l’étendre aux rebelles antigouvernementaux s’ils combattent l’Etat islamique, a déclaré Vladimir Poutine dans une interview à la presse allemande.

«Nous soutenons l’armée de Bachar el-Assad de même que l’opposition armée», a souligné le dirigeant russe dans une grande interview au quotidien allemand Bild. «Certains d’entre eux l’ont admis publiquement, d’autres préfèrent le taire, mais le travail est en cours».

D’après le président, «des centaines, de milliers de combattants armés luttent contre Daesh». «Nous coordonnons nos opérations avec eux et soutenons leurs offensives par des frappes aériennes dans plusieurs secteurs de la ligne de front», a dit Vladimir Poutine.

Les médias occidentaux ont plusieurs fois critiqué la Russie en affirmant que ses avions ne soutiendraient que les forces d’Assad en Syrie et se concentreraient leurs attaques contre l’opposition syrienne plutôt que contre Daesh.

«Ils répandent des mensonges», a répondu Vladimir Poutine, répondant à une question concernant ces accusations. Malgré l’existence de preuves démontrant ce qui se passe au sol, ceux qui critiquent la Russie «préfèrent l’ignorer».

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«Les vidéos confirmant cette version sont apparues même avant que nos pilotes aient commencé leur opération antiterroriste. Cela peut être confirmé», a noté le dirigeant.

Mais, au contraire, «ces fausses preuves» de frappes russes présumées sur les civils «continuent de circuler», a ajouté Vladimir Poutine.

«Si l'on considère que des “oléoducs“ qui consistent en milliers de camions citernes sont des cibles civiles, on pourrait avoir l’impression que nos pilotes visent ces objets, mais tout le monde les bombarde, y compris les Américains, les Français et les autres», selon le président russe.

En abordant les objectifs de la Russie dans ce conflit, Poutine a répété que le premier but de Moscou était d’éviter le vide du pouvoir en Syrie, qui pourrait aboutir à la dévastation de ce pays, comme cela est arrivé en Libye après la mort de Kadhafi.

«Je peux vous dire exactement ce que nous ne voulons pas : la répétition du scénario libyen ou irakien en Syrie», a martelé le chef de l'Etat russe pour qui la Syrie doit opérer une restructuration de son gouvernement sur la base d'une nouvelle constitution.

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«C’est la seule façon d’arriver à la stabilité, à la sécurité et de créer des conditions pour la croissance économique et la prospérité future, de sorte que les Syriens puissent vivre dans leurs propres maisons au lieu de fuir vers l’Europe», a ajouté le dirigeant russe.

Sur les tensions entre la Russie et l’OTAN : «Si nous ne sommes pas les bienvenus, cela ne nous dérange pas»

L’interview du chef de l’Etat russe a également porté sur les perspectives de la reprise de la coopération entre la Russie, le G8 et l’OTAN. Les deux groupes ont coupé leurs contacts avec Moscou depuis la crise en Ukraine.

«Ce n’est pas la Russie qui a interrompu la coopération à travers le format G8 ou le conseil Russie-OTAN. Nous sommes prêts à coopérer avec tout le monde s’il y a un problème qui nécessite une discussion», a fait remarquer Vladimir Poutine. Néanmoins, la Russie n’aspire pas à revenir au sein de ces organisations par tous les moyens, a souligné le président.

«Si nous ne sommes pas des partenaires bienvenus, cela ne nous dérange pas», a-t-il déclaré.

Les relations entre Moscou et l’Alliance se sont détériorées depuis l’incident avec le SU-24 russe abattu par la Turquie, dont le pilote a été tué par des rebelles soutenus par Ankara. Immédiatement après l’attaque, Ankara a convoqué une réunion d’urgence des membres de l’OTAN.

«Au lieu d’essayer de nous fournir une explication pour le crime de guerre qu’ils ont commis, pour avoir abattu notre avion de combat qui visait des terroristes, le gouvernement turc s’est précipité chez l’OTAN pour y chercher sa protection, ce qui est bizarre et, de mon point de vue, humiliant pour la Turquie», a estimé le dirigeant russe.

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Vladimir Poutine a exprimé l’espoir que de tels incidents ne provoqueront pas «d’hostilités de grande envergure», en soulignant que la Russie entend «défendre sa sécurité par tous les moyens qu’elle possède» au cas où celle-ci était menacée.

Sur les ambitions de la Russie : «Nous ne prétendons pas au rôle de superpuissance»

Vladimir Poutine a également commenté la position de la Russie sur la scène internationale, en notant que son opinion était différente de celle du président américain Barack Obama qui l’a qualifiée de «pouvoir régional». Le président russe a cependant ajouté que son pays n’aspire pas à devenir une «superpuissance».

«Nous ne prétendons pas au rôle de superpuissance. Ce rôle est extrêmement coûteux et dénué de sens», a précisé le président russe, rappelant que la Russie était la «sixième économie mondiale».

Auparavant, concernant le sommet nucléaire à La Haye en mars 2015, Barack Obama avait estimé que la Russie était «un pouvoir régional qui menace certains de ses voisins».

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Tout en admettant que chacun peut avoir sa propre opinion, Vladimir Poutine a remarqué que la remarque de son homologue américain était assez vague.

«En affirmant que la Russie est un pouvoir régional, il faut d’abord définir de quelle région il s’agit», a déclaré le dirigeant russe, en notant que le vaste territoire de la Russie s’étend de l’Europe à la Chine et au Japon, jusqu’à ses frontières maritimes avec les Etats-Unis et le Canada «à travers l’océan Arctique».

«Je crois que des spéculations concernant d’autres pays, des tentatives d’en parler irrévérencieusement sont en fait des tentatives de prouver par contraste son propre exceptionnalisme», a estimé le président russe.

Vous avez consulté la deuxième partie de l’interview de Vladimir Poutine au quotidien Bild accordée le 5 janvier dans la résidence du président à Sotchi. Vous pouvez retrouver le début de l’entretien ici.

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