L’UE veut se doter d’une plateforme de données militaires indépendante des États-Unis d’ici 2030

L’UE veut se doter d’une plateforme de données militaires indépendante des États-Unis d’ici 2030
Des soldats européens en salle de commandement observent une carte numérique du continent, sous le drapeau de l’Union européenne. [Visuel d’illustration]
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Bruxelles accélère sa quête d’autonomie technologique dans le domaine militaire. D’ici 2030, une plateforme européenne d’échange sécurisé de données militaires devrait voir le jour, sans recours aux infrastructures américaines. Selon Euractiv, cette initiative marque une rupture stratégique face à une dépendance jugée de plus en plus préoccupante.

L’Union européenne s’apprête à franchir une étape dans sa nouvelle quête d’autonomie stratégique vis-à-vis de Washington. L’Agence de défense européenne (EDA) travaillerait à la création du « European Defence Artificial Intelligence Data Space », une plateforme numérique sécurisée permettant aux armées des États membres d’échanger des données militaires sensibles, sans passer par des technologies américaines. D’après les documents consultés par Euractiv, la mise en service complète de ce système est prévue pour 2030.

À ce jour, l’UE ne dispose d’aucune structure commune pour ce type d’échanges : chaque pays choisit ses prestataires technologiques en fonction de ses préférences nationales. Il en résulte un paysage fragmenté et peu sécurisé. Le projet vise à harmoniser ces pratiques en instaurant un cadre fédéré, fiable et interopérable entre les forces armées européennes.

Rompre avec la dépendance technologique transatlantique

Le plan européen repose sur deux piliers complémentaires. D’un côté, un espace de données militaires dédié au partage sécurisé d’informations ; de l’autre, un cloud souverain destiné à l’hébergement de ces données sensibles. Selon Euractiv, ces deux systèmes pourront fonctionner ensemble, en fonction des besoins des États membres.

L’initiative est motivée par une prise de conscience croissante à Bruxelles : la dépendance aux infrastructures numériques américaines représente une vulnérabilité stratégique. Le commissaire européen à la défense, Andrius Kubilius, a appelé les pays de l’UE à développer rapidement leurs propres capacités dans le domaine de l’intelligence artificielle militaire, en citant les avancées majeures de la Russie ou de la Chine comme exemples.

Pour concrétiser ce projet, l’EDA a confié les premières études à un consortium composé du Commissariat à l’énergie atomique (CEA), de Cloud Data Engine et de Sopra Steria. L’objectif est clair : intégrer cette nouvelle infrastructure dans les opérations courantes des armées européennes dès la période 2029–2030.

Un choix stratégique face aux ambiguïtés américaines

Au-delà des aspects techniques, cette démarche illustre une volonté politique plus large : celle de s’émanciper des injonctions contradictoires de Washington, devenues multiples depuis le retour de Donald Trump à la présidence américaine. Les États-Unis appellent leurs alliés européens à accroître leur autonomie dans le domaine militaire tout en continuant à promouvoir de manière hégémonique leurs propres systèmes d’armement. Une posture jugée incohérente par de nombreux acteurs de l’industrie de défense en Europe, privés de clients alors même qu’on leur demande de produire davantage.

Dans ce contexte, le développement d’une plateforme européenne, indépendante de toute influence américaine, prend désormais sens. Il s’inscrit dans la « Defence Industry Transformation Roadmap » de la Commission européenne, qui fait de l’intelligence artificielle un axe prioritaire d’investissement.

Ce chantier, bien qu’encore en phase d’étude, marque une évolution. Pour l’Union européenne, il ne s’agit plus seulement de mutualiser les efforts, mais bien de construire les bases d’une défense souveraine, capable de répondre à ses intérêts sans tutelle extérieure.

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