L’Iran et l’Arabie saoudite: les plus grands rivaux de la décennie ? Pourquoi ?

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L’Iran et l’Arabie saoudite sont de grands rivaux sur de nombreuses questions et depuis longtemps. La division entre chiites et sunnites, le conflit en Syrie, les relations avec l’Occident, la concurrence pétrolière, la liste est sans fin.

Les relations entre Téhéran et Riyad sont tendues depuis longtemps mais, de temps à autre, on assiste à un pic de tension supplémentaire. En fait, ces pays gardent non seulement leurs frontières fermées, mais construisent également des clôtures pour empêcher des terroristes ou des migrants illégaux de les franchir.

Le «mur» construit à la frontière entre l’Arabie saoudite et l’Irak, dont la longueur est de 900 kilomètres, est équipé de caméras infrarouges, de tours de surveillance et de détecteurs de mouvement souterrains qui sont capable de déclencher des alarmes silencieuses.

Mais d’où vient cette animosité ?

La division entre chiites et sunnites

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L’Iran est le principal pays chiite de la région. La séparation d’avec les sunnites, l’autre grand courant de l’islam remonte à la mort du prophète Mahomet, en 632. Pour les chiites, son successeur légitime est Ali, fils spirituel de Mahomet alors que pour les sunnites, il s’agit d’Abou Bakr, homme ordinaire et compagnon de Mahomet. C’est pour cette raison que chez les sunnites, un imam peut être nommé par d'autres hommes ou s'autoproclamer alors que chez les chiites, un imam est un descendant de la famille de Mahomet.

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Conflit en Syrie

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Officiellement, l'Iran n'envoie pas de soldats en Syrie, où les troupes restées fidèles au gouvernement de Bachar el-Assad luttent contre les terroristes de Daesh, qui sont également actifs sur le territoire irakien. En septembre 2015, la Russie, l’Iran, l’Irak et la Syrie ont créé un «centre d’information» conjoint, situé à Bagdad, pour combattre Daesh. 

S’agissant de l’Arabie saoudite, les autorités semblent plus se préoccuper de renverser le président Bachar el-Assad que de la menace terroriste dans la région. D’après certains services de renseignement, Riyad fournirait depuis 2013 des missiles à l’opposition soi-disant «modérée» syrienne pour qu’elle combatte les troupes gouvernementales.  

Pourtant, en décembre dernier, l’Arabie saoudite a organisé une alliance militaire islamique antiterroriste rassemblant 34 Etats du Proche et du Moyen-Orient, ainsi que de l'Afrique mais sans l’Iran. Le but de cette coalition est de «protéger les nations contre tous les groupes et organisations terroristes, quels que soient leur religion ou leur nom». Riyad a aussi souligné que Daesh ne serait pas la seule cible. 

En savoir plus : L’Arabie saoudite forme une coalition islamique de 34 Etats pour lutter contre les «terroristes»

Accusations de terrorisme

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Lors de la 29ème Conférence internationale de l’unité islamique qui s’est tenue à Téhéran le 28 décembre, le président iranien Hassan Rohani a accusé l’Arabie saoudite de semer et de cultiver la violence et la misère au Moyen-Orient car l’affaiblissement de la Syrie nuit aux intérêts de tous les pays de la région. De plus, le président iranien a indiqué que si l’argent dépensé pour acheter des bombes et des missiles aux Etats-Unis avait été «distribué aux musulmans pauvres», il n’y aurait pas «de gens qui vont se coucher affamés».

L’Arabie saoudite accuse, à son tour, l’Iran de terrorisme.

«Le régime iranien est le dernier régime au monde à pouvoir en accuser d'autres de soutenir le terrorisme, dans la mesure où l'Iran soutient lui-même le terrorisme et qu’il a été condamné par les Nations unies et de nombreux pays», a déclaré le ministère saoudien des Affaires étrangères dans un communiqué diffusé par l’agence de presse officielle SPA.

«Le régime iranien est sans vergogne quand il fulmine au sujet des droits de l'homme, alors même qu'il a exécuté des centaines d'Iraniens l'an dernier sans cadre légal clair», ajouté le communiqué. 

Les relations avec l’Occident

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Tandis que l’Arabie saoudite est un allié traditionnel des Etats-Unis et d’autres pays occidentaux, l’Iran ne se laisse pas impressionner. Même si l’Iran et le groupe des 5+1 ont signé l’accord de Vienne [qui entérine un accord entre Téhéran et les grandes puissances sur son programme nucléaire], Washington voudrait à nouveau imposer des sanctions contre Téhéran.

«L’Iran a démantelé des milliers des centrifugeuses pour démontrer son droit à enrichir de l’uranium. De nouvelles sanctions sont une gifle pour notre pays», a écrit le secrétaire du Conseil de discernement de l'intérêt supérieur du régime iranien, Mohsen Rezaï, dans une lettre ouverte au président Hassan Rohani.

La concurrence pétrolière

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Le 28 décembre, l’Arabie Saoudite a adopté son budget 2016, prévoyant un déficit de 87 milliards de dollars en raison de l’effondrement des prix du pétrole. La production et l’exportation de pétrole constituent les trois quarts de ses recettes budgétaires.

Mais si l’Arabie saoudite a été le leader absolu dans la production de pétrole et sur les marchés pétroliers, Riyad doit maintenant faire face à l’Iran même si, d’après les estimations des experts, Téhéran a besoin d’un baril à 130 dollars pour que budget soit à l’équilibre, des prix surréalistes compte tenu de l’environnement économique actuel : en moins de deux ans, le baril est passé de 100 dollars à un peu moins de 37.

Lire aussi : Après 40 ans de restriction, les États-Unis vont exporter du pétrole sans limite

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