L’ONU : la France, les Etats-Unis et l’Arabie saoudite s’expriment sur l’antisémitisme

L’écrivain et philosophe français Bernard-Henri Lévy. (REUTERS/Brendan McDermid) Source: Reuters
L’écrivain et philosophe français Bernard-Henri Lévy. (REUTERS/Brendan McDermid)

L’ONU a organisé une réunion spéciale consacrée à l’antisémitisme dans un contexte qui semble indiquer une montée mondiale de la violence contre les juifs. L’ambassadeur saoudien qui a comparé les crimes antisémites avec l’islamophobie.

L’écrivain et philosophe français Bernard-Henri Lévy n’a pas manqué à l’appel: « blâmer les juifs redevient un cri de ralliement d’un nouvel ordre d’assassins ». Il a dénoncé ce qu’il a appellé « l’inhumanité radicale » dont témoigneraient des crimes de haine en augmentation à l’encontre des juifs.  

L’ambassadrice des États-Unis Samantha Power a également prononcé un discours pendant la conférence exhortant les différentes délégations à prendre des mesures énergiques pour lutter contre ce « problème mondial ».

L’antisémitisme, si on en croit la représentante américaine, est un motif d’inquiétude croissant aux États-Unis. Un rapport de FBI cité dans son discours révèle que près des deux tiers des crimes motivés par la religion en 2012 avaient été commis contre les juifs.

« Lorsque les droits humains des Juifs sont piétinés, les droits d’autres groupes ethniques et religieux ne sont souvent pas loin derrière », a-t-elle averti.

L’Ambassadeur de l’Arabie saoudite Abdallah Al-Moualimi s’exprimait au nom de l’Organisation de la Coopération Islamique qui rassemble 57 pays. Il a souligné que les pays islamiques condamnent tous les actes qui se rapportent « à la haine, à l’antisémitisme et à l’islamophobie »

L’ambassadeur a souligné qu’il existait beaucoup de similitudes entre les crimes antisémites et l’islamophobie. «Nous avons observé avec une préoccupation croissante l'augmentation des crimes de haine dans le monde entier, et nous sommes très inquiets parce que certains rejettent arbitrairement leurs responsabilités à cet égard. L’antisémitisme, l’islamophobie et tous les crimes basés sur la haine religieuse sont indissolublement liés, ils sont vraiment inséparables ».

Abdallah Al-Moualimi a souligné un lien étroit entre « l’augmentation des crimes de haine, de l’extrémisme, de la violence et de l’antisémitisme » et la colonisation des territoires palestiniens occupés par Israël, les crises politiques, la récession économique et les choix politiques dont seuls les puissants profitent. L’ambassadeur a conclu que le dialogue est le moyen le plus efficace pour résoudre ces problèmes.

Bernard-Henri Lévy a exhorté les membres de l’ONU à rechercher des nouveaux moyens de lutte contre les « antisémites », à savoir ceux qui appellent Israël « l’Etat illégitime » et qui nie l’Holocauste: « c’est à vous, qui êtes les visages du monde, d’être les architectes d’une maison où la mère de toutes les haines verrait sa place amenuisée. Puissiez-vous, dans un an, et l’année suivante, et toutes les autres encore, vous retrouver pour constater que votre mobilisation d’aujourd’hui n’est pas vaine »

La conférence s’est tenu dans un cadre informel avec la participation de 193 Etats membres.

Le porte-parole de l'Assemblée générale de l’ONU John Victor Nkolo a par ailleurs confirmé que l’antisémitisme était pour la première fois l’objet de toute une réunion, malgré le fait que ce sujet avait été déjà débattu pendant d’autres sessions de l’Organisation. La session a été sollicitée par 37 Etats membres dans une lettre adressée le 1 octobre à Sam Kutesa, président de l’assemblée générale. Les nations ont demandé une réponse rapide à « la flambée alarmante de l’antisémitisme dans le monde ».

Cette rencontre, notamment, fait suite aux attentats meurtriers contre Charlie Hebdo et à la prise d’otages dans une épicerie casher à Paris. L’agresseur Amedy Coulibaly, apparemment lié par un serment d’allégeance à l’Etat islamique et motivé par une intention de « venger des attaques contre les musulmans au Moyen-Orient », a tué 4 juifs français dans l’épicerie avant de tomber sous les balles de la police.

(REUTERS/Eduardo Munoz) Source: Reuters
(REUTERS/Eduardo Munoz)

Plusieurs crimes antisémites ont été signalés cet été après qu’Israël a pris d’assault pendant 50 jours la bande de Gaza. Cette brève opération a emporté les vies de plus de 2 000 personnes, principalement des Palestiniens, et a suscité de fortes critiques sur la scène internationale.

En savoir plus : La CPI ouvre une enquête pour crimes de guerre dans les territoires palestiniens

En Europe, les assault antisémites vont des appels à la violence aux attaques à la bombes contre des synagogues en passant par des agressions physiques. Selon des rapports parus dans les médias, la population juive en Allemagne a même fait garder ses lieux saints par des gardes armés à la veille des célébrations de Yom Kippour l’automne dernier.

D’autres attaques meurtrières incluent la tuerie du Musée juif de Bruxelles où trois personnes ont péri et l’assault sur une école juive dans le sud-ouest de la France dans lequel un professeur et trois élèves ont été abattus.

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