Des eurodéputés dénoncent le financement d’ONG qu'ils jugent complices des passeurs de migrants

Des eurodéputés dénoncent le financement d’ONG qu'ils jugent complices des passeurs de migrants© Emilio Morenatti Source: AP
Des membres de l'ONG espagnole Open Arms viennent en aide à des migrants traversant la Méditerranée, en 2017 (image d'illustration).
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Lors d'un débat consacré à la politique migratoire de l'UE, plusieurs élus de droite ont mis en cause les subventions accordées à des ONG qui viennent en aide aux migrants. Ils les accusent de marcher main dans la main avec les passeurs.

Après le feuilleton de l'accueil de l'Ocean Viking à Toulon qui a suscité la polémique en France et des tensions diplomatiques entre Paris et Rome, le sujet de la politique migratoire du continent s'est invité au Parlement européen, le 23 novembre. Une série d'eurodéputés issus de formations de la droite ont de facto fustigé le financement accordé par l'Union européenne aux ONG qui viennent en aide aux migrants, les accusant d'être complices de passeurs qui monnayent chèrement le trajet vers l'Europe.

Evoquant la forte hausse d'entrées illégales sur le territoire de l'UE par rapport à 2021, le président de la délégation du Rassemblement national (RN) Jean-Paul Garraud a pointé des ONG qui selon son estimation, «organisent ce trafic en armant des bateaux-taxi de clandestins directement depuis les côtes nord-africaines». Celles-ci sont «parfois subventionnées par la Commission européenne», par «certains Etats», ou encore par «des collectivités territoriales comme la ville de Paris », a-t-il assuré.

Il a dénoncé la volonté affichée par la Commission européenne d'accentuer la coopération avec lesdites ONG, en référence au plan présentée par celle-ci, le 21 novembre, pour améliorer la coopération sur les secours en mer entre Etats membres, ainsi qu'avec les ONG opérant les navires humanitaires. Jean-Paul Garraud s'est prononcé en faveur de la suppression de «toute subvention» à ces associations, et a proposé de «reconduire les migrants chez eux» au lieu de les accueillir et de les répartir au sein de l'UE.

«L’Europe ne peut se laisser dicter sa politique migratoire depuis la mer par des trafiquants d’êtres humains, qu’ils portent le nom d’ONG ou de mafias de passeurs», a déclaré pour sa part le président du RN, Jordan Bardella. «Sans reprise en main de nos frontières, la ruée vers l’Europe nous attend [...] et la Porte de la Chapelle pourrait être notre futur», a-t-il alerté.

L'accueil de l'Ocean Viking est «la publicité dont rêvaient les réseaux de passeurs», dénonce la droite

L'eurodéputé Reconquête Nicolas Bay s'en est quant à lui pris au président français Emmanuel Macron : «En accueillant les migrants de l’Ocean Viking, Macron n’a pas trahi seulement la France, il a aussi trahi toute l’Europe. Il est devenu le relai des ONG, elles-mêmes le relai, parfois les complices, des trafiquants d’êtres humains», a-t-il accusé. Il a préconisé d'imiter «la méthode australienne» et de faire pression sur les pays de départ, tout en luttant fermement contre les ONG concernées.

«Financer sa propre submersion est une première dans l’histoire des civilisations», a abondé Jérôme Rivière, également pour Reconquête, s'en prenant aux propos du chef de la diplomatie européenne Josep Borell, pour qui l'immigration représenterait une solution à l’«hiver démographique de l’Europe».

Pour les Républicains enfin, François-Xavier Bellamy s'est insurgé contre «l'impuissance collective» de l'UE et «la complicité de certaines ONG, dont il est avéré qu'elles sont en contact étroit avec ces filières de traite d'êtres humains». D'après lui, l'accueil de l'Ocean Viking ne représente pas moins que «la publicité dont rêvaient les réseaux de passeurs».

D'autres représentants de la droite européenne se sont exprimés, dont Jorge Buxadé pour le parti espagnol Vox, qui a réclamé la fermeture des frontières afin de protéger les citoyens européens. «Alors que chaque jour nous entendons parler d'une nouvelle agression, d'un viol, d'une fusillade ou d'un meurtre des mains d'immigrants illégaux, vous regardez ailleurs», a-t-il lancé devant le Parlement.

Pour les Démocrates de Suède, Charlie Weimers a affirmé que la politique actuelle de l'UE n'était pas conçu «pour faire face à la pression migratoire massive» qui pourrait se produire dans les années à venir. Prônant «des mesures strictes [...] pour dissuader et arrêter la migration illégale», dont la construction de barrières aux frontières, il a cité le Danemark comme possible source d'inspiration.

Les ministres de l'Intérieur de l'UE réunis à Bruxelles

Les ministres européens de l'Intérieur doivent discuter ce 25 novembre, à l'occasion d'une réunion extraordinaire demandée par Paris, de la réponse à apporter à la crise migratoire et des relations à entretenir avec les ONG. La France souhaiterait «mieux cadrer l'action des ONG» avec l'idée «de ne pas tout interdire ni de tout permettre», mais en levant «le flou sur les droits et obligations», selon une source au ministère de l'Intérieur citée par l'AFP. L'Italie ainsi que la Grèce, Malte et Chypre, pointent du doigt les organisations humanitaires dont les navires privés agissent en totale autonomie par rapport aux autorités d'Etat compétentes.

Au cours des dix premiers mois de l'année, 281 000 entrées irrégulières ont été détectées aux frontières extérieures de l’UE, en hausse de 77% par rapport à la même période de 2021, selon l’agence européenne des frontières Frontex, soit la plus forte augmentation enregistrée dans l’UE depuis 2016. «La Commission et les capitales ont notamment les yeux rivés sur la route des Balkans et sur celle de la Méditerranée centrale, avec des arrivées respectivement en hausse de 168% et de 59%», relève Le Figaro. Des négociations sur le renforcement de la présence de Frontex en Albanie, en Serbie, en Bosnie-Herzégovine et au Monténégro sont en cours.

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