Corse : le FLNC menace de reprendre la lutte en raison du «déni méprisant» de l'Etat français

Un communiqué du FLNC© Pascal POCHARD-CASABIANCA Source: AFP
Un communiqué du FLNC pris en photo à Ajaccio, le 2 juin 2012.
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Alors que Gérald Darmanin est en visite sur l'île, le Front de libération national de la Corse a affirmé que si la France «demeurait encore sourde» à ses aspirations, «les combats de la rue d'aujourd'hui seront ceux du maquis de la nuit de demain».

Ce 16 mars, le FLNC (Front de libération national de la Corse) menace, dans un communiqué transmis à Corse Matin, de reprendre la lutte en raison du «déni méprisant» de l'Etat français face aux aspirations du peuple corse, en expliquant que «chez [les Corses], la révolte provoque l'insurrection». Une menace qui survient alors que le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, vient d'entamer d'une visite de deux jours sur l'île secouée par deux semaines de tensions faisant suite à l'agression d'Yvan Colonna par un co-détenu.

Le mépris engendre la colère, et la colère entraîne la révolte. Et chez nous, la révolte provoque l'insurrection

«Si l'Etat français demeurait encore sourd, alors [...] rapidement les combats de la rue d'aujourd'hui seront ceux du maquis de la nuit de demain», avertit dans dans son communiqué le mouvement indépendantiste clandestin, qui prévient que «le mépris engendre la colère, et la colère entraîne la révolte. Et chez nous, la révolte provoque l'insurrection». 

Le FLNC rappelle le contexte électoral et les victoires nationalistes de 2015 puis 2017, sans toutefois évoquer les élections territoriales de 2021 et la victoire de Gilles Simeoni. Estimant que la réponse de l'Etat aux élections de 2015 et 2017 «fut l'ignorance [et] le mépris» et déplorant l'absence de «réaction de l'exécutif français [à] la monstrueuse tentative d'assassinat d'Yvan Colonna», le FLNC apporte son soutien «à la jeunesse corse en lutte».

Le FLNC avait officiellement déposé les armes en 2014, au terme de quatre décennies de lutte armée marquées par plus de 4 500 attentats revendiqués. Celui-ci a cependant revendiqué le 1er septembre dernier une tentative d'attentat à proximité d'Ajaccio, visant quatre bungalows appartenant à un «continental».

Gérald Darmanin en Corse après des propos controversés

Dans un entretien au quotidien corse le 15 mars, le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a affirmé que le gouvernement était «prêt à aller jusqu'à l'autonomie» de la Corse. Le ministre a toutefois soumis une discussion entre les élus corses et le gouvernement sur cette question au retour au calme. «Il ne peut pas y avoir de dialogue sincère en démocratie sous la pression des bombes agricoles et la présence, ou l'omniprésence, des forces de l'ordre», a-t-il insisté. Reconnaissant «une responsabilité de l'Etat» dans l'agression du militant nationaliste Yvan Colonna, le ministre s'est engagé à établir «la vérité» sur cette agression.

Une position qui a suscité l'ire de certains candidats à l'élection présidentielle. 

«Passer de l’assassinat d’un préfet à la promesse d’autonomie, peut-il exister un message plus catastrophique ?», s'est interrogée sur Twitter la candidate du Rassemblement national Marine Le Pen, avant d'affirmer «refuser que le clientélisme cynique d'Emmanuel Macron brise l'intégrité du territoire français». «Loin des marchandages indignes, je garantirai l’intégrité territoriale de la République et l’unité du pays», a-t-elle ensuite déclaré dans un autre Tweet.

Candidate de Les Républicains, Valérie Pécresse a critiqué un «président aux abois qui cède face à la violence». «Il faut ramener l'ordre sur l'île avant de négocier», a-t-elle estimé, tout en proposant «la décentralisation la plus puissante depuis la loi Defferre».

Candidat de Reconquête!, Eric Zemmour a publié un communiqué de presse dans lequel il affirme que l'autonomie proposée par Gérald Darmanin est «une basse manœuvre électoraliste au service de la candidature d'Emmanuel Macron», et qui «ne répond en rien aux enjeux cruciaux du moment».

Le candidat du Parti communiste Fabien Roussel s'est également prononcé contre l'autonomie de la Corse, car elle ne va pas selon lui «remplir le frigo des Corses».

A l'inverse, le candidat de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon a déclaré être pour que soit appliqué en Corse, «si elle le demande, l'article 74 de la Constitution qui est déjà le statut de la Polynésie française». La candidate du Parti socialiste Anne Hidalgo a de son côté souhaité que l'on aille «vers une autonomie qui soit législative».

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