«Prématuré de parler d'une candidature commune» : confusion après une réunion des leaders de gauche

«Prématuré de parler d'une candidature commune» : confusion après une réunion des leaders de gauche© Thomas SAMSON / POOL Source: AFP
Yannick Jadot (EELV) et Olivier Faure (PS) à Paris, le 17 avril 2021.

Le chef du PS Olivier Faure a assuré que les leaders de gauche ayant participé à une réunion le 17 avril s'étaient entendus sur le principe d'une candidature commune à l'élection présidentielle 2022. Ce n'est pas l'avis des autres figures présentes.

«Oui, pour les écologistes, les socialistes, les radicaux, Place publique, Nouvelle Donne et Génération.s, il y aura un candidat et un projet commun.» Olivier Faure a tenu des propos sans ambiguïté le 17 avril, sur Franceinfo, en sortant de la réunion qui a rassemblé la plupart des dirigeants des partis de gauche dans un hôtel parisien pour discuter d'un éventuel programme sous bannière unique lors de la prochaine élection présidentielle, en 2022.

Mais le premier secrétaire du Parti socialiste est peut-être allé un peu vite en besogne en assurant que le principe d'un candidat commun avait été acté durant les échanges. «C'est l'engagement que chacun a pris ce matin dans cette réunion», a-t-il pourtant certifié.

Un peu plus tard dans la journée, le 17 avril, son homologue d'EELV Julien Bayou a néanmoins tempéré «l'enthousiasme d'Olivier Faure», dont il s'est félicité tout en expliquant qu'il était «prématuré de parler d'une candidature commune». «Ce n'est pas ce qui a été discuté», a-t-il ajouté. Le secrétaire national des écologistes continue en effet de renvoyer à la primaire de son parti en septembre, «une étape indépassable pour proposer une large coalition». Il a convenu du fait que certes, «les organisations vont discuter d'ici la primaire» car «les convergences de fond aujourd'hui sont plus fortes qu'en 2017», avant de calmer le jeu auprès de l'AFP : «On a le temps, il y a les élections régionales et la crise sanitaire» d'abord.

A l'exception d'Olivier Faure, les parties prenantes de la réunion ont relativisé la possibilité d'une union à gauche, tout en soulignant des avancées. L'EELV Yannick Jadot, qui affirme régulièrement se «préparer» à être candidat à l'Elysée, a retenu la «perspective de construire une candidature commune», ajoutant immédiatement que seuls «certains» partageaient cet objectif.

Les Insoumis et le Parti communiste ont déjà leur candidat

Anne Hidalgo, la maire PS de Paris qui a amorcé une forme de pré-campagne en France ces dernières semaines, s'est également félicitée du dialogue : «L'idée est de poser les bases d'un travail avec plusieurs rendez-vous, notamment à l'automne qui doit proposer aux Français une coalition, et pourquoi par une candidature commune».

Discours similaire de la part de Benoît Hamon, le candidat socialiste malheureux de 2017, désormais figure principale de Génération.s, selon qui «ce n'était pas possible évidemment de se mettre d'accord sur tout dès cette réunion», mais qui appelle à «organiser les convergences d'idées et les égos suivront».

Si certains aujourd'hui pensent que tout est réglé pour une candidature et un programme commun, ça les regarde, mais ce n'est pas ce qui ressort

Le problème pour les socialistes comme pour les écologistes, c'est qu'au-delà de l'hypothèse encore nébuleuse d'une candidature commune aux deux partis, d'autres à gauche se sont déjà lancés dans une course en solitaire, tuant dans l'oeuf la possibilité d'une réelle union de toute cette (large) famille politique. Le Parti communiste a en effet investi son secrétaire national Fabien Roussel pour représenter le mouvement en 2022, tandis que la France insoumise et son leader Jean-Luc Mélenchon n'ont pas attendu les éventuelles discussions pour annoncer que le député des Bouches-du-Rhône allait concourir une troisième fois à la présidence de la République, après 2012 et 2017.

Un député insoumis était néanmoins présent à la réunion du 17 avril, Eric Coquerel. L'élu de Seine-Saint-Denis a déclaré en sortant que «si certains aujourd'hui pensent que tout est réglé pour une candidature et un programme commun, ça les regarde, mais ce n'est pas ce qui ressort» des discussions. Pendant que se déroulait la réunion, LFI a publié un communiqué intitulé «la voie vers les jours heureux», appelant à soutenir la candidature de Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle. Manière de rappeler que l'union à gauche reste encore un vœu pieux.

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