«On peut demander à un Blanc de se taire» : les propos d'Audrey Pulvar suscitent la polémique

«On peut demander à un Blanc de se taire» : les propos d'Audrey Pulvar suscitent la polémique© JOEL SAGET Source: AFP
Audrey Pulvar faisant campagne lors des municipales à Paris pour Anne Hidalgo en février 2020 (image d'illustration).
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Si elle s'est prononcée contre l'interdiction aux Blancs de participer aux réunions «en non-mixité raciale», la candidate socialiste pour les régionales a estimé acceptable de leur demander de «se taire». Des propos qui ont vivement fait réagir.

La dernière intervention sur BFM TV, le 27 mars 2021, d'Audrey Pulvar lui collera-t-elle à la peau durant toute la campagne pour les régionales en Ile-de-France, où elle se présente comme tête de liste socialiste ? Invitée à réagir sur les réunions non-mixtes excluant les Blancs – dont l'Unef a notamment confirmé l'existence –, Audrey Pulvar a d'abord expliqué que ce n'était pas possible, affirmant préférer les réunions «réservées à, plutôt qu'interdites à». 

On peut lui demander de se taire

Mais la candidate socialiste a ensuite livré le fond de sa pensée en des termes on ne peut plus clairs : «Les groupes de travail consacrés aux discriminations dont font l'objet les personnes noires ou métisses […] s'il se trouve que vient à cet atelier une femme ou un homme blanc, il n'est pas question de le jeter dehors. En revanche, on peut lui demander de se taire, d'être spectatrice ou spectateur silencieux.»

Cette séquence a fait bondir la classe politique, à commencer par l'équipe de Valérie Pécresse (parti Soyons libres), actuelle présidente de la Région Ile-de-France et postulant à sa réélection. Par exemple, pour le conseiller régional et premier vice-président de la Région, Othman Nasrou, Audrey Pulvar «ne fait même plus semblant d’adhérer à l’universalisme républicain». «Imagine-t-on un instant le propos inverse ?», questionne-t-il.

Valérie Pécresse y est également allée de son tweet. Sans cibler directement Audrey Pulvar, son message ne fait pas de doute sur l'accusation : «Je crois à l’indivisibilité de la République et à l’unité de la nation. Dans ma région, aucun habitant ne doit être discriminé pour la couleur de sa peau. Il n'y a pas de racisme "acceptable" ! Je serai toujours un rempart face à ceux qui tentent de fracturer notre pays.»

Le parti de droite Les Républicains a massivement critiqué l'ancienne journaliste. L'eurodéputé Geoffroy Didier estime pour sa part qu'il s'agit là d'une «phrase choc et honteuse d’Audrey Pulvar». «Elle doit s’excuser auprès de la République», ajoute-t-il.

Au Rassemblement national (RN), la présidente du parti Marine Le Pen a demandé que le parquet engage «des poursuites pour provocation à la discrimination raciale contre Madame Pulvar». «Il faut mettre fin à cette escalade raciste de la part d’une partie de l’extrême gauche qui s’affranchit de toutes les règles légales, morales et républicaines», argumente la députée RN.

L'adjointe à la mairie d'Evry-Courcouronnes, Najwa El Haïté du parti Territoire de progrès (centre-gauche, Macron-compatible), estime quant à elle qu'«au-delà de relever du pénal, les propos d'Audrey Pulvar⁩ sont tout simplement abjects».

Pour le député de La République en marche Sylvain Maillard, les propos d'Audrey Pulvar «ne sont pas et ne seront jamais acceptables dans notre République». «Ils ne sont pas dignes d'une candidate à la présidence de notre Région», poursuit-il.

Pour l'ancienne élue de Paris et secrétaire nationale du Mouvement radical (centre-droit) Catherine Michaud, «les propos d’Audrey Pulvar sur BFM TV sont particulièrement sectaires et me choquent. Ce n’est pas ma vision de la République et de la fraternité françaises».

Des éditorialistes ou philosophes ont aussi dénoncé la position d'Audrey Pulvar. Ex-chevènementiste, l'éditorialiste Guillaume Bigot observe que «l'islamo-gauchisme et la racialisation des débats sont les deux virus qui contaminent la pseudo gauche».

L'intellectuel Raphaël Enthoven se pose la question de savoir «combien de points Audrey Pulvar a-t-elle fait gagner au RN ce soir avec ses sottises». «Battre l'extrême-droite malgré les pleutres qui, à gauche, pensent qu'en certains lieux "les blancs doivent se taire"… On aura du mérite», complète-t-il.

Soutiens à gauche

Audrey Pulvar a toutefois reçu des soutiens comme celui de l'eurodéputé EELV David Cormand, qui considère qu'«au nom de la République, certains font passer les militants [de l'] anti-racisme pour des racistes et les luttes d’émancipation pour du repli identitaire. Cette grande confusion qui confond universalisme et uniformité pourrit le débat démocratique». «Tout mon soutien à Audrey Pulvar», conclut-il.

L'ancienne animatrice a aussi été soutenue par le leader de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, alors que celui-ci lance depuis plusieurs jours des salves d'attaques contre les socialistes pour leurs positions contre l'Unef et les réunions non-mixtes. Les propos d'Audrey Pulvar ont dû rassurer Jean-Luc Mélenchon, puisque celui-ci soutient que «ceux qui se jettent sur elle […] n'arrivent pas à cacher leur pente sexiste et discriminante». «Le PS va-t-il défendre sa candidate en Ile-de-France ?», demande-t-il.

Jean-Luc Mélenchon a peut-être été écouté par le PS, Audrey Pulvar ayant en effet reçu quelques soutiens socialistes comme celui de sa porte-parole Gabrielle Siry-Houari. Celle-ci note qu'il n'y a eu «aucun appel à la discrimination de la part d’Audrey Pulvar». Pour la socialiste, Audrey Pulvar «dit clairement qu’il n’est pas question d’interdire l’entrée à des réunions en fonction de la couleur de peau».

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