«Chasse aux sorcières» : le projet d'enquête sur «l'islamo-gauchisme» à l'université critiqué

«Chasse aux sorcières» : le projet d'enquête sur «l'islamo-gauchisme» à l'université critiqué© Charles PLATIAU Source: Reuters
Le logo du CNRS à Meudon, le 31 août 2020 (image d'illustration)
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La volonté de la ministre l'Enseignement supérieur de demander au CNRS une enquête sur le «l'islamo-gauchisme» dans les universités a suscité de vives critiques dans le milieu académique et chez des responsables politiques de gauche.

Le 14 février, la ministre de l'Enseignement supérieur Frédérique Vidal avait annoncé qu'elle souhaitait «demander notamment au CNRS (le Centre national de la recherche scientifique) de faire une enquête» sur l'islamo-gauchisme dans les universités françaises, en expliquant «que l'islamo-gauchisme gangrèn[ait] la société dans son ensemble et que l'université n'[était] pas imperméable». «Ce que l'on observe dans les universités, c'est qu'il y a des gens qui peuvent utiliser leurs titres et l'aura qu'ils ont, ils sont minoritaires et certains le font pour porter des idées radicales ou des idées militantes», avait-elle développé. Des propos qui ont entraîné des critiques dans le monde académique et de la part de responsables politiques de gauche, mais aussi des réactions de soutien à droite.  

Dans un communiqué publié le 16 février 2021, la Conférence des présidents d’universités (CPU) – qui rassemble les dirigeants exécutifs des universités et établissements d’enseignement supérieur français – a fait part de sa «stupeur» quant aux récentes déclarations de la ministre.

"L’islamogauchisme", slogan politique utilisé dans le débat public, ne correspond à aucune réalité scientifique

Le lendemain, c'était au tour du CNRS d'émettre un communiqué dans lequel il a pris position sur le sujet en affirmant que le terme «d'islamo-gauchisme» a des «contours mal définis» et constitue «un slogan politique» qui «ne correspond à aucune réalité scientifique». Le CNRS a également déclaré condamner avec fermeté «celles et ceux qui tentent d’en profiter pour remettre en cause la liberté académique», ainsi que «les tentatives de délégitimation de différents champs de la recherche, comme les études postcoloniales, les études intersectionnelles ou les travaux sur le terme de "race"».

Selon les informations de France Culture, Emmanuel Macron aurait «recadré» Frédérique Vidal lors du Conseil des ministres de ce 17 février, ce qui devrait aboutir à un abandon de l'enquête.

Le député des Bouches-du-Rhône et président du groupe la France insoumise (LFI) à l'Assemblée nationale Jean-Luc Mélenchon a affirmé qu'un «seuil a[vait] été franchi dans le maccarthysme par Madame Vidal», en référence à la politique anti-communiste menée aux Etats-Unis dans les années 1950. «On ne peut pas accepter de transformer le CNRS en police politique de l’université», s'est indigné l'ancien ministre délégué à l'Enseignement professionnel. 

Une réthorique également employée par son collègue député LFI de la Somme François Ruffin, qui évoque une «chasse aux sorcières chez les universitaires» servant à «masquer l'abandon des étudiants». «L’indécence a atteint sa limite [...] Il y a autant d’islamogauchistes à la fac que de place pour Vidal au gouvernement», a-t-il conclu, en demandant la démission de la ministre.

Le sénateur communiste des Hauts-de-Seine et chercheur de profession Pierre Ouzoulias s'est quant à lui dit «effondré» par une enquête «anticonstitutionnelle». «C'est triste pour la science française qu'une ministre reprenne et valide les thèses de l'extrême-droite», a-t-il déploré sur Public Sénat, en s'émouvant d'une «banalisation des concepts fascistes».

A droite, le député Les Républicains du Vaucluse Julien Aubert a quant à lui regretté le désaveu d'Emmanuel Macron, qui survient alors que «l’encre de la loi séparatisme [est] à peine sèche». «Quel abandon, quelle lâcheté collective !», s'est-il exclamé. 

Le président des Patriotes a lui aussi défendu une ministre selon lui «très attaquée alors qu’elle pose un vrai sujet». «Oui l’enseignement supérieur français et la recherche sont contaminés par les dangereuses bêtises américaines : indigénisme, avec sa version islamo-gauchiste, post-colonialisme, etc.», a estimé l'ancien député européen.

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