Darmanin propose une protection rapprochée au professeur de Trappes qui dénonce l'islamisme

Darmanin propose une protection rapprochée au professeur de Trappes qui dénonce l'islamisme© capture d'écran chaîne Youtube de France 3
Didier Lemaire sur plusieurs chaînes d'information.

Un professeur se disant menacé après avoir dénoncé l'islamisme au sein la ville de Trappes a reçu l'assurance d'une protection renforcée de la part du ministre de l'Intérieur. Mais ses propos sont contestés par le maire de la ville.

Le 11 février, le ministre de l'Intérieur a assuré le professeur Didier Lemaire, auteur d'une lettre ouverte contre l'islamisme, du plein soutien de ses services. Confirmant que l'enseignant «bénéficiait depuis plusieurs jours d’une protection des services de police des Yvelines», Gérald Darmanin a souligné : «Je lui ai proposé cet après midi de bénéficier également d’une protection rapprochée. L’Etat est au rendez-vous de sa protection.» L'intéressé a accepté la proposition, et précise, selon l'AFP qu'il va «quitter l’enseignement, mais pas forcément l’Education nationale».

Le nom de Didier Lemaire apparaît sur toutes les chaînes télévisées ces derniers jours, depuis qu'il affirme avoir reçu des menaces en raison de la publication, en novembre, de son texte, intitulé Lettre ouverte d'un prof de Trappes : Comment pallier l'absence de stratégie de l'Etat pour vaincre l'islamisme ?

Dans ce récit publié par L'Obs, l'enseignant rendait notamment hommage à Samuel Paty, et témoignait : «Professeur de philosophie à Trappes depuis vingt ans, j'ai été témoin de la progression d'une emprise communautaire toujours plus forte sur les consciences et sur les corps.»

Une enquête a été ouverte pour «menaces sur personne chargée de mission de service public» après que le parquet de Versailles, alerté «par un tiers» a eu connaissance d'«inquiétudes vis-à-vis du professeur à l'encontre duquel des menaces auraient été proférées».

Didier Lemaire reconnaît des «inexactitudes»

Depuis lors, l'enseignant n'a de cesse de dépeindre la ville de Trappes, à longueur de plateaux de télévision, comme un territoire perdu de la République et de la laïcité.

A titre d'exemple, invité de l'émission de Pascal Praud sur CNews le 8 février, le professeur expliquait qu'«il n'y a[vait] plus de lieux mixtes [...] Je vous mets au défi de trouver un coiffeur mixte à Trappes. Il n’y en a pas.» Une présentation qui n'a guère plu au maire (Génération.s) de Trappes Ali Rabeh, proche de Benoît Hamon. Dans une intervention dans l'émission de Jean-Marc Morandini le 9 février sur CNEWS, ce dernier lui a répliqué en se filmant en direct depuis un salon de coiffure mixte de la ville, situé non loin de l'établissement où enseigne Didier Lemaire.

Interrogé par Mediapart, Didier Lemaire répond en reconnaissant des «inexactitudes» et des «imprudences», estimant néanmoins : «L’inexactitude n’est pas forcément opposée à la vérité.» Et le professeur d'ajouter : «Depuis deux ans, à Trappes, il y a une ambiance de ségrégation hommes-femmes dans la ville». 

Le média d'investigation explique par ailleurs ne pas avoir trouvé trace d'une vague de réactions hostiles sur les réseaux sociaux à la lettre ouverte de Didier Lemaire. Ce dernier aurait par ailleurs confirmé à Mediapart ne pas avoir «reçu de "menace de mort"», assurant toutefois que son initiative avait «mis la ville en ébullition». Et Didier Lemaire d'argumenter :«A partir du moment où on dit d’un professeur qu’il est raciste et islamophobe, cela peut encourager un passage à l’acte, comme l’a montré l’histoire de Samuel Paty.»

«Je n’ai jamais entendu parler une seule fois de ce professeur ou de cet article [à cette époque]», répond pour sa part le maire Ali Rabeh, cité par Mediapart. Dans des propos rapportés par l'AFP, l'édile ajoute : «[Didier Lemaire] a librement parlé sans être inquiété par qui que ce soit mais j'ai demandé que ses inquiétudes soient prises au sérieux.»

Dans un contexte politique mouvementé à Trappes, Didier Lemaire accusait pour sa part dans Le Point le 5 février : «Le maire colporte dans la ville des accusations mensongères et haineuses qui me désignent en tant que cible potentielle.»

Cité par Mediapart, Ali Rabeh nie, et assure recevoir lui aussi «des centaines de messages, injures, menaces» et bénéficier, aujourd’hui, du «même type de protection que Didier Lemaire», à la demande du préfet, Jean-Jacques Brot. Le rectorat de Versailles a dénoncé également le 11 février la distribution de tracts par le maire et des élus de la ville autour et à l'intérieur du collège du professeur. Jean-Michel Blanquer «condamne fermement» cette action. 

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