Loi sur les «séparatismes» : la macronie se déchire sur la question du voilement des petites filles

Loi sur les «séparatismes» : la macronie se déchire sur la question du voilement des petites filles© CHARLES PLATIAU Source: Reuters
Aurore Bergé à l'Assemblée nationale le 23 octobre 2018
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Le patron de La République en marche Stanislas Guerini et Jean Castex refusent un amendement au projet de de loi sur les «séparatismes» visant à interdire le port du voile aux jeunes filles. Une idée pourtant défendue par la députée Aurore Bergé.

La République en marche est une nouvelle fois divisée sur la question du voile, alors que le gouvernement a récemment rendu public son projet de loi controversé sur les «séparatismes», visant notamment à lutter contre «l'islamisme radical».

Le texte arrivera à discussion en commission à l'Assemblée nationale en janvier 2021 et les débats s'annoncent d'ores et déjà houleux, y compris au sein de la majorité. En effet, la présidente déléguée du groupe La République en marche (LREM) à l'Assemblée, Aurore Bergé, a confirmé le 9 décembre sur BFM TV travailler avec d'autres parlementaires, comme Jean-Baptiste Moreau, à un amendement pour interdire le port du voile pour les jeunes filles. Elle a particulièrement ciblé les parents qui obligeaient leurs enfants, âgées de deux à trois ans, à être «couvertes entièrement».

La ministre déléguée auprès du ministre de l'Intérieur, chargée de la Citoyenneté, Marlène Schiappa, a défendu la parlementaire le 11 décembre sur Sud Radio, disant soutenir l'amendement «philosophiquement». «Je suis favorable à ce qu’on interdise le voile pour les petites filles de 4 ans», a-t-elle ajouté. Elle tempère malgré tout sa solidarité : «Néanmoins, est-ce que [...] c'est par cette loi [qu'il faut interdire le voile des petites filles] ? Je ne sais pas. Et quel sera l'avis du gouvernement ? Je ne peux pas vous dire.» Le «en même temps» en somme.

Nul doute, cet amendement fait grincer des dents au sein des macronistes. Le «en même temps» de Marlène Schiappa se retrouve également dans les propos de Gérald Darmanin sur France info le 10 décembre. «[Aurore Bergé] n’a pas tort de poser la question comme elle la pose», soutient ainsi le ministre de l'Intérieur, tout en précisant, malgré tout, que le texte n'avait pas vocation à évoquer les «interdictions [de] vêtements ostensibles». 

Au demeurant, certains marcheurs mettent moins les formes pour exprimer leur opposition au futur amendement «Bergé». Le délégué général du parti, Stanislas Guerini, a par exemple avoué sans ambages sur Public Sénat le 10 décembre qu'il «voterait contre [l'amendement] s’il est présenté». «Je ne pense pas qu'il faille se perdre dans d'autres débats que ceux du texte de loi qui présente une ligne extrêmement équilibrée», se justifie le député de Paris.

La présidente de la commission des Lois à l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, a pour sa part estimé devant l'Association des journalistes parlementaires (AJP) que l'amendement Bergé pouvait davantage «exclure» qu'«inclure» les «compatriotes». «Nous avons atteint les bons équilibres il y a déjà bien longtemps sur le voile. Il n'est nul besoin de rouvrir le sujet à l'occasion de ce texte», a-t-elle argumenté.

Jean Castex s'oppose à l'amendement

Même tonalité du côté du chef du gouvernement Jean Castex qui, selon l'AFP, «ferme la porte» au rajout d'un tel amendement. Dans une interview pour Le Monde, le 9 décembre, le Premier ministre avait d'ailleurs prévenu qu'il ne «pensait pas que le débat sur le port du voile soit de nature à remplir les objectifs que [le gouvernement poursuivait]».

Le voile crispe manifestement la majorité. Le 17 septembre dernier, lorsque le syndicat étudiant de gauche Unef envoyait une représentante voilée en commission à l'Assemblée nationale, des marcheurs s'affrontaient publiquement et verbalement sur la question. Plusieurs députés avaient quitté la salle, dont l'élue LREM Anne-Christine Lang, afin de protester contre ce qui était vu comme le symbole d'une «provocation» communautariste. Plusieurs députés macronistes avaient alors dénoncé l'attitude de leur collègue, appelant à ne pas «hystériser les débats».

Bastien Gouly

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