Policier en feu ? Critiquée pour une photo trompeuse, l'AFP nie toute volonté de «manipulation»

Policier en feu ? Critiquée pour une photo trompeuse, l'AFP nie toute volonté de «manipulation»© Anne-Christine Poujoulat Source: AFP
Un projectile a brièvement pris feu devant un membre des forces de l'ordre, lors de la manifestation du 5 décembre 2020 à Paris.
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La diffusion par l'AFP d'une photo d'un policier semblant être en flammes lors de la manifestation contre la loi Sécurité globale – alors qu'il n'en est rien – a beaucoup fait réagir. L'agence s'est excusée d'avoir diffusé le cliché sans contexte.

Au-delà des images, leur réalité. Le 5 décembre, en pleine manifestation contre la loi Sécurité globale, une photographie est prise par une journaliste de l'AFP. Le jour même, l'agence de presse publie le cliché en question, qui montre un groupe de policiers réunis sur un trottoir, avec devant eux une boule de feu, dont la perspective donne l’impression que l’un des agents est en flammes. Sur Twitter, l’AFP légende uniquement «sérieux incidents lors de la manifestation contre la loi Sécurité globale», sans élément de contexte. La voie est alors ouverte aux interprétations, qui se multiplient d'ailleurs sur les réseaux sociaux.

Les images sont ainsi reprises par le syndicat des cadres de la sécurité intérieure (SCSI) dans un tweet accompagné du message : «Terribles photos de l'[AFP] et notamment celle d’un policier en feu, visé par ceux qui veulent détruire nos institutions». 

Le 6 décembre, la photographe Anne-Christine Poujoulat, auteur de la photo, précise pourtant dans une dépêche AFP : «[Le policier] n'est pas en feu, il a reçu un projectile qui s'est enflammé, dont il s'est protégé». «Cela a été extrêmement furtif. J'ai eu l'impression qu'il y avait quelque-chose qui arrivait des airs au niveau de leurs jambes, c'est pour cela que j'ai pris la photo. J'ai vu des flammes très furtivement, je ne pensais même pas les avoir à l'image», ajoute Anne-Christine Poujoulat.

Les vidéos de la scène confirment ses dires. Les flammes sont apparues l’espace d’une seconde tout près des forces de l’ordre, simultanément à un bruit d’explosion. Sans toucher ou enflammer personne.

La préfecture de police de Paris, contactée par France Télévisions, confirme par ailleurs que le policier n'a pas été touché par les flammes et n'a pas été blessé.

Face à la polémique naissante, l’AFP est revenue dans un tweet «sur le contexte de la prise de ce cliché et de sa diffusion», en citant les mots de la photographe.

Dans l’après-midi du 6 décembre, l'agence de presse a aussi publié une dépêche afin d’expliquer la publication du cliché, qui «peut donner l'impression que le policier est la proie de flammes». «On n'aurait pas dû diffuser sur Twitter cette photo sans sa légende, [sans] la contextualiser davantage», a reconnu le rédacteur en chef investigation numérique de l'AFP, Grégoire Lemarchand. Il a toutefois nié toute intention de «manipulation» bien que l’AFP n’ait pas précisé le contexte de la photo : «Quand on fait une erreur [factuelle], on fait une correction, mais là il n'y en avait pas.»

L'image était toujours en ligne le 6 décembre sur le compte Twitter de l’AFP. Ainsi que sur le site AFP Forum, où elle a été mise en avant par le label «topshots» (les clichés les plus réussis selon la rédaction).

Intervenant sur le sujet, le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin voit quant à lui dans ces «débats» une «tentative funeste de relativiser les attaques contre les policiers», qui révèle selon lui une «insupportable inversion des valeurs».

«Elle justifie d’autant plus le soutien à nos forces de l’ordre», conclut le ministre.

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