Julien Aubert : «Il est plus facile de plaider en faveur des éoliennes lorsqu'on vit dans Paris»

Julien Aubert : «Il est plus facile de plaider en faveur des éoliennes lorsqu'on vit dans Paris»© PASCAL ROSSIGNOL Source: Reuters
Un parc éolien à Morchies, dans le Pas-de-Calais (image d'illustration).
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Critique de l'éolien, le député LR Julien Aubert propose une loi «visant à raisonner» son développement. En commission pour la défendre, il a dénoncé les contradictions des macronistes sur le sujet alors même que cela impacte le budget de l'Etat.

Julien Aubert est l'un des rares députés à régulièrement afficher des critiques contre l'essor des éoliennes dans la province française. Auteur d'une proposition de loi «visant à raisonner le développement de l’éolien», l'élu Les Républicains (LR) a défendu le texte en commission à l'Assemblée nationale le 25 novembre. En début d'intervention, il a déploré que «l'Etat [mène] à marche forcée le développement de l'éolien», et réduise la capacité des élus locaux à «être associés aux projets, voire [à] les bloquer». Il constate de fait qu'il est «plus facile de plaider en faveur des éoliennes lorsqu'on vit dans Paris VIIe que dans la Somme, puisqu'on n'en installe pas sur le Champ-de-Mars».

L'élu du Vaucluse appuie également que le soutien de l'éolien «coûte très cher», citant un rapport de 2019 de la Commission de régulation de l'énergie (CRE) qui estime le coût entre 73 et 90 milliards d'euros d'ici 2028 «pour 15% de la production électrique». «En comparaison, le parc nucléaire, [...] c'est 80 milliards d'euros en 2019 [et produisant] cinq fois plus d'électricité», ajoute-t-il.

Le parlementaire, président du courant gaulliste Oser la France, insiste sur le fait que l'éolien s'est développé de manière anarchique sur le territoire français, «créant un effet de saturation important dans certaines zones», comme dans les Hauts-de-France. Il rappelle les propos d'Emmanuel Macron, le 14 janvier 2020 à Pau, qui affirmait que «la capacité à développer massivement l'éolien est réduite» et que «le consensus sur l'éolien était en train de nettement s'affaiblir» en France.

Prenant la parole à la suite de l'intervention de Julien Aubert, le député de La République en marche (LREM) Alain Perea a fustigé le texte, estimant que renoncer aux éoliennes, «c'est sacrifier les générations futures». Pour lui, celles-ci sont nécessaires pour lutter contre le «changement climatique», assumant les futurs projets terrestres et en mer prévus par le gouvernement, et parlant «d'une responsabilité collective». 

15 fois plus de béton, 90 fois plus d'aluminium et 50 fois plus de cuivre

Julien Aubert lui répond : «Vous avez un problème chez En Marche parce que quand on vous dépose une proposition de loi sur l'éolien [...] vous êtes d'accord avec le diagnostic mais vous ne voulez absolument rien changer.» Julien Aubert brandit alors un rapport rédigé par La République en marche où il serait écrit, selon lui, que «la transition énergétique et le développement des énergies renouvelables électriques ne sont pas réalisés dans le but de diminuer les effets des émissions de gaz à effets de serre». Et d'ajouter : «Si [les éoliennes] n'émettent pas de gaz à effets de serre lors de leur production d'électricité, elles n'en demeurent pas moins une source d'émissions au cours de leur cycle de vie [...] avec une moyenne de 12 à 15 grammes d'équivalent CO2 par kilowatt-heure.»

Il appuie en outre sur le fait que l'éolien et le photovoltaïque nécessitent, par rapport aux énergies fossiles, jusqu'à «15 fois plus de béton, 90 fois plus d'aluminium et 50 fois plus de cuivre». «Je veux bien accepter tous les arguments, mais l'argument comme quoi on fait des éoliennes pour lutter contre le réchauffement climatique, ôtez-vous le de la tête, cela n'est pas vrai», insiste-t-il, se fiant notamment au rapport de «la commission d'enquête bipartisan adopté par la majorité et par l'opposition».

Les discours remettant en cause l'éolien deviennent de plus en plus audibles depuis plusieurs années, notamment chez les citoyens, voisins d'éoliennes, qui protestent contre la dégradation du paysage et un ensemble de nuisances. Au sein même du gouvernement, le scepticisme grimpe au sujet de ces installations. L'ancien secrétaire d'Etat à l'Ecologie, devenu ministre chargé des Collectivités territoriales, Sébastien Lecornu, reconnaissait en janvier 2018 que près de 70% des projets éoliens ont fait l’objet d'un recours juridique.

Les critiques de cette énergie intermittente (qui ne produit qu'en cas de vent suffisant et si celui-ci n'est pas trop fort) se font également jour avec l'opposition qui en est régulièrement faite, par les écologistes, avec l'énergie pilotable du nucléaire. Ce dernier pouvant produire sur le papier de l'électricité quelles que soient les conditions climatiques. Le 19 novembre sur BFM TV, la ministre de la Transition écologique Barbara Pompili a ainsi prévenu que la France risquait des coupures d'électricité en hiver à cause de sa dépendance vis-à-vis du nucléaire. Pour elle, seul un mix énergétique réduisant la part de nucléaire pour faire émerger les énergies intermittentes peut surmonter cette difficulté : «Il ne faut pas dépendre d’une seule source d’énergie. C’est pour cela que nous baissons la part du nucléaire à 50% en 2035 et que nous développons massivement les énergies renouvelables.»

Ce qu'a réfuté pour RT France le militant de la plateforme Choisir le nucléaire, Jean-Pierre Lettron, qui explique l'erreur de la fermeture de la centrale de Fessenheim en juin 2020 : «La ministre peut raconter ce qu'elle veut, quand on retire, sans les remplacer, deux tranches de 900 mégawatts sur le réseau, la fermeture de Fessenheim aggrave considérablement le problème [...] Tous les pays ont besoin de moyens de production qu'ils puissent commander à la demande.»

Il argumente que «ces énergies renouvelables doivent compter pour zéro dans les puissances installées car on ne sait pas quand elles vont produire». Selon cet ancien cadre CGT d'EDF, «il faut toujours une puissance installée avec des énergies pilotables égale au maximum des besoins».

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