Poitiers : un dialogue difficile sur la laïcité entre une secrétaire d'Etat et des adolescents

Poitiers : un dialogue difficile sur la laïcité entre une secrétaire d'Etat et des adolescents© Ludovic Marin Source: AFP
La secrétaire d'Etat à la Jeunesse, Sarah El Haïry (Image d'illustration).

Port de signes religieux au lycée, l'hymne national qui fait un bide : la secrétaire d'Etat Sarah El Haïry a été confrontée à une vision de la laïcité d'une centaine de jeunes des quartiers populaires à Poitiers très différente de la sienne.

Invitée à écouter les conclusions de la dixième édition des rencontres nationales du Réseau jeunes des centres sociaux à Poitiers (Vienne), le 22 octobre, la secrétaire d'Etat chargée de la Jeunesse et de l'Engagement, Sarah El Haïry, a été chahutée durant les débats qui portaient sur le thème de la laïcité.

Réunissant 120 adolescents de 14 à 23 ans venus de toute la France et encadrés par des animateurs, ces rencontres nationales ont été abordées dans un contexte délicat : celui de l'assassinat du professeur Samuel Paty devant son collège des Yvelines.

Plusieurs propositions – retirées de la version finale du texte de conclusion proposé à la secrétaire d'Etat – ont ainsi surpris la représentante du gouvernement, telles que l'autorisation du port de signes religieux au lycée ou l'intégration au cursus de cours de religion, rapporte France 3 Nouvelle-Aquitaine.

«Porter des signes distinctifs religieux aux lycées»

«Je suis là pour vous écouter, accompagner toutes les jeunesses, pour dire comment on trouve sa place, son chemin, comment on donne les cartes pour construire son avenir», a défendu Sarah El Haïry aux adolescents dans des propos rapportés par La Nouvelle République. «[L'école] est un lieu vibrant de la construction libre, sanctuaire de la République», a-t-elle encore martelé.

Des propos loin de faire l'unanimité parmi les adolescents qui ont fait valoir qu'ils souhaitaient «affirmer [leurs] différences, porter des signes distinctifs religieux aux lycées, avoir des espaces pour [eux], ne plus vivre des discriminations», rapporte dans ses colonnes le quotidien régional . «J’étais en seconde, la seule noire dans ma classe. J’étais mise à l’écart, je faisais tous les travaux mais sans jamais de reconnaissance», a notamment raconté une des participante.

La déléguée auprès du ministre a écouté mais l'échange s'est rapidement mué en cours d'éducation civique et morale autour de la loi de 1905, une loi qui «sépare les églises et l’Etat». «La République protège ceux qui croient et ceux qui ne croient pas. [...] Cette loi permet le débat, la critique et à chacun de dire ce qu’il pense. Nous avons le droit d’être en désaccord profond dans notre pays», a rappelé la représentante de l'exécutif avant d'essayer de faire chanter une Marseillaise, finalement peu reprise par l'auditoire et les élus présents, selon le journaliste de La Nouvelle République.

Un hymne dépeint en «chant guerrier alors que les religions monothéistes prônent la paix», par des jeunes filles manifestement en désaccord avec l'initiative de la secrétaire d'Etat.

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