Soupçons d’escroqueries au bitcoin : le parquet de Paris demande un procès pour le Russe Vinnik

- Avec AFP

Soupçons d’escroqueries au bitcoin : le parquet de Paris demande un procès pour le Russe Vinnik© SAKIS MITROLIDIS Source: AFP
Alexander Vinnik, en octobre 2017 à Thessalonique (image d'illustration).

Le parquet de Paris a requis un procès en correctionnelle contre Alexander Vinnik, un Russe soupçonné d'extorsion et de blanchiment d'argent sur une plateforme d'échange de bitcoins. L'homme est aussi réclamé par les justices américaine et russe.

Le parquet de Paris a demandé un procès en correctionnelle pour Alexander Vinnik, un Russe soupçonné de vastes escroqueries au bitcoin.

Réclamé par les justices de la France, des Etats-Unis et de la Russie, cet homme âgé de 40 ans, arrêté en Grèce en 2017, a finalement été remis fin janvier aux autorités judiciaires françaises, qui enquêtaient sur lui depuis 2016, à l'issue d'une longue bataille procédurale.

Dans son réquisitoire définitif daté du 29 juin, le parquet a demandé qu'il soit jugé pour extorsion et tentative d'extorsion, blanchiment en bande organisée et association de malfaiteurs en vue de commettre un délit passible de 10 ans d'emprisonnement, selon des informations du ministère public citées par l'AFP. Le parquet veut aussi qu'il comparaisse pour s'être introduit frauduleusement dans des systèmes de traitement automatisé de données et y avoir entré ou modifié des données. Le parquet a requis son maintien en détention provisoire.

Alexander Vinnik, qui rejette les accusations portées contre lui, est notamment soupçonné par la justice française d'être derrière le rançongiciel Locky, dont ont été victimes plusieurs dizaines de particuliers, collectivités et entreprises entre 2016 et 2018. Ce logiciel malveillant, qui bloque et crypte les données et ne les débloque que contre paiement d'une rançon, aurait occasionné un préjudice estimé en 2018 à environ 135 millions d'euros.

Il revient désormais aux juges d'instruction de décider de le renvoyer ou non devant le tribunal.

En Etats-Unis, Alexander Vinnik est soupçonné d'être le cerveau de BTC-e, une des principales plateformes d'échange de bitcoins dans le monde jusqu'à sa fermeture. Une plateforme par laquelle «les cyber-criminels à travers le monde blanchissaient les produits de leur activité illicite», selon le procureur américain Brian Stretch.

Alexander Vinnik demandait en outre à être extradé vers la Russie, où il est poursuivi pour une escroquerie de 9 500 euros, sans commune mesure avec l'affaire BTC-e.

La commissaire russe aux droits de l'Homme aimerait «plus de pitié pour cet homme»

La possibilité d'extrader Alexandre Vinnik vers la Russie a été abordée, fin juin, par Tatiana Moskalkova, déléguée aux droits de l'Homme auprès du Kremlin. Lors d'une visioconférence avec Dunja Mijatovic, commissaire aux droits de l'Homme du Conseil de l'Europe, Tatiana Moskalkova a exprimé son inquiétude concernant les conditions de détention de Vinnik en France, et a demandé son homologue européen d'établir le dialogue avec les autorités françaises, au sujet de l'état de santé de l'accusé et de l’éventuelle possibilité de son retour en Russie. 

Tatiana Moskalkova a en outre fait valoir que la femme d'Alexandre Vinnik souffrait d'un cancer, qu'il avait deux jeunes enfants et «une mère âgée et malade». «N'est-il pas possible qu'il soit envoyé en détention en Russie ? Nous avons également une affaire pénale contre lui, mais la cryptomonnaie n'est quand même pas un meurtre, ni le terrorisme, ni l'extrémisme. On aimerait plus de pitié pour cet homme», a déclaré Moskalkova citée par l'agence TASS. 

De son côté, la défense de l’informaticien russe constate «une grande précipitation» et signale plusieurs irrégularités dans cette affaire. Son avocate, Ariane Zimra, citée par l'agence RIA Novosti, a dénoncé l'illégalité de son extradition vers la France en janvier 2019. Elle a également signalé qu'«une partie de la procédure judiciaire en France s'appu[yait] sur le procès aux Etats-Unis, qui n'est pas lié à l'affaire». 

Zoé Konstantopoulou, son avocate grecque, avait déjà commenté la détention de Vinnik en affirmant qu'il ne s'agissait «pas [d']une affaire criminelle [mais d']une persécution politique». Elle avait également affirmé que «ce qui est reproché à Alexandre est tellement vague, tellement imprécis et tellement distancé que personne ne peut lier Alexandre à des accusations concrètes.»

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