Photos de l'interpellation de Pavlensky : un baqueux soupçonné à tort ?

Photos de l'interpellation de Pavlensky : un baqueux soupçonné à tort ?© CHRISTOPHE ARCHAMBAULT Source: AFP
Brassard police arboré par un fonctionnaire qui manifeste avec le mouvement des Gyros bleus le 20 décembre 2018, place Georges Clemenceau à Paris (image d'illustration).

Lors de l'interpellation de Piotr Pavlensky en février, quelqu'un a renseigné un photographe qui travaillait, selon Le Point, pour Michèle Marchand, la papesse des magazines people. La BAC XVI est suspectée, mais la fuite pourrait venir d'ailleurs...

Selon le magazine Le Point, qui a révélé le 30 juin cette affaire impliquant des policiers et des journalistes, dans le lacis déjà bien complexe de l'affaire Griveaux, un ou plusieurs fonctionnaires affectés à une brigade anticriminalité auraient contribué à la publication d'un cliché immortalisant l'interpellation de l'artiste russe Piotr Pavlensky et de sa compagne, Alexandra de Taddeo, en couverture de Paris Match le 19 février : un fonctionnaire serait particulièrement soupçonné d'avoir fait fuiter l'information au journaliste photographe qui savait où et quand serait interpellé le couple qui aurait fait chuter Benjamin Griveaux, en pleine course municipale à Paris.

Le magazine people annonce d'ailleurs d'autres «photos exclusives» à l'intérieur et une vidéo de l'intervention de la BAC suivra également.

En l'espèce, ils sont neuf fonctionnaires de la BAC du XVIe arrondissement à être interrogés par l'Inspection générale de la police nationale (IGPN). L'IGPN mène les investigations depuis que le procureur de la République a décidé de lancer une enquête préliminaire à la fin du mois de mars pour «violation du secret professionnel, recel de violation du secret professionnel et diffusion non autorisée d'images d'une personne entravée»

Une affaire dans l'affaire... et peut-être quelques surprises

Mais l'affaire dans l'affaire recèle peut-être encore quelques surprises... Selon une source exclusive interrogée par RT France, la fuite viendrait de bien plus haut que les simples fonctionnaires de la BAC du XVIe arrondissement de Paris.

Retour sur la médiatisation de cette affaire : selon les informations du Point dans un article publié le 30 juin à 18h14, alors qu'un des fonctionnaires mis en cause se trouve encore dans les locaux de l'IGPN (et ce depuis le matin, jusqu'aux alentours de 22h, selon une source proche du dossier), l'intéressé serait soupçonné d'avoir transmis des informations à un journaliste photographe travaillant pour le compte de Michèle Marchand dite «Mimi», femme connue pour son influence dans le domaine de la presse des célébrités, et par ailleurs renommée pour sa proximité avec les époux Macron.

Ce cliché de l'interpellation, toujours selon Le Point, aurait été ensuite vendu par Mimi Marchand à Paris Match, une forme de «revanche», selon l'hebdomadaire, contre Piotr Pavlensky, ce dernier ayant revendiqué la publication des images pornographiques mettant en scène Benjamin Griveaux.

Un récit alternatif des faits...

Cette source proche du dossier, contactée par RT France, a donc livré en exclusivité une narration très différente de celle qui semble actuellement envisagée par les «bœuf-carottes», apparemment convaincus qu'un des policiers aurait directement transmis les informations nécessaires au cliché publié par Paris Match.

Mais selon notre source, le photographe en question disposait de toutes les informations requises pour réaliser son reportage avant même l'intervention de la BAC XVI le jour de l'interpellation de Piotr Pavlensky, et il aurait même disposé d'informations supplémentaires que les policiers en question ne détenaient pas.

«Pourquoi on enfonce le flicard ? Pour protéger qui ?», s'interroge dès lors l'une des sources contactées... Ces questions restent pour le moment en suspens.

Une pression très forte appliquée sur un des baqueux

Aussi, la pression exercée sur l'un des fonctionnaires de police mis en cause se ferait très forte, selon nos informations : les agents de l'IGPN sont ainsi venus pour le prendre en charge directement à son domicile le 30 juin. Ensuite, l'intéressé a passé une douzaine d'heures dans les locaux de l'Inspection, entendu sous le régime de la garde à vue, tandis que son domicile était perquisitionné, ainsi que ses effets personnels à son commissariat.

Et depuis cette journée éprouvante, selon une source contactée, «il fait l'objet de fortes pressions directement ordonnées par un échelon très élevé de la hiérarchie.»

Une des sources contactées ajoute que Le Point, lors de la première version de son article sur l'affaire, publiée avant même la fin des auditions de la journée, avait assuré que le policier était «passé aux aveux». Une affirmation fermement démentie par cette source proche du dossier... et qui a depuis disparu de l'article, corrigé en ligne le lendemain.

Après le mouvement d'humeur des policiers qui se sont rassemblés à la nuit tombée dans des lieux publics, gyrophares allumés tout au long du mois de juin, la stratégie ici employée par l'institution et plus particulièrement par l'IGPN vient rappeler que les fonctionnaires mis en cause dans des affaires de violences (l'affaire du Burger King), de racisme (à Rouen) voire de trafic de stupéfiants (à la CSI 93) sont implacablement poursuivis si l'administration s'en donne les moyens.

Antoine Boitel

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