«Retirer la clef d'étranglement, c'était une connerie»: les policiers veulent-ils vraiment le Taser?

«Retirer la clef d'étranglement, c'était une connerie»: les policiers veulent-ils vraiment le Taser?
enquête
Les policiers en colère jettent leur matériel d'intervention pour interpeller Beauvau après les annonces du ministre de tutelle (ici menottes et Taser), Ile-de-France, juin 2020, Charles Baudry RT France (image d'illustration).

Le Taser a très rapidement été suggéré comme substitut à la prise de cou déclarée indésirable par Castaner. Mais les policiers, fabricants et formateurs interrogés par RT France émettent des réserves importantes sur cette arme jugée dangereuse.

Après avoir annoncé l'abandon de la prise de cou pour les forces de l'ordre ainsi que la fin de son enseignement dans les centres de formation lors d'une conférence de presse le 8 juin, le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, a ensuite fait face à une colère policière conséquente et longtemps contenue, comme l'ont rappelé les responsables syndicaux lors de récents rassemblements.

Très rapidement, le syndicat majoritaire du secteur, Alliance, a produit un tract dans lequel il demandait une généralisation du pistolet à impulsion électrique (PIE) en remplacement de la technique d'intervention controversée, mais courante pour les policiers nationaux lorsqu'ils doivent faire face à des individus récalcitrants.

La demande du partenaire social qui fait figure de poids lourd à Beauvau était-elle finement ciselée pour porter au niveau du ministère ? Toujours est-il que le Taser, ainsi qu'on l'appelle (en réalité une marque de PIE du groupe Axon), s'est rapidement imposé comme l'alternative à la prise de cou arrière, également nommée clef d'étranglement par le ministre de tutelle.

Le journal Le Parisien l'affirmait sans ambages dès le lendemain des déclarations du ministre, avec des sources visiblement si solides que le conditionnel n'était pas nécessaire : «Le ministère de l’Intérieur va généraliser l’usage du pistolet à impulsion électrique pour compenser la suppression de la clé d’étranglement.»

Le secrétaire général du syndicat de police Alternative, Denis Jacob, confiait lui à RT France le 9 juin : «Alliance demande le Taser, mais c'est pour plaire aux adhérents et cela peut en faire taire certains...»

Des armes impressionnantes pour dissuader : les années Sarko

S'il s'agit d'un armement de force intermédiaire qui s'est quelque peu fait oublier ces dernières années par rapport à l'usage du lanceur de balles de défense ou des grenades – armes plutôt utilisées en opération de maintien de l'ordre (notamment au cours des manifestations des Gilets jaunes) – le Taser d'Axon est toujours théoriquement en dotation, mais il a progressivement acquis une mauvaise presse au fil des années... tant et si bien que beaucoup de policiers eux-mêmes ne recherchaient plus particulièrement à se faire habiliter pour en porter, selon les témoignages collectés par RT France.

Couleur distinctive jaune, bruit impressionnant, le Taser d'Axon est censé produire un choc visuel et sonore similaire à celui du premier FlashBall de Verney-Carron dont les forces de l'ordre ont été dotées au cours des années Sarkozy (en tant que ministre de l'Intérieur, puis président de la République). Mais tout comme cette arme, le PIE d'Axon a progressivement été remisé au placard chez les policiers nationaux et ses dernières évolutions semblent plus destinées aux polices municipales.

Cette vidéo tournée sur le salon Milipol, destiné aux professionnels de la sécurité, montre une démonstration du produit... à écouter avec le son pour bien comprendre l'effet du PIE : 

Le fameux Taser serait donc considéré comme un substitut à la prise de cou, sur laquelle la direction générale de police nationale a dû revenir au cours de la semaine après la déclaration du ministre... La technique de l'étranglement sera ainsi autorisée avec «discernement» jusqu'à son remplacement, probablement à l'automne, selon une source syndicale.

Si la généralisation du Taser doit revenir sur le devant de la scène, il convient cependant de s'interroger sur les effets d'un tel choix, pour la population, aussi bien que pour les fonctionnaires opérateurs du PIE.

L'économiste spécialiste des armes de force intermédiaire (AFI) Paul Rocher a écrit une tribune pour le quotidien Libération dans laquelle il rappelle qu'aux Etats-Unis, «malgré l’opacité que l’Etat organise à propos du nombre de décès impliquant le PIE, l’agence Reuters a réussi à compiler 1 005 cas entre 1983 et 2017.»

Toutes les armes peuvent tuer

C'est le versant parfois oublié du PIE : toutes les armes peuvent tuer, «même un bâton souple de défense, si on tape fort au mauvais endroit», ainsi que l'a souligné un fabricant de solutions de défense basé dans le centre de la France, interrogé par RT France.

Ainsi, plusieurs décès ont été constatés après l'utilisation du PIE, qui peut s'avérer mortelle pour une personne qui souffre de défaillance cardiaque par exemple.

Le fabricant contacté par RT France, qui a préféré conserver l'anonymat, souligne encore : «Aujourd'hui, pour les PIE existants, on est entre 50 000 et 75 000 volts au moment d'appuyer sur la queue de détente. C'est l'équivalent d'une clôture pour les vaches, c'est-à-dire beaucoup de volts, mais avec un ampérage très faible. Car il faut comprendre que ce qui peut tuer dans une électrocution classique c'est le duo voltage/ampérage. Quand on multiplie ces deux valeurs, on obtient les watts.»

Et d'expliquer le fonctionnement même de l'appareil : «On envoie 50 000 volts, ça va tétaniser les muscles, comme l'électro-stimulation utilisée pour muscler le corps. La contraction est continue pendant tout l'effet du Taser. Les ardillons s'accrochent, on appuie sur la queue de détente et l'effet de l'arme va se substituer à celui du système nerveux central. Les muscles se tendent tellement que le lendemain, c'est comme si on avait couru un marathon. Les muscles sont soudainement paralysés.»

Le fabricant contacté pointe alors le problème potentiel : «Mais si on a des défaillances cardiaques, connues ou non, il faut comprendre que le cœur subit cet effet d'énergie également. Tout à coup, il va subir un afflux très fort et le cerveau va être submergé... Le cœur fragile peut lâcher, ça a déjà été le cas.»

D'où l'ambiguïté autour du terme d'arme «moins létale» ou «sublétale».

Une certaine «opacité» ?

Surtout, le fabricant s'étonne du manque d'informations disponibles sur cette arme censée être classée en catégorie B6 lorsqu'elle bénéficie d'un arrêté de classement : «Je vous donne ces informations sur le voltage et l'ampérage des PIE, mais si vous cherchez par exemple ces informations concernant le Taser d'Axon, vous ne les trouverez pas sur leurs documentations. Pour accéder à ces caractéristiques techniques pourtant primordiales, il faut aller chercher des études qui ont été réalisées, par exemple en Belgique, à des fins de justice.»

Fait intéressant à noter, dans son rapport sur les trois moyens de force intermédiaire (lanceur de balles de défense 40x46mm, Flash-Ball Super-Pro et pistolet à impulsion électrique Taser x26), le Défenseur des droits explique que le ministère de l'Intérieur a refusé de publier l'étude réalisée sur cette arme en 2004 par le centre de recherche et d’études de la logistique (CREL) de la police nationale.

Un syndicaliste policier contacté par RT France confirme : «Quand ils ne veulent pas être mis dans l'embarras sur l'armement, ils se retranchent derrière le secret industriel pour justifier l'opacité. On nous a opposé la même réponse sur le  gaz lacrymogène.»

Une «opacité» qui pourrait s'avérer de plus en plus difficile à justifier à l'ère de la transparence. D'autant plus dans un contexte de remise en cause générale de l'action des forces de sécurité intérieure sur le territoire national.

Un «monopole» dans le secteur de l'armement de force intermédiaire ?

Le journaliste Maxime Reynié, à l'initiative du site internet Maintiendelordre.fr, a souligné dans une publication Twitter le 17 juin la situation commerciale de certains fabricants vis-à-vis de l'administration : «Donc les grenades lacrymogènes : Alsetex et Nobel. Grenades de désencerclement : Alsetex pour les nouvelles. Munitions des LBD : CTS et pour les dernières Alsetex. LBD : B&T pour ceux qu'on connait et 1280 futurs de Alestex... Il y a bientôt monopole complet à force.»

En l'occurrence, le journaliste ne se pose pas la question du Taser, mais les policiers contactés par RT France pour cette enquête n'ont même pas envisagé qu'un concurrent de cette marque puisse remporter un éventuel appel d'offres pour doter la police et la gendarmerie à l'avenir : «Nous avons l'avantage d'avoir le leader mondial...»

La raison invoquée par ce formateur anonyme pour ne pas changer de fournisseur était principalement la suivante : «On voudrait avoir la même chose qu'en police municipale, c'est-à-dire un package complet et que le Taser soit couplé à la caméra piéton vendue par le même fournisseur. Nous avons déjà eu des problèmes de comptabilité informatique par le passé, des logiciels qui ne fonctionnaient pas ensemble par exemple. La caméra piéton couplée au Taser filme tout en permanence mais elle ne va enregistrer que le moment où un Taser va être enclenchée et les deux minutes précédentes vont être enregistrées également. Le système en BlueTooth peut aussi permettre que l'enregistrement de toutes les caméras des collègues s'enclenche en même temps et là on a une vision 360° de l'intervention.»

Le Taser, c'est une technique qui est entre le tonfa et l'arme de service... Il faut comprendre que c'est le dernier recours

Une mission d'information parlementaire qui vient de commencer au Sénat va se pencher sur les moyens d'intervention dont bénéficient les forces de l'ordre en France. Cette commission étudiera-t-elle la question du marché des armes de force intermédiaire, leurs critères techniques et la question de l'opacité parfois constatée de ce marché ? Les travaux des sénateurs ne seront eux-mêmes pas publics, mais les préconisations du rapport pourraient l'être en revanche dès cet été.

Un ancien de Police-Secours : «Souvent les flics n'aiment pas cette arme»

Quant aux opérateurs de ces armes eux-mêmes, RT France a contacté deux formateurs, l'un anonyme et l'autre attaché au syndicat de l'Unsa-Police, Thierry Launois. Celui-ci a estimé que le pistolet à impulsion électrique présentait une faiblesse en particulier. Il impressionne plus facilement les personnes qui n'ont rien à se reprocher, mais son effet dissuasif va être moins important sur un individu aguerri : «Les mis en cause qui portent un gros blouson en peau de mouton, ça ne va pas les impressionner le Taser, leur vêtement épais les protège !»

En formation, on ne reverra le policier que trois ans plus tard, mais entre-temps, il aura tout oublié ou presque, parfois il ne souviendra plus de l'utilisation de la cartouche, ça c'est grave

Par ailleurs, le policier syndicaliste, formateur de métier, souligne : «Le Taser a bien sa place dans l'équipement de la police nationale, mais là où le bât blesse, c'est qu'il n'y avait plus de formations pour les policiers parce que l'arme était controversée. La population générale veut du 100% sûr, mais c'est une technique qui est entre le tonfa et l'arme de service... Il faut comprendre que c'est le dernier recours.»

Plusieurs syndicalistes interrogés ont posé la question récemment : comment Beauvau compte-t-il habiliter des milliers de fonctionnaires à l'utilisation du Taser en seulement quelques semaines d'ici l'automne ?

Une autre question se pose aussi : les policiers vont-ils utiliser le Taser ?

Le formateur Thierry Launois explique : «A chaque nouveau conflit, on nous dote d'un nouveau moyen. Quand on nous a tiré dessus, ils nous ont donné des gilets, quand on a pris des coups, il nous fallait des tonfas... Quand on a pris encore plus de coups, ils nous ont donné la matraque télescopique et ainsi de suite ! Alors le policier dispose d'une multitude de moyens, mais il doit décider en un millième de seconde, et parfois avec très peu de formation et peu de recyclage quelle technique il va employer. Le self-défense ? Le Taser ? L'arme de service ?»

Les fonctionnaires encourent moins de risque pour leur responsabilité avec une clef de cou qu'avec le Taser et souvent, les flics n'aiment pas cette arme

Et de déplorer : «L'habilitation du Taser dure seulement deux jours, dont une journée entière est dédiée au cadre légal de l'utilisation de l'arme. En 12 heures, ça fait beaucoup d'éléments à retenir et concernant la maîtrise de l'arme, il n'y a quasiment rien... Le policier, on ne le reverra en théorie que trois ans plus tard pour le recyclage. Mais entre-temps, il aura tout oublié ou presque, parfois il ne souviendra plus de l'utilisation de la cartouche, carrément... ça c'est grave.»

Interrogé par RT France le 12 juin lors d'un rassemblement en intersyndicale devant le ministère de l'Intérieur, le secrétaire général de l'Unsa-police, Philippe Capon, a rappelé que le PIE était une arme «utile», mais «dangereuse comme toutes les armes». Surtout, le syndicaliste a souligné que son organisation majoritaire exigeait que l'arme soit «couplée à une caméra».

Car la crainte des policiers, notamment après la valse-hésitation de l'administration autour du sujet de la prise de cou, est que les fonctionnaires se retrouvent dans la situation de «lampistes» ainsi que le dénonce le président de la société bretonne RedCore, Gaël Guillerm, qui plaide pour une remise à plat du code de sécurité intérieure, visant à une transparence accrue concernant l'attribution des marchés publics en matière d'armement des forces de l'ordre. Selon ce fabricant contacté par RT France, le fonctionnaire qui devrait voir sa responsabilité personnelle engagée devant un tribunal après avoir utilisé une arme qui n'aurait pas produit l'effet escompté, malgré un usage conforme, deviendrait de fait un «lampiste» – un subalterne que l’on fait passer pour responsable d’une faute, d’une erreur commise par un de ses supérieurs.

Retirer la clef d'étranglement, c'était une connerie. Et remplacer par le Taser, c'est une connerie aussi

Ce discours du président de la société RedCore rappelle en creux la gêne exprimée par les fonctionnaires de police contactés qui ont bien voulu communiquer leurs impressions concernant le Taser.

Un ancien du groupe d'intervention de la Police nationale a ainsi témoigné : «Au tournant des années 2000, on nous donnait des Tasers, ils en offraient à droite à gauche, pour montrer leurs produits. Certains préféraient utiliser ça plutôt que l'arme, mais d'autres préféraient loger une cartouche à un individu qui nous menaçait avec une arme. En fait, on ne va pas se mentir : si un voyou vous menace avec un Kalachnikov, vous ne lui présentez pas un Taser... Mais les fonctionnaires ont été assez couramment habilités au Taser, progressivement. Il y avait un court stage et après on leur filait l'arme. En général, il y en avait une par groupe.»

Quand on coupe le Taser, il faut encore choper le récalcitrant, donc derrière un tir de Taser, dans neuf cas sur dix, le fonctionnaire va devoir poser le genou dans le dos de l'individu

Contacté par téléphone, l'ancien major exceptionnel de police, ancien syndicaliste et jeune retraité, Nicolas Til, a longtemps travaillé en Police-Secours et, dégagé de ses fonctions administratives, il n'a plus besoin de mâcher ses mots : «Retirer la clef d'étranglement, c'était une connerie. Et la remplacer par le Taser, c'est une connerie aussi, parce qu'on sait très bien que c'est le dernier recours... C'est juste avant l'arme de service. Les collègues hésitent, ils n'en parlent pas volontiers, c'est même tabou, mais souvent, quand on tase un individu, il peut y avoir des problèmes après, par exemple, si le type est en mauvaise santé, il peut faire un épisode épileptique.»

Pire : selon le formateur anonyme contacté par RT France, «quand on coupe le contact du Taser, il faut encore le choper le récalcitrant et le menotter. Donc derrière un tir de Taser, dans neuf cas sur dix, un fonctionnaire va devoir poser le genou dans le dos de l'individu pour le bloquer. Le Taser ne résout finalement rien pour ce qui est de la distance, puisqu'il va bien falloir aller au contact et donc être correctement formé au self-défense. Et même quand l'individu est menotté, il peut encore se rebeller avant de monter dans le véhicule d'intervention ! Il se peut même qu'il faille encore utiliser une clef pour l'immobiliser et pas forcément une clef de cou arrière. Il y a d'autres techniques. Mais pour vous dire où on en est, dans un PV, on ne parle même pas de "clef d'étranglement", mais de "contrôle de tête" quand le fonctionnaire doit expliquer ce qu'il a fait.»

Le désamour du Taser a-t-il été oublié par les policiers et les gendarmes ? La mémoire pourrait leur revenir rapidement, car le fonctionnaire est comptable de chacune de ses actions : à chaque fois que le Taser est dégainé, un procès-verbal doit suivre et un soignant va éventuellement être sollicité pour retirer les ardillons pris dans la peau de la personne touchée.

La vraie question que les Français devraient se poser c'est : si ça dérape, est-ce-que je préfère une prise de bras ou une décharge électrique ?

Ce qui fait dire à l'ancien policier Nicolas Til : «Les fonctionnaires encourent finalement moins de risque pour leur responsabilité individuelle avec une clef exécutée dans les règles de l'art qu'avec le Taser et souvent, les flics n'aiment pas cette arme.»

Le syndrome du «lampiste», évoqué plus haut, plane toujours au-dessus de la tête des agents. De fait, lorsqu'un Malien sans-papiers âgé de 38 ans avait trouvé la mort après son interpellation en novembre 2010 à Colombes (Hauts-de-Seine) après avoir été aspergé de gaz lacrymogène, puis touché deux fois au Taser, c'est bien la responsabilité des policiers qui avait été pointée par le Défenseur des droits, qui demandait des sanctions disciplinaires à leur endroit.

Il est pourtant aisé de constater, en relisant les éléments de ce dossier vieux de dix ans, que les fonctionnaires ont fait usage du PIE en dernier recours, quatre d'entre eux ayant déjà été blessés par l'individu (décrit comme très excité et de forte corpulence) à coups de marteau avant que le Taser ne soit utilisé. Les fonctionnaires ont malgré tout bénéficié d'un non-lieu puisque l'instruction a jugé que c'était la drépanocytose dont souffrait l'homme qui avait causé le décès, selon le rapport d'autopsie.

Interrogé par RT France, le délégué zonal Hauts-de-France CRS pour l'Unsa-Police, Christophe Canon, admet qu'au sein des compagnies républicaines de sécurité, le Taser n'a pas bonne presse : «Il n'y a que deux PIE par compagnie et en général, personne ne les sort, alors si on veut en généraliser l'usage, il va falloir nous expliquer ce qui doit se passer à chaque tir, repréciser le cadre d'emploi, former et habiliter tout le monde. Et comme les CRS font beaucoup de maintien de l'ordre, on ne voit vraiment pas comment on va utiliser le Taser dans ce cadre-là. Nous attendons donc des consignes... A moins que ce ne soit qu'un effet d'annonce, cette histoire de Taser ?»

Et de souligner : «Si le ministre veut faire des actions véridiques, qu'il dote les fonctionnaires de matériel opérant avec les consignes d'utilisation y afférant. Que ce soit la caméra ou le Taser, nous voulons des actions concrètes et qui soient constatées par les policiers sur le terrain. La priorité, c'est de doter les fonctionnaires de caméras de qualité pour les disculper en cas de problème lorsqu'ils ne sont pas responsables.»

Ombre du lampiste et brouillard de l'opacité : le Sénat fera-t-il la lumière ?

L'ombre du lampiste plane toujours... dénoncée également par le collectif de policiers en colère de l'Union des policiers nationaux indépendants, par la voix de son porte-parole, Jean-Pierre Colombies, qui répète inlassablement depuis la crise sociale des Gilets jaunes que les fonctionnaires en ont assez d'être utilisés comme une «variable d'ajustement social» de l'actuel gouvernement.

La fin des policiers lampistes ? Cette idée figurera-t-elle dans un chapitre de la mission d'information des sénateurs sur les conditions d'intervention des forces de l'ordre dont le travail a commencé ? La question de l'opacité du marché des armes, soulevée par des professionnels du secteur et par les observateurs, sera-t-elle également abordée par les parlementaires qui auditionneront, entre autres, le ministre de l'Intérieur et les représentants syndicaux ? Enfin, concernant la population française et l'opacité technique qui nimbe le PIE, comme nous le confiait un fabricant de solutions de défense du Centre de la France le 15 juin : «La vraie question que les Français devraient se poser c'est : si ça dérape, est-ce que je préfère être amené au sol avec une prise de bras ou avec une décharge électrique violente ?»

Antoine Boitel

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