Racisme de la police : Castaner dénonce les propos «mensongers et honteux» de Camélia Jordana

Racisme de la police : Castaner dénonce les propos «mensongers et honteux» de Camélia Jordana© LOIC VENANCE Source: AFP
Image d'illustration.

Le ministre de l’Intérieur a dénoncé les propos «mensongers et honteux» sur la police de la chanteuse Camélia Jordana, qui a affirmé que des habitants de banlieue se faisaient «massacrer pour nulle autre raison que leur couleur de peau».

La sortie a suscité un vif émoi sur les réseaux sociaux. Invitée à l'émission On n'est pas couché de Laurent Ruquier sur France 2, diffusée le 24 mai, la chanteuse Camélia Jordana s'est livrée à un brutal réquisitoire contre le supposé racisme généralisé de la police française. 

«Moi je ne parle pas des manifestants [victimes de violences policières] je parle des hommes et des femmes qui vont travailler tous les matins en banlieue et qui se font massacrer pour nulle autre raison que leur couleur de peau, c'est un fait !», a asséné l'ex-participante de la Nouvelle Star en réponse à l'écrivain Philippe Besson, qui tentait manifestement de lui faire nuancer un discours au vitriol contre la police. 

Aujourd'hui j'ai les cheveux défrisés quand j'ai les cheveux frisés je ne me sens pas en sécurité face un flic en France

«Aujourd'hui j'ai les cheveux défrisés, quand j'ai les cheveux frisés je ne me sens pas en sécurité face à un flic en France», a par ailleurs dénoncé la chanteuse d'origine algérienne. Pas question non plus pour l'artiste de s’épandre sur les nombreux cas de violences subies par la police en banlieue, soulevés par son interlocuteur. «C’est comme parler de féminisme et de dire qu’il y a des gonzesses qui... En fait non. Le combat est tel qu’on ne peut pas voir l’arbre qui cache la forêt et qui permettrait de minimiser le combat dont il est question», rétorque l'intéressée.

«Si à chaque fois, au lieu d’avoir un non-lieu quand une femme ou un homme noir ou arabe, ou simplement pas blanc, se fait tuer [...] peut-être que les flics ne seraient pas détestés en fait», a estimé la jeune femme, apportant au passage son soutien à Assa Traoré, militante mise en examen. «Elle a d'autres frères en prison aujourd'hui», a-t-elle conclu, en référence à trois des frères d'Assa Traoré, incarcérés après des troubles ayant suivi la mort d'Adama Traoré en 2016. Un des membres de la fratrie, Bagui Traoré, déjà condamné pour «extorsion violente», a quant à lui été renvoyé aux assises pour tentative d'assassinat sur des policiers. 

Un syndicat de police va saisir le Procureur

Parmi de nombreuses réactions, la dénonciation de la chanteuse a scandalisé le ministre de l'Intérieur, qui l'a accusée d'alimenter la «haine et la violence» dans un tweet. 

«Non madame, "les hommes et les femmes qui vont travailler tous les matins en banlieue" ne se font pas "massacrer pour nulle autre raison que leur couleur de peau". Ces propos mensongers et honteux alimentent la haine et la violence. Ils appellent une condamnation sans réserve», a ainsi écrit Christophe Castaner sur le réseau social. 

Ces propos mensongers et honteux alimentent la haine et la violence

L'indignation a également été vive chez les policiers. Le syndicat Alliance a dénoncé des «accusations inadmissibles envers les policiers (racisme, meurtres...)», dans un communiqué où il dit saisir le procureur de la République et demande au ministre de l'Intérieur de faire de même.

Le Syndicat des cadres de la sécurité intérieure, a pour sa part répliqué sur Twitter : «Où habitez-vous [Camelia_Jordana] pour voir ces massacres quotidiens commis par des policiers ?»

Côté politique, la sortie a été largement condamnée, notamment par la droite, mais aussi par des élus de la majorité comme le député LREM François Jolivet, qui a dénoncé des «propos hallucinants». 

Au RN, plusieurs cadres du parti comme Jean Messiha, Julien Odoul, le député Sébastien Chenu ont fustigé avec véhémence les propos de la chanteuse. «Personne ne regrettera On n'est pas couché, émission devenue l’otage d’un microcosme qui hait les Français tout en vivant de leur argent», a réagi Marine Le Pen, égratignant au passage l'émission de Laurent Ruquier, dont l'inimitié pour Marine Le Pen et son parti est ancienne. L'émission, qui anime les samedis soir de France 2 depuis 14 ans, doit en effet s'arrêter fin juin. 

Côté Les Républicains, le député des Alpes-Maritimes Eric Ciotti est lui aussi monté au créneau contre l'artiste. «Je demande à [Christophe Castaner] de déposer plainte pour défendre l’honneur de nos policiers», a-t-il écrit sur Twitter. 

La chanteuse a tout de même reçu plusieurs soutiens, dont celui de l'eurodéputé insoumis Manuel Bompard, qui a estimé que cette dernière n'avait «fait que dire avec beaucoup de courage ce que de nombreuses personnes ressentent». L'élu de gauche a au passage étrillé le ministre de l'Intérieur : «En protégeant ceux qui fautent, c'est lui qui jette le discrédit sur l'ensemble des policiers», a-t-il estimé. 

Le député ex-LREM Aurélien taché à lui aussi apporté son soutien à la jeune femme. «Bravo Camelia Jordana, mais le prix à payer va être terrible... tu le savais. Ils vont nier puis retourner la charge de la preuve et une fois encore, chercher à faire passer les victimes pour des coupables. Cette France est si différente de celle dans laquelle nous avons grandis», a-t-il commenté.

Autre soutien de Camélia Jordana, le syndicaliste et ancien chroniqueur des Grandes gueules de RMC Anasse Kazib, qui a estimé que la jeune femme était «formidable» sur le réseau social. 

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