LREM perd la majorité absolue à l'Assemblée, avec la création d'un groupe de marcheurs dissidents

- Avec AFP

LREM perd la majorité absolue à l'Assemblée, avec la création d'un groupe de marcheurs dissidents© Gonzalo Fuentes Source: AFP
L'Assemblée nationale à Paris le 12 mai 2020.

Cédric Villani, Aurélien Taché, Guillaume Chiche : en tout 17 députés tournent le dos à LREM pour fonder le groupe «Ecologie Démocratie Solidarité». Cette entité fait perdre sa majorité à l'Assemblée au parti présidentiel. Tout un symbole ?

La majorité refuse d'y voir un cataclysme, mais le symbole est fort : des «marcheurs» et ex-«marcheurs» dont Matthieu Orphelin et le candidat à la mairie de Paris Cédric Villani lancent ce 19 mai un nouveau groupe à l'Assemblée, qui fait perdre de justesse à La République en marche (LREM) la majorité absolue. Ils en préciseront les contours lors d'une conférence de presse prévue à 11h. 

A deux ans de la fin du quinquennat et après «beaucoup de pressions» du gouvernement ou de cadres macronistes, ils sont finalement 17 à intégrer cette nouvelle entité baptisée «Ecologie Démocratie Solidarité», un groupe en gestation depuis plusieurs mois.

Sept actuels membres du groupe majoritaire sont de la partie, dont les élus de l'aile gauche du parti présidentiel Aurélien Taché, Guillaume Chiche et encore Cédric Villani (exclu du parti mais toujours membre du groupe LREM).

Le nouveau groupe rassemble aussi d'anciens «marcheurs» comme Matthieu Orphelin (proche de Nicolas Hulot), qui avait délaissé LREM pour le groupe Libertés et territoires, ou des membres du «collectif social démocrate» comme Delphine Bagarry ou Martine Wonner.

Tous ont été élus en 2017 sous l'étiquette macroniste à l'exception de l'ex-ministre PS à l'Ecologie Delphine Batho.

«Ni dans la majorité, ni dans l'opposition», ce nouveau groupe «indépendant», qui sera co-présidé par Matthieu Orphelin et l'ex-LREM Paula Forteza, entend contribuer à «une ambition forte de transformation sociale et écologique», écrivent dans leur déclaration politique les élus, pour qui «après le Covid-19, plus rien ne doit être comme avant».

«Nous pousserons et soutiendrons toutes les décisions à la hauteur des enjeux, mais saurons nous opposer dans tous les autres cas», préviennent-ils, se disant dans une «démarche ouverte» et appelant les députés qui s'y retrouvent «à s’y associer».

Avec cette neuvième entité - un record au Palais Bourbon sous la Ve République - le groupe LREM, qui comptait 314 députés en 2017, tombe à 288, juste sous le seuil de la majorité absolue (289 sièges) qu'il détenait jusqu'alors à lui seul. Le groupe majoritaire peut toutefois s'appuyer sur les 46 MoDem et la dizaine d'élus Agir.

Mais LREM pourrait récupérer rapidement la majorité absolue si la future suppléante d'Olivier Gaillard (ex-LREM, qui devrait quitter son poste de député pour devenir maire), rejoint les rangs des «marcheurs», comme annoncé par le député.

Le PS avait connu le même sort que LREM, avec une majorité relative début 2015, mais sans que les frondeurs de l'ère Hollande ne fassent jamais sécession.

LREM juge sévèrement la sécession

Les critiques et pressions des légitimistes se sont accentuées à mesure que s'intensifiait le bruit autour de ce neuvième groupe, dont la création était jugée «inéluctable» dès mars en interne.

La semaine dernière, la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye y avait vu par avance «un contresens politique». 

Le numéro un de LREM, Stanislas Guerini, a aussi blâmé «un contretemps politique, parce que précisément, nous sommes en train de bâtir la ligne politique pour l'après». Des membres du gouvernement tel Bruno Le Maire évoquent encore des «grenouillages».

Plusieurs membres pressentis ne figurent pas dans la liste finale, comme Claire Pitollat ou Cécile Rilhac, qui ont jugé «pas opportun» son lancement en pleine crise sanitaire. D'autres ont hésité jusqu'au dernier moment avant de renoncer.

Des élus de la majorité travaillent aussi en interne à une initiative sur l'axe social et écologique, baptisée «En commun». Du côté du nouveau groupe, on y voit une tentative de «colmater la fuite».

Dans les rangs LREM, si certains saluent une clarification et l'apport de potentielles nouvelles idées, d'autres y voient à l'instar de Marie-Christine Verdier-Jouclas (LREM) dans l'Express «une défiance profonde» à l'encontre du président «et de leurs électeurs».

Ce n'est pas «un cataclysme», affirme pour autant une source parlementaire LREM qui juge la démarche «inaudible».

Même constat d'une source gouvernementale qui met toutefois en garde contre «des effets collatéraux» en interne, car ceux qui «ont hésité» vont «vouloir peser». 

Réindustrialisation, égalité homme-femme, soutien au système de santé

Les députés du nouveau groupe ont déjà listé leurs 15 premières priorités : «plan de réindustrialisation pour une souveraineté et une autonomie retrouvées», rétablissement d'un système de santé «robuste» ou encore refonte de «la fiscalité du capital et du patrimoine».

Les élus de ce groupe affichent également leur engagement en faveur de l'égalité homme-femme. Ils soulignent que «jamais un groupe politique français n’a compté une telle proportion de femmes» (65%).

Raconter l'actualité

Les opinions, assertions et points de vue exprimés dans les commentaires sont le fait de leur auteur et ne peuvent en aucun cas être imputés à RT.

En cliquant sur chaque option, vous pouvez contrôler l'activation ou la désactivation du dépôt des cookies et de la création des profils : le bandeau de couleur indique si le dépôt de cookies et la création de profils sont autorisés (vert) ou refusés (rouge). Les cookies techniques (cookies de session, d'authentification et de sécurité) sont indispensables au bon fonctionnement de nos services et ne peuvent être désactivés.
OK

Ce site utilise des cookies.

En poursuivant votre navigation, vous acceptez l'utilisation, de la part de RT France et de tiers, de cookies et autres traceurs à des fins de mesure d'audience, partage avec les réseaux sociaux, personnalisation des contenus, profilage et publicité ciblée. Pour paramétrer l’utilisation des cookies veuillez accéder dans la rubrique «Paramétrer vos choix» et pour plus d’informations, nous vous invitons à consulter la rubrique «Politique de Confidentialité»