Troisième nuit de violences contre la police dans plusieurs zones sensibles d'Ile-de-France

Troisième nuit de violences contre la police dans plusieurs zones sensibles d'Ile-de-France© GEOFFROY VAN DER HASSELT Source: AFP
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Un homme tire un feu d'artifice, dans la nuit du 20 avril, à Villeneuve-la-Garenne.

Des violences urbaines ont secoué Villeneuve-la-Garenne et d'autres secteurs sensibles pour la troisième nuit consécutive, quelques jours après un accident de moto impliquant la police. Les forces de l'ordre ont essuyé des tirs de feux d'artifice.

Dans la nuit du 20 au 21 avril, de nouvelles violences sporadiques ont éclaté en Ile-de-France dans des secteurs d'Ile-de-France connus pour leur contexte sécuritaire difficile.

A Villeneuve-la-Garenne (Hauts-de-Seine), comme la veille, des tirs de «mortiers d'artifice» ont été effectués peu avant minuit, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Un journaliste de RT France a pu constater et filmer ces violences sur place.

Les tirs de feux d'artifice et les répliques au lanceur de balles de défense, ainsi qu'au gaz lacrymogène, ont été captés et constatés par notre reporter d'images.

Les incidents ont commencé un peu plus tôt dans la commune voisine d'Asnières, avec des tirs similaires.

En Seine-Saint-Denis, des incendies de poubelles ont été constatés à Aulnay-sous-Bois et Saint-Denis vers 22h30.

Dans la nuit du 20 au 21 avril, sept personnes ont été arrêtées par la police à Clichy-la-Garenne et deux autres à Rueil-Malmaison, deux communes des Hauts-de-Seine.

Des tirs de feux d'artifice, qualifiés de «mortier» par l'AFP et une source policière de RT France, avaient déjà visé les membres des forces de l'ordre à Villeneuve-la-Garenne dans la nuit du 19 au 20 avril. Ces heurts font l'objet d'une enquête, notamment pour dégradations et violences sur les effectifs de police de Paris.

A ce stade, aucun lien n'a été établi par les autorités entre ces incidents et l'accident de moto-cross survenu à Villeneuve-la-Garenne dans la nuit du 18 au 19 avril dans lequel un homme avait été blessé à la jambe et à la suite duquel de premières violences urbaines avaient éclaté. Le motard, opéré pour une fracture du fémur dans la nuit du 18 au 19 avril, a été transféré dans un hôpital parisien le 20 avril pour une seconde intervention.

«Ces agissements sont évidemment intolérables et appellent une réponse de fermeté», a déclaré à l'AFP la porte-parole du ministère de l'Intérieur Camille Chaize à propos des incidents nocturnes. «A ce stade, ils demeurent néanmoins de relativement faible intensité», a-t-elle ensuite précisé. Avant de souligner que «pour les jours à venir, des dispositifs gradués [étaient] prévus pour l'ensemble des départements de petite et grande couronne.» La porte-parole a également assuré qu'il n'y avait «pas de problème capacitaire» en matière d'effectifs.

Un motocycliste bien connu de la Justice

Après l'accident de moto-cross du 18 avril et à la suite de deux nuits de violences, le parquet de Nanterre a produit un communiqué relatant l'état du dossier à ce stade le 20 avril.

Dans ce document le bureau du procureur de la République près le Tribunal judiciaire détaillait le profil pénal du conducteur accidenté qui roulait sans casque : «Le motard est un homme de 30 ans, condamné à 14 reprises, notamment pour infractions à la législation sur les stupéfiants, refus d'obtempérer, violences aggravées, extorsion... et plusieurs fois incarcéré. Il a fait l'objet de trois verbalisations pour violation du confinement. Il se trouve sous contrôle judiciaire depuis le 16 mars 2020 pour des faits de menaces de mort matérialisées par un objet (un hachoir) dans le cadre d'une procédure de comparution par procès-verbal après défèrement devant le procureur de la République.»

Contacté par RT France, le service de presse du parquet a confirmé que le communiqué était bien authentique.

Troisième nuit de violences contre la police dans plusieurs zones sensibles d'Ile-de-France
Communiqué des services du procureur de Nanterre le 20 avril.
Troisième nuit de violences contre la police dans plusieurs zones sensibles d'Ile-de-France

Interrogé par RT France quelques heures après la publication du communiqué ci-dessus, mais quelques heures avant les dernières violences de Villeneuve-la-Garenne, le délégué départemental du syndicat policier VIGI-MI, Noam Anouar, a déclaré sur notre plateau : «Moi je fais la différence entre un jeune qui vit difficilement le confinement et qui sort faire un footing ; et ce qui s'est passé là [le 18 avril à Villeneuve-la-Garenne lors de l'accident de moto-cross]. Là c'est quelqu'un qui polluait l'existence des habitants depuis plusieurs soirs en roulant sur une moto-cross, il faut prendre la mesure de ce qui s'est passé.»

Faisant référence à la façon dont s'est déroulé l'incident impliquant un équipage de police et la moto-cross, le policier militant a ajouté : «Personne ne peut aujourd'hui déterminer que le geste de ce policier était un geste volontaire, personne n'en sait rien.» 

Un communiqué de la préfecture de police de Paris en date du 19 avril a relaté l'accident de Villeneuve-la-Garenne de la sorte : «Voulant procéder à son contrôle, l'équipage a ouvert la portière avant-droite. Le motard, manquant de renverser le chef de bord, a heurté ladite portière du véhicule de police pour finir sa course dans un poteau.»

Contacté par RT France, le secrétaire général du syndicat VIGI-MI, Alexandre Langlois, a dit pour sa part espérer que l'Inspection générale de la police nationale (IGPN), qui a été saisie dans cette affaire, communiquerait de façon adéquate. Le policier militant a par ailleurs précisé qu'à son sens, l'équipage de police avait fait son travail après avoir été appelé sur place par des riverains excédés, comme il a tenu à le rappeler.

Antoine Boitel

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