Mécontent d'une interview de RMC-BFMTV, Juan Branco saisit le CSA contre une journaliste

Mécontent d'une interview de RMC-BFMTV, Juan Branco saisit le CSA contre une journaliste© JACQUES DEMARTHON / AFP Source: AFP
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L'avocat Juan Branco, dont le rôle exact dans la divulgation d'images à caractère sexuel impliquant Benjamin Griveaux a suscité nombre de spéculations, a déclaré avoir saisi le CSA après une interview controversée menée contre lui sur RMC-BFMTV.

«Apolline de Malherbe signalée au CSA, check», c'est par ce tweet laconique largement relayé, que l'avocat et militant d'extrême-gauche Juan Branco a annoncé ne pas en rester là après une interview mouvementée donnée à RMC-BFMTV le 17 février. 

En pleine zone de turbulences après la diffusion des sextos attribués à Benjamin Griveaux, et alors que son statut de défenseur de l'artiste russe Piotr Pavlensky n'était pas clairement établi, le jeune activiste n'a en effet pas été épargné par son interlocutrice. 

«Plus on vous entend, plus on se demande si Piotr Pavlensky n’est pas que l’exécutant et vous le manipulateur», a ainsi lancé  Apolline de Malherbe  à l'issue d'un entretien tendu où l'avocat s'est vu bombardé de questions sur son rôle présumé dans l'affaire Griveaux, mais aussi une autre affaire de violences avec arme dans laquelle l'artiste controversé est mis en cause. 

Immédiatement après diffusion de l'entretien, visionné des centaines de milliers de fois sur les réseaux sociaux, le comportement d'Apolline de Malherbe et sa partialité supposée ont été pointés du doigt. 

«C’est un entretien ou un interrogatoire à charge ? On pense ce qu’on veut de l’affaire Griveaux mais cette journaliste est une militante de Macron et elle ne cherche pas à faire semblant. Elle est infecte et il faut la dénoncer», a notamment posté un compte anonyme hostile à Emmanuel Macron dans un message largement partagé. 

Les appels à la dénonciation du comportement de la journaliste se sont multipliés sur les réseaux sociaux, à tel point que l'interview s'est trouvée un moment en tête des suggestions du réseau social. 

«J’ai écouté [l’interview] : punchy et juste. Elle [Apolline de Malherbe] est victime d’une cabale pour l’intimider, faire taire ceux qui ne sont pas d’accord avec les nouveaux activistes. Inacceptable, inadmissible», a déclaré le journaliste et chroniqueur Jean-Michel Apathie pour défendre sa confrère.

Même son de cloche chez le critique littéraire et chroniqueur Eric Naulleau, qui a pointé de son côté le «mensonge» de Juan Branco dans un tweet lui aussi très largement partagé : «Selon les détracteurs d’Apolline de Malherbe, celle-ci aurait dû laisser Juan Branco tranquillement affirmer que Pavlensky était «au cachot» (il était en garde à vue), qu’il avait été privé d’avocat (il les a tous refusés) et que lui-même était dessaisi de l’affaire (mensonge)», a-t-il déclaré. 

Plusieurs personnalités publiques, y compris aux antipodes des positions politiques de Juan Branco, lui ont apporté leur soutien. 

«Maître Juan Branco est loin d'être ma tasse de vodka mais force est de constater qu'Apolline de Malherbe a inventé ce que la procédure pénale n'avait pas prévu : la garde à vue médiatique», a ainsi noté Gilbert Collard, avocat et eurodéputé du Rassemblement national. 

«C'est comme ça que cette profession [journalistique] est devenue la plus haïe de France, devant les politiques, les banquiers et les huissiers», a pour sa part estimé le spécialiste des réseaux sociaux Fabrice Epelboin. 

Juan Branco a expliqué au HuffPost qu'il reprochait principalement à Apolline de Malherbe de l'avoir accusé «d’être derrière cette affaire sans aucun élément de preuve» et de ne pas lui avoir laissé l'opportunité de se défendre en fin d'entretien. 

«C’est une accusation très grave portant sur la commission d’une infraction. Mon signalement porte surtout sur la fin de l’interview, mais la fin est éclairée par le reste de l’interview», a-t-il déclaré auprès du média en ligne.

Le jeune avocat a finalement renoncé à défendre Piotr Pavlensky «en plein accord avec le bâtonnier» de Paris Olivier Cousi le 19 février. Bien qu'il ne soit pas mis en cause par la justice dans le cadre des poursuites engagées contre l'artiste russe, le bâtonnier de Paris a estimé que «l'absence de distance» de Juan Branco dans cette affaire, «ainsi que son absence de prudence lors de déclarations dans les médias», pouvait nuire à son rôle de défenseur. 

Lire aussi : Piotr Pavlensky : «Je pensais que la France était le pays de la liberté d’expression»

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