Qu'est-ce que Némésis, le collectif féminin qui a fait parler de lui lors de la marche #NousToutes ?

Qu'est-ce que Némésis, le collectif féminin qui a fait parler de lui lors de la marche #NousToutes ?© Capture d'écran Twitter,‏ @NemesisNemesi18
Un tweet du collectif «féminin» et «patriote» Nemesis.

Des membres du collectif «féminin et patriote» Némésis, se sont fait copieusement huer en brandissant des pancartes anti-immigration à la manifestation du 23 novembre contre les violences faites aux femmes. RT a voulu en savoir plus sur ce mouvement.

Trolls identitaires ou militantes féministes non-conformistes ? Le collectif «Némésis» a fait parler de lui pour la première fois le 23 novembre 2019 : alors qu'avait lieu à Paris et dans toute la France la manifestation «Nous toutes», destinée à protester contre les violences faites aux femmes, une poignée de jeunes femmes membres de ce collectif, qui se définit sur son site comme «féminin» et «patriote», se sont faites remarquer par leurs revendications inhabituelles dans ce type de mobilisation. En effet, les militantes de Némésis entendaient, en se mêlant au cortège parisien, dénoncer le rôle joué par l'immigration sur les violences à l'encontre des femmes en France.

Cologne, Rotherham, bientôt Panam ?

Comme on peut le voir sur des images diffusées sur les réseaux sociaux, les pancartes que le petit groupe de manifestantes de Némésis brandissaient, arboraient des slogans tels que «Cologne, Rotherham, bientôt Panam ?», en référence à la vague d'agressions sexuelles commises à Cologne contre des femmes par des migrants le soir de la Saint-Sylvestre 2015. «Rotherham» est une ville du Royaume-Uni, théâtre depuis de nombreuses années d'affaires d'agressions sexuelles de mineures impliquant des accusés originaires du sous-continent indien. Une autre de leurs pancartes faisait référence au fait que 52% des viols commis en Ile-de-France le sont par des étrangers, chiffre figurant dans une étude du Parisien se basant sur des données de l'Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales pour les années 2013-2014. Les manifestantes ne s'arrêtaient pas à la seule critique de l'immigration : le texte d'une pancarte moquait la proposition de la militante féministe Caroline de Haas d'«élargir les trottoirs» pour lutter contre les agressions sexuelles dans le quartier parisien de La Chapelle.

Ces messages n'ont pas manqué de choquer plusieurs manifestantes présentes dans le cortège parisien qui ont lancé à l'adresse des militantes de Némésis «pas fachos, féministes !» ou «dehors les fachos !», les ont huées et leur ont même arraché leurs pancartes.

Mais qui sont exactement les militantes de Némésis ? Sur son compte Twitter, le groupe se présente comme un «collectif parisien lucide sur le profil de leurs agresseurs et harceleurs» et comme «le bug dans la matrice», «l'épine dans le pied du féminisme mainstream». Le nom Némésis, lui, désigne la déesse grecque de la vengeance.

A première vue, le collectif semble être une création récente : sa page Twitter existe depuis octobre 2019, soit un mois avant la manifestation. De plus, l'ensemble des publications du site datent, visiblement, de novembre 2019.

Pour Némésis, «le féminisme contemporain est colonisé par des militants gauchistes, souvent grassement subventionnés»

RT France est entré en contact avec Charlotte, une militante de Némésis, afin d'en savoir plus sur ce mouvement, sa démarche et ses revendications. Charlotte nous explique que «Némésis est un groupe composé à l'origine d’une dizaine de Parisiennes, bien que des filles de province nous aient rapidement rejoint. La moyenne d’âge tourne autour d'une vingtaine d’années». Selon elle, le mouvement vise à «dénoncer les politiques migratoires laxistes en France dont malheureusement les femmes pâtissent». «Nous pensons qu’il est incompatible, pour la condition féminine en France, d’accueillir des hommes dont la culture est infiniment plus rétrograde que la nôtre. Aussi nous voulons mettre les féministes mainstream face à leurs contradictions, leur langue de bois et leurs limites», ajoute-t-elle.

Charlotte insiste sur le fait que les militantes de Némésis sont différentes des féministes traditionnelles. «Premièrement, elles axent beaucoup leurs combats sur des choses qui nous semblent accessoires et peu urgent comme la féminisation des mots, l’orthographe inclusive, les pubs sexistes, etc. alors que, par exemple, elles ont refusé la proposition de Schiappa pour expulser les délinquants sexuels étrangers», explique-t-elle. De fait, dans une interview accordée au magazine Marianne le 7 novembre, la secrétaire d’Etat chargée de l'Egalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discrimination avait affirmé être favorable à l'expulsion des «citoyens étrangers condamnés pour violences sexistes ou sexuelles», une mesure décrite comme «raciste» par certaines activistes féministes.

«Autre exemple» évoqué par Charlotte de distinction entre Némésis et les groupes féministes mainstream : «Le silence total de sites féministes très connus, comme celui de madmoizelle.com, sur les crimes sexuels commis en masse à Cologne, Rotherham, Tellford, Oxford, etc.» «Pour résumer, explique-t-elle, il nous semble qu’elles font toujours passer leurs convictions politiques gauchisantes avant la défense des droits des femmes».

La militante de Némésis estime que «le féminisme contemporain est colonisé par des militants gauchistes, souvent grassement subventionnés». «Peut être que la droite aussi a abandonné la thématique du droit des femmes», déplore-t-elle par ailleurs.

Elle confirme que son mouvement n'existe que depuis octobre 2019. Leur intervention à la manifestation «Nous toutes» était leur première action. Lorsque nous lui demandons si Némésis a des liens avec d'autres organisations anti-immigration, comme Génération identitaire, Charlotte répond par la négative. Elle revendique toutefois une certaine affinité intellectuelle avec «le travail de Solveig Mineo», une activiste se définissant comme féministe et prenant parti contre l’accueil des migrants. La page Twitter du collectif, peut-on en outre souligner, relaie notamment des publications de  personnalités et médias de droite ou de droite radicale, parmi lesquels des militants identitaires, le magazine conservateur Valeurs actuelles ou le site Fdesouche.com.

Némésis, nous dit la militante, n'a pas de chef : «Il y a un petit groupe moteur qui se concerte un peu plus régulièrement pour savoir ce qu’on va faire, ce qu’on va publier, etc., mais tout se fait de manière très démocratique en fait», explique-t-elle.

«Il y aura bien sûr d’autres actions de faites», nous assure Charlotte, tout en précisant que le collectif ne sera pas présent aux manifestations concernant les questions éthiques, telles que la mobilisation du 1er décembre contre l'ouverture de la PMA aux couples de femmes et aux femmes seules. «Nous n’avons pas la prétention d’avoir un programme politique», continue Charlotte. «D'ailleurs on ne croit pas que le clivage gauche/droite soit pertinent par rapport à la thématique qu’on défend. Après, il y a selon nous des mesures simples et de bon sens à mettre en place tout de suite : expulsion immédiate avec interdiction permanente du territoire français pour les délinquants et criminels sexuels étrangers et, tout simplement, renforcement des contrôles de nos frontières», ajoute-t-elle.

Lire aussi : Allemagne, un chef de la police conseille aux femmes de ne pas boire d'alcool pour éviter les viols

Lucien Petit-Felici

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