Une opération de com ? Le report du brevet des collèges pour cause de canicule créé la polémique

Une opération de com ? Le report du brevet des collèges pour cause de canicule créé la polémique© Ludovic Marin Source: AFP
Jean-Michel Blanquer le 12 juin 2019 à Paris (image d'illustration).

En cette période de fortes chaleurs – également appelée canicule – le ministre de l'Education a pris une mesure radicale : reporter les épreuves du brevet des collègues afin d'éviter aux élèves de nombreux désagréments. Une décision décriée.

Le ministre de l'Education, Jean-Michel Blanquer, en a fait l'annonce le 24 juin : le brevet des collèges a été reporté de quelques jours et les écoles ont été appelées à une vigilance renforcée. Les épreuves de cet examen destiné aux 800 000 élèves de troisième, prévues les 27 et 28 juin ont ainsi été repoussées au 1er et 2 juillet pour les collégiens de France métropolitaine.

Cette première – les épisodes caniculaires qu'a connus la France précédemment ont en effet eu lieu pendant les vacances d'été – a suscité quelque incompréhension, nombre de commentateurs reprochant notamment au gouvernement une campagne de communication à peu de frais, les examens du brevet s'étant déjà déroulés lors de grosses chaleurs.

 Nous sommes devant une mesure de bon sens et il est bon que l'on soit tous unis pour la mettre en œuvre

«C'est la première fois que nous avons à affronter de telles chaleurs alors qu'il y a des examens», a expliqué Jean-Michel Blanquer, confiant sur BFM TV qu'il ne souhaitait pas de «polémiques inutiles». «On est tous dépendants de la science météorologique. Nous nous y prenons avec plusieurs jours d'avance, en ayant étudié toutes les possibilités. C'est une vaine polémique. Nous sommes devant une mesure de bon sens et il est bon que l'on soit tous unis pour la mettre en œuvre», a-t-il fait savoir. La décision de report, prise «en accord» avec le Premier ministre Edouard Philippe et la ministre de la Santé Agnès Buzyn, vise à «garantir la sécurité des élèves» : «Il est impensable de laisser des élèves composer dans des salles surchauffées durant plusieurs heures», a-t-il justifié dans un communiqué. En cas d'empêchements majeurs aux nouvelles dates «certains élèves pourront participer à la session de septembre», a-t-il poursuivi.

La décision de Jean-Michel Blanquer critiquée

Le ministère de l'Education avait envoyé aux chefs d'établissement une liste de recommandations à suivre pour répondre au mieux aux conséquences de cette vague de chaleur : «Vérifiez la fonctionnalité ou l'installation de stores et/ou de volets», «étudier les possibilités de limiter les entrées de chaleur dans les salles», «disposer d'un thermomètre par salle», «distribuer régulièrement de l'eau à température ambiante» etc.

Dans bien des cas, le bâti ne permet pas de répondre» aux conséquences de la canicule

Des consignes diversement appréciées par des enseignants, qui rappellent que nombre d'écoles ne possèdent ni rideau ni store pour protéger les baies vitrées, ni cour ombragée, ni isolation. «Dans bien des cas, le bâti ne permet pas de répondre» aux conséquences de la canicule, a par exemple relevé le SNUipp-FSU, premier syndicat chez les professeurs de maternelle et d'élémentaire. Côté politique, le patron de LR à l'Assemblée, Christian Jacob, s'est dit le 25 juin «pas persuadé que les ministres ne fassent pas un peu de zèle» tout en reconnaissant que l'Etat avait dans ces situations de canicule «un rôle de prévention indiscutable».

Interrogé sur la possible fermeture d'établissements scolaires, Jean-Michel Blanquer a rétorqué qu'une telle décision relevait des responsables locaux, à savoir les directeurs d'écoles en liaison avec le rectorat et le préfet.

«Ce ne sera que du cas par cas. Je n’incite pas du tout à des fermetures. Il y a un grand nombre de cas où la situation sera tout à fait tolérable, mais il est vrai que le bâti scolaire n’est pas homogène», a ainsi déclaré le membre du gouvernement pendant la conférence de presse. Parfois «l’isolation est bonne, les stores fonctionnent bien» mais parfois «la chaleur est étouffante».

Le brevet, dont l'ancêtre (le BEPC) a été créé en 1947, est un examen qui atteste des connaissances et compétences acquises en fin de collège, à l'issue de la classe de troisième, selon l'intitulé du ministère de l'Education. Sa réussite ne conditionne pas le passage en classe de seconde. Il a été supprimé au début des années 80 avant d'être réinstallé. La chaleur s'est accentuée très nettement lundi sur toute une partie centre et est de la France, qui connaîtra cette semaine une canicule d'une précocité inédite, poussant les pouvoirs publics au branle-bas-de combat face aux risques sanitaires.

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