Homophobie en banlieue ou stigmatisation ? Vif échange à la Gay Pride de Saint-Denis (VIDEO)

Homophobie en banlieue ou stigmatisation ? Vif échange à la Gay Pride de Saint-Denis (VIDEO)© JEFF PACHOUD Source: AFP
Marche des fiertés à Lyon, juin 2007 (image d'illustration).

La marche des fiertés LGBT organisée à Saint-Denis, en banlieue de Paris, devait entre autres démontrer que toutes les orientations sexuelles étaient acceptées dans les quartiers populaires. Un militant n'était pas de cet avis.

Le 8 juin avait lieu la première marche des fiertés organisée en banlieue parisienne, à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis). Un millier de personnes ont marché pour «sortir du cliché banlieue = homophobe», selon un des organisateurs, Yanis Khames. Si elle s'est déroulée sans incident, la manifestation n'a pas été exempte de quelques anicroches verbales.

Tout le monde le sait, il est plus difficile de vivre son orientation sexuelle et son identité de genre dans les quartiers populaires qu'à Paris. C'est tabou.

Le militant LGBTI (lesbiennes, gay, bisexuels, transsexuels, intersexuels) et délégué Ile-de-France de l’association Stop Homophobie, Lyes Alouane, a ainsi apostrophé l'élu de Seine-Saint-Denis Madjid Messaoudene au cours de l'événement sous l’œil de la caméra de l'émission Quotidien diffusée sur TMC : «Tout le monde le sait, il est plus difficile de vivre son orientation sexuelle et son identité de genre dans les quartiers populaires qu'à Paris. C'est tabou.» Ce à quoi, Madjid Messaoudene a rétorqué : «Non, non, il n'y a pas de "on sait", quand tu dis ça, tu ne te bases sur rien, moi, je vais te dire les faits...» Le jeune militant de répondre : «C'est dû aux cultures, aux religions et à l'éducation.» Alors l'élu tente d'argumenter : «Non, non, pas du tout, ça, c'est le discours du Front national.»

Le magazine L'Obs a contacté les deux contradicteurs et a tenté de restituer leurs opinions. L'élu de Seine-saint-Denis, Madjid Messaoudene a ainsi expliqué : «Je n’ai jamais nié l’existence de violences homophobes dans les banlieues, j’ai d’ailleurs moi-même soutenu Lyes Alouane lorsqu’il a été agressé. Mais ce que je lui reproche, c’est que son seul credo soit "l’homophobie en banlieue". Il dit ne partager que son vécu mais d’un autre côté il énonce comme une vérité qu’il est plus difficile d’être LGBTI en banlieue qu’ailleurs ! Ce n’est pas la réalité de tous. J’ai des amis banlieusards qui n’ont jamais été agressés. Leur vécu compte-t-il moins que celui de Lyes Alouane ? [...] L’homophobie n’est pas l’apanage des banlieues, la Manif pour tous nous l’a montré.»

J’ai été rejeté par ma famille qui me disait que j’étais «haram», on m'a dit que je faisais honte aux Algériens. Aujourd'hui, j’habite dans le XVe et il ne m’est rien arrivé en six mois.

Le militant LGBTI Lyes Alouane a pour sa part souligné qu'il ne voulait «pas stigmatiser qui que ce soit mais raconter [s]on vécu, en tant que personne maghrébine et LGBT ayant grandi en banlieue, à Gennevilliers.»

Et il précise : «J’ai été rejeté par ma famille qui me disait que j’étais "haram" [impur], on m'a dit que je faisais honte aux Algériens. Aujourd'hui, j’habite dans le XVe arrondissement [de Paris] et il ne m’est rien arrivé en six mois. Quand on vit à Paris, on peut être visibles, se montrer main dans la main avec son copain, même si on fait un peu attention. Une personne avec une culture homophobe mais qui est bien éduquée, elle n’aura pas recours à la violence ! Il faut arrêter de nier un phénomène que l’on voit tous, c’est se mettre des œillères.»

Lire aussi : Ep.17 - BANLIEUES, CAMPAGNES : LES OUBLIÉS DU SYSTÈME ? #RTOPENMIC

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