Les personnes condamnées pour propos haineux bientôt bannies des réseaux sociaux ?

Les personnes condamnées pour propos haineux bientôt bannies des réseaux sociaux ?
Emmanuel Macron au dîner du Crif le 20 février, annonçant des mesures pour lutter contre la haine sur internet.

Emmanuel Macron semble prendre le problème des contenus haineux sur internet à bras le corps, en annonçant un projet de loi. Il souhaite que les internautes condamnés pour propos racistes ou antisémites soient bannis des réseaux sociaux.

Dans le contexte actuel de recrudescence d'actes et propos antisémites, Emmanuel Macron n'a pas tardé à dévoiler des mesures actuellement à l'étude pour lutter contre les contenus de haine. Au cours du dîner annuel du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), le président français a annoncé que les personnes reconnues coupables de propos haineux, racistes ou antisémites, pourraient être bannies des réseaux sociaux.

Emmanuel Macron a souhaité tracer de «nouvelles lignes rouges» et mettre en place des «mesures concrètes» pour lutter contre les écrits antisémites sur internet et «renforcer la pression sur les opérateurs». Il a également annoncé le dépôt par la députée LREM Laëtitia Avia d'une proposition de loi dédiée à la lutte contre la haine sur internet d'ici le mois de mai. Elle s'inspirera des 20 propositions pour renforcer la lutte contre le racisme et l'antisémitisme sur internet de son rapport remis en septembre 2018.

Une responsabilisation des plateformes, menacées de millions d'euros d'amende

Pour Mounir Mahjoubi, secrétaire d'Etat auprès du ministre de l’Action et des Comptes publics chargé du Numérique, la nouvelle loi permettra notamment de poursuivre très rapidement les auteurs de propos haineux. Il sera en effet désormais possible à toute victime d'insulte homophobe, raciste ou antisémite, de porter plainte sur internet. 

Le rapport exige également le retrait de ces contenus dans les meilleurs délais. «Il n’est plus acceptable aujourd’hui que les plateformes qui ont les moyens d’aider la justice et la police à identifier la personne qui a commis un délit en ligne mettent plusieurs semaines, voire plusieurs mois, avant de donner les éléments», a également déclaré le secrétaire d'Etat sur BFM TV. Il souhaite lever impérativement l'anonymat d'une personne quand elle a commis un délit.

Mais alors que le débat fait rage sur l'anonymat du net, le ministre s'est déclaré opposé à l'exigence de production d'une carte d'identité avant de s'inscrire sur une plateforme. «Si on oblige Twitter et Facebook à faire ça, une grande partie des utilisateurs se déporteront sur d'autres plateformes qui ne seront pas de type réseaux sociaux» et échapperont à l'obligation de produire une pièce d'identité, a-t-il estimé, redoutant que ces individus sévissent hors de tout contrôle.

Les plateformes, qui risqueront bientôt des amendes se chiffrant en millions d'euros pour contenus haineux sur internet, sont dans le viseur de Mounir Mahjoubi. 

Lire aussi : Le secrétaire d'Etat au numérique Mounir Mahjoubi veut faire d'internet «un espace d'amour»

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