Attentat de Trèbes : les proches du djihadiste ont-ils gardé le silence ?

Attentat de Trèbes : les proches du djihadiste ont-ils gardé le silence ?© handout Source: AFP
Portrait du terroriste Radouane Lakdim.

Presqu'un an après les meurtres commis par le terroriste franco-marocain Radouane Lakdim, l'enquête progresse. Selon les informations de RTL, les projets du djihadiste n'auraient pas été inconnus de son entourage.

Le 23 mars 2018, à Trèbes et Carcassonne dans l'Aude, le terroriste islamiste Radouane Lakdim passe à l'acte et laisse dans son sillage quatre morts ainsi que 15 blessés. Ces actes auraient-ils pu être évités ? Quatre hommes et une femme mis en examen après ces assassinats ont été entendus dans le cadre de l'enquête. Selon les informations de RTL, ces témoignages ont permis de mettre en lumière une longue dérive de la part du djihadiste franco-marocain. Plus perturbant encore : cette radicalisation violente, Radouane Lakdim ne s'en cachait pas, malgré la surveillance policière dont il était l'objet. Les interrogatoires révélés par la radio montrent même que les proches du tueur en avaient conscience.

Selon cette même source, l'ex-petite amie de Radouane Lakdim a ainsi admis : «Il m’avait dit qu’il voulait mourir en martyr. Moi je reconnais qu’il lui est arrivé plusieurs fois de dire qu’il allait passer à BFM TV et qu’il allait tout faire exploser.»

Auprès des enquêteurs, elle précise tout de même qu'elle ignorait tout projet d'attentat et que si elle en avait eu connaissance, elle aurait prévenu les autorités. Avant de confesser : «C'est un terroriste psychopathe.»

L'autre petite amie de Radouane Lakdim, celle avec qui il formait un couple au moment de l'attaque, est pour sa part fichée S pour radicalisation. Elle reconnaît avoir vu les armes de l'assassin, dissimulées sous son matelas. Selon RTL, le djihadiste avait déclaré qu'«il allait péter les plombs [par rapport] aux mécréants.» La jeune femme semble toutefois se dédouaner en expliquant qu'elle n'avait pas accordé d'importance à ces propos.

Par ailleurs, le profil Snapchat du futur tueur avait commencé à inquiéter un de ses contacts : «Il met alors beaucoup de versets du Coran sur son Snapchat, ça parlait de tuer des mécréants.» Lakdim prenait également la pose en caïd, avec une machette et une cagoule... Puis avec deux fusils près d'une fenêtre ou également avec un revolver qu'il pointait vers le bas pour mimer un tir. Une ancienne amie à lui finit tout de même par s'alerter de son «délire religieux» et cherche à contacter les connaissances de Radouane Lakdim, malheureusement sans résultat, avec la suite que l'on sait.

Les révélations de RTL mentionnent enfin un personnage nommé B.H., récemment mis en examen dans le cadre de l'enquête. Il s'agit d'un proche du terroriste. Ils habitaient le même quartier et il a lui-même été interpellé puis hospitalisé en psychiatrie à la fin du mois de novembre 2018 pour avoir menacé des personnes au couteau et au cri de «Allah akbar» à Carcassonne.

Cette ancienne connaissance aurait ainsi évalué l'assassin du colonel Beltrame : un «salafiste passionné de vidéos djihadistes et d’armes.» Ce témoin ne nie pas qu'il savait que Lakdim avait un «projet», mais il assure que selon lui, il s'agissait plutôt d'un départ en Syrie et pas d'un attentat. Pourtant, ce dernier lui aurait confié : «Il y a un militaire qui me fournit des armes.» Là encore, triste concours de circonstances : B.H. n'a pas jugé opportun d'en référer aux forces de l'ordre. Il est donc poursuivi pour non-dénonciation de crime terroriste.

Lire aussi : Attentats dans l'Aude : le terroriste avait-il reçu une lettre de la DGSI avant de passer à l'acte ?

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