Le ministère de l'Intérieur commande 1 280 lanceurs de balles de défense LBD40

Le ministère de l'Intérieur commande 1 280 lanceurs de balles de défense LBD40© Stéphane Mahé Source: Reuters
Un policier équipé d'un LBD40 à Nantes, en mars 2016 (image d'illustration).

En dépit des blessures graves causées lors du mouvement des Gilets jaunes, et des recommandations du Défenseur des droits à ne pas en faire usage dans les manifestations, le gouvernement vient de commander 1 280 nouvelles armes de type Flash-Ball.

Alors que la mobilisation des Gilets jaunes se poursuit pendant les fêtes, le gouvernement fait ses emplettes pour faire face aux mouvements sociaux. Ainsi selon Libération, le ministère de l'Intérieur a lancé le 23 décembre un appel d'offre pour une commande de 1 280 nouveaux lanceurs de balles de défense LBD40.

Utilisée lors des rassemblements de Gilets jaunes ou de lycéens ces dernières semaines, cette arme de type Flash-Ball est au cœur d'une controverse croissante, ayant causé de nombreuses blessures graves.

Contrairement au Flash Ball (commercialisé par une entreprise stéphanoise) dont l'emploi est préconisé pour des distances courtes (entre sept et 20 mètres), le LBD40 est censé être utilisé pour des distances supérieures à 20 mètres. Une consigne pas toujours respectée par les forces de l'ordre, comme en attestent les plus de 30 personnes gravement blessées par cette arme – dont 10 ont été éborgnées – selon un décompte de Libération, aucun chiffre officiel n'ayant été donné par les autorités.

Pourtant en janvier dernier, dans un rapport sur le maintien de l’ordre remis au président de l’Assemblée nationale, le Défenseur des droits Jacques Toubon préconisait l’interdiction de l’usage du LBD40 dans le cadre du maintien de l’ordre, estimant son usage «dangereux et problématique». Selon lui, cette arme de quatrième catégorie est «susceptible de blesser grièvement un manifestant, d’engager la responsabilité du tireur, et d’entraîner des réactions imprévisibles de la part des manifestants témoins d’une blessure grave occasionnée par des policiers à un manifestant, que le tir soit conforme ou non aux règles d’emploi.»

Des recommandations qui n'ont pas été suivies par la préfecture de police de Paris, alors même que le préfet s'était engagé dans le cadre de ce rapport à ne plus utiliser le LBD40 dans les cortèges. Cependant la préfecture, contactée par Libération, explique que les manifestations non déclarées de gilets jaunes ayant pris «une configuration de violences urbaines», il n’est pas question de laisser les policiers «démunis d’armes intermédiaires face à la violence des participants à ces attroupements».

Lire aussi : Gilets jaunes : Amnesty International dénonce l'«usage excessif de la force» par la police

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