Imposer tout le monde : la drôle d’idée d’une élue LREM sur fond de crise des Gilets jaunes

Imposer tout le monde : la drôle d’idée d’une élue LREM sur fond de crise des Gilets jaunes© Stephane Mahe Source: Reuters
Un Gilet jaune à Nantes, le 15 décembre 2018.

Face à la révolte des Gilets jaunes, qui représente une fraction de la population française souvent non imposable mais qui s'estime écrasée par les impôts indirects, des élus de La République en marche cherchent des solutions. Quitte à choquer ?

Alors que la grogne contre le fardeau fiscal gronde, des élus font parfois preuve d'originalité pour désamorcer la situation... Interviewée le 20 décembre par Le Parisien, la députée La République en marche (LREM) Bénédicte Peyrol a émis une idée pour restaurer le consentement à l'impôt : en substance, que tout le monde le paie.

«Il faut mettre à plat tout le système fiscal, que tout le monde paie des impôts, dès le premier euro», explique l'élue de 27 ans, membre de la commission des Finances de l'Assemblée. «C’est important, car l’impôt sur le revenu sert de lien avec l’État. Il faut aussi revoir les tranches de l’impôt pour que la répartition se fasse mieux», détaille-t-elle encore, Le Parisien lui reconnaissant le mérite de parler «sans langue de bois».

Pour autant, Bénédicte Peyrol a-t-elle pris la mesure du mouvement des Gilets jaunes, qui exprime les difficultés de Français le plus souvent non-imposables, mais qui dénoncent le fardeau des impôts indirects, comme sur les carburants ? Ou faisait-elle allusion aux 75 milliards d'euros (chiffres de 2017) de fraude fiscale ? Pas exactement, semble-t-il. A la question de savoir si le budget de 2019 était encore «écolo», Bénédicte Peyrol s'est dite, avec diplomatie, «extrêmement déçue», mais ajoutant : «C’est un budget qui est encore assez "vert". Il y a une fiscalité écologique concernant les déchets qui est renforcée, ou encore une fiscalité incitative améliorée autour des biocarburants.»

En 2017, en France, les impôts et cotisations ont dépassé pour la première fois les 1 000 milliards d'euros, soit 45 % du produit intérieur brut (PIB).

Paradoxe, le 11 décembre, jour où Emmanuel Macron tentait dans une allocution télévisée de calmer la révolte fiscale des Gilets jaunes, le Sénat votait l'allègement de l'«exit tax», visant à freiner l'évasion fiscale des entrepreneurs. Une mesure proposée, conformément aux souhaits de l'Union européenne, en mai dernier par Emmanuel Macron.

Lire aussi : «Dirigisme gouvernemental» : un député vote contre le budget, le groupe LREM l’exclut

Raconter l'actualité

Les opinions, assertions et points de vue exprimés dans les commentaires sont le fait de leur auteur et ne peuvent en aucun cas être imputés à RT.

En cliquant sur chaque option, vous pouvez contrôler l'activation ou la désactivation du dépôt des cookies et de la création des profils : le bandeau de couleur indique si le dépôt de cookies et la création de profils sont autorisés (vert) ou refusés (rouge). Les cookies techniques (cookies de session, d'authentification et de sécurité) sont indispensables au bon fonctionnement de nos services et ne peuvent être désactivés.
OK

Ce site utilise des cookies.

En poursuivant votre navigation, vous acceptez l'utilisation, de la part de RT France et de tiers, de cookies et autres traceurs à des fins de mesure d'audience, partage avec les réseaux sociaux, personnalisation des contenus, profilage et publicité ciblée. Pour paramétrer l’utilisation des cookies veuillez accéder dans la rubrique «Paramétrer vos choix» et pour plus d’informations, nous vous invitons à consulter la rubrique «Politique de Confidentialité»